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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 mars 2014
Sa note : 18.5/20

LINE UP

-Marco Benevento
(chant)

-Alessandro Pace
(guitare)

-Andrea Chiodetti
(guitare)

-Francesco Sosto
(claviers)

-Francesco Giulanelli
(basse)

-Jonah Padella
(batterie)

TRACKLIST

1) The Dawning
2) Outsiders
3) Oionos
4) Fallen Reign
5) Soliloquium
6) Lost Humanity
7) Survivors Sleep
8) Chant of Widows
9) Hope. She's in the Water
10) Russians (Sting cover)
11) Revelation 3:11

DISCOGRAPHIE


(2010) - doom metal gothique - Label : Cyclone Empire



Début 2010. Conversation dans un doom-bar quelconque. Deux habitués devisent, oisifs :
-  Et alors leur dernier album ?
-  Bof… Moi de toute façon, je dis que… enfin bref… le gothic-doom c’est fini quoi… Patron, un autre ballon de funeral pour Lucien et pour moi !
-  Mouais… Enfin là, il y a le nouveau The Foreshadowing qui devrait sortir… J’avais écouté leur premier album, Days of Nothing. C’était du mal dégrossi mais franchement, je crois qu’on tient un truc là…
-  Ah bon ? Tu crois ? Je demande à voir… parce que depuis que Katatonia ne fait plus rien de bon et qu’Anathema a arrêté le doom…

 
Lucien a eu du flair, beaucoup de flair même. Après un premier album prometteur mais encore inégal, les Italiens de The Foreshadowing passent au niveau supérieur et assènent la première des deux claques : Oionos. Cette œuvre a un défaut : "Hope. She’s in the Water", titre lourdingue faisant immanquablement penser au My Dying Bride des mauvais jours. Voilà pour les critiques que l’on peut faire à l’album. Pour le reste ce n’est pas compliqué : c’est simplement irréprochable. Poétique, mélancolique et immaculé, le monde musical de The Foreshadowing s’apparente ici à la quintessence du metal gothique « clean », puisque les Italiens ont puisé au meilleur des tous grands du genre : la clarté de Katatonia époque Viva Emptiness, la qualité des refrains catchy des meilleures chansons de Paradise Lost, et l’atmosphère poétique et mélancolique de My Dying Bride, ainsi qu’une section rythmique sachant durcir le jeu quand besoin s’en fait sentir, avec parcimonie.
De plus, The Foreshadowing possède l’Arme Secrète absolue qu’aucun des groupes nommés ci-dessus ne possède : un chanteur de tout premier plan. Marco Benevento est le Dave Gahan du metal, et la référence à Depeche Mode est tout sauf involontaire, des dires mêmes des membres du groupe. Du coup, Oionos, tout comme ses frères, acquiert, la dimension nostalgique infinie si caractéristique de l’univers de Martin Gore. Des roulements de tambours militaires de "The Dawning" à "Fallen Reign", le temps ne s’écoule plus : les mélodies fines associées à la voix chaude, triste et précise de Marco figent le sablier. L’intermède « grégorien » "Soliloquium" contribue au côté presque mystique de l’album et marque une pause avant que The Foreshadowing enfonce le clou : les riffs lourds à la Paradise Lost de "Lost Humanity", tout comme ceux de la seconde partie de "Chant of Windows" habillent à merveille des titres subtils. Et que dire du magnifique "Survivors Sleep" où Marco, seulement accompagné d’un piano, nous démontre l’étendue de sa classe, ou encore de la fabuleuse reprise de la fabuleuse chanson de Sting, "Russians" ? Rien, il n’y a rien à dire. Il faut se taire et écouter, et sentir les frissons monter.

 
Tout comme son successeur Second World, Oionos, est une œuvre quasi-parfaite de metal gothique. Fait de superbes lignes épurées, l’album ne braille pas, ne brille pas de mille feux, tout comme le Graal est une coupe simple, faite par un artiste refusant l’ostentation. Tout comme Second World, Oionos ne passe pas, Oionos EST. Messieurs les artistes : que votre nom signifie paix, prospérité et gothic-doom dans toutes les langues de l’univers.


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