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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 22 avril 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Thomas V.
(chant)

-Takami Nakamoto
(guitare)

-Augustin Pecnard 
(guitare)

-Pierre Collins
(basse)

-Sébastien Benoits
(batterie)

TRACKLIST

1) 03.11.11
2) Painting With Lights
3) Friendly Fire
4) The Great Collapse
5)
Effort.Accumulation.Revelation
6) Left Unsaid
7) Liquid Skies
8) Destruction.Discovery.Meditation
9) Stonefields
10) We Were Kids
11) Collisions

DISCOGRAPHIE

Monolith (2013)

Doyle Airence - Monolith
(2013) - postcore post-hardcore - Label : Lifeforce Records



Doyle Airence est un groupe parisien formé en 2007 et si je vous en parle aujourd'hui, c'est que ce nom risque de revenir bientôt dans vos oreilles. Pourquoi ? Tout d'abord car ces jeunes hipsters en herbe ont un CV qui fait plutôt bander pour rester poli… Avoir partagé l'affiche de Deftones, BTBAM, Animals As Leaders ou encore Karnivool, en n'ayant qu'un EP et un premier album sous le coude, certains tuent pour moins que ça…

Pour précision, le groupe s'appelait jusqu'alors Doyle, le nom a été revu sous sa forme composée Doyle Airence pour signer ce Monolith sur le label Lifeforce, ayant hébergé par le passé pas mal de gros poids lourds de la scène metalcore. Une passerelle que le quintet semble déterminé à mettre à profit pour gagner rapidement en popularité. A l'affiche du Hellfest 2014 sur une Mainstage, voici une nouvelle grande opportunité pour le groupe. Mais revenons à ce Monolith. L'album affiche 42 minutes au compteur et bien que ne pouvant décemment s'écouter que d'une traite, le voyage passe néanmoins très voire trop vite ! Plusieurs plages sont purement d'ambiance (03.11.11, "Effort.Accumulation.Revelation", "Collisions") et si elles peuvent de prime abord paraître anecdotiques, elles assurent une grande cohésion de l'ensemble. Le tout donne une sensation cinématographique à la manière d'Hypno5e (en bien moins abouti toutefois). Les mélodies collent à la peau et les riffs et refrains sont rapidement assimilables, permettant au fil des écoutes de prendre progressivement ses repères dans les contrées mélancoliques, planantes et envoûtantes de la formation.
Les titres très cohérents entre eux s'enchaînent sans que l'on tilte et au lieu de faire attention au numéro du morceau, on plonge davantage dans l'ambiance torturée et déchirante des Français. La musique se concentre autour du chant hurlé de Thomas, parvenant à retranscrire des émotions d'une rare intensité ("The Great Collapse", "Left Unsaid"). Ecorché au vif, son timbre si sensible et sincère fait vibrer comme de rares hurleurs de la scène (on pense à Chino Moreno par moments, plus à une version screamo de Loïc Rossetti de The Ocean à d'autres occasions). Tout l'intérêt du groupe réside dans ce mélange tantôt de violence punk-hardcore ("Painting With Lights", "Stonefields") tantôt dans ses tourbillons de tremolo-picking façon post-rock ("The Great Collapse", "Effort.Accumulation.Revelation", "Liquid Skies"). On pense sur ce dernier point bien évidemment souvent à Cult Of Luna, où certains passages tendent vers le même état de grâce. Le champ hurlé sur fond de nappes de claviers tend quant à lui à ramener le groupe vers des formations pas moins méprisable, comme Underoath par exemple, ou Architects dans une version édulcorée.
Doyle Airence signe avec Monolith un album extrêmement solide qui lui permettra de s'imposer d'autant mieux sur la scène. Bénéficiant d'une production très propre et d'une personnalité déjà franche grâce la voix si touchante de son frontman, le combo parisien a un avenir très prometteur. En conservant ce subtil équilibre de violence et de mélodie, ces ambiances prenantes et en enrichissant encore plus ses compositions, on aura là bientôt un grand représentant français sur la scène post-hardcore !


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