6549

CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-Stephen O'Malley
(guitare+basse+programmation)

-Greg Anderson
(guitare+basse+programmation)

TRACKLIST

1) Last One / Valentine's Day
2) Invisible / Sleeper

DISCOGRAPHIE


Sunn O))) - LA Reh 012
(2014) - ambient - Label : Southern Lord Records



LA Reh 012 = Los Angeles / Rehearsal / 2012. Pour faire clair : Sunn O))) nous refourgue carrément un enregistrement de répèt'. Cette répétition obscure datant de 2012 aura donc connu le privilège d'une sortie. Et puis une belle, s'il-vous-plait : limitée, voire ultra-limitée, et réservée au format vinyle / digital. Bref : le truc sent la sortie pour hipsters à cinq kilomètres à la ronde. 

Le fond des choses, chez Sunn O))), engendre bien souvent deux courants de pensée diamétralement opposés. Le premier revient à fustiger le groupe pour être responsable de la non-musique avec laquelle il nous assomme depuis déjà de nombreuses années. L'argument est recevable et cet EP ne va clairement pas ranger les détracteurs dans le camps des aficionados. Au contraire, LA Reh 2012 est le bâton tendu par Sunn O))) pour se faire battre. Si Monoliths & Dimensions, le dernier véritable album en date, affichait une volonté assez marquée de varier les ambiances (spoken-words, chœurs, cuivres et l'on en passe), LA Reh 2012 n'est, pour faire simple, qu'une succession de gros riffs bas du front joués à une vitesse de rouille. Le second courant de pensée est celui des louanges infinies envers un groupe plus que jamais avant-gardiste. Pour les raisons sus citées, l’enthousiasme doit ici être salement modéré.
Rien ne déborde de ces deux compositions. Ne subsiste ici que le cœur de métier d'O'Malleur et Anderson : la lourdeur abrutissante et granuleuse d'une vingtaine d'amplis dont les potards sont comme magiquement en butée à droite (sauf le potard treble, pour les aigus, qui reste bien entendu coincé sur 0) Conséquence : LA Reh 2012 rebutera le néophyte (une réaction somme toute saine et naturelle) et ne surprendra pas le connaisseur. Ne reste de tout ce magma uniforme ce que l'on est tenté de nommer « la sensation Sunn O))) », qu'on ne comprendra jamais vraiment, mais à laquelle on aime goûter. Finalement, l'unique délicatesse laissée par le groupe est cette introduction aux faux airs de pandémonium sur "Invisible/Sleeper". L'espace de quatre-vingt dix secondes, l'enfer se matérialise dans les cris, pleurs, gémissements... Avant que le drone ne revienne. 


Haut les drones, personne ne bouge ! Sunn O))) fait du Sunn O))) et le fait bien (oui, je sais, je sais, votre cousine de 4 ans aussi sait faire du Sunn, super...). LA Reh 2012, en conséquence, fonctionne mais ne surprend pas. Le duo encapuchonné a fait mieux, c'est certain. Le retrouver est plaisant, c'est tout aussi certain. Toutefois, LA Reh 2012 ne reste qu'une parenthèse dans la discographie de Sunn O))), qui pourtant n'en manque pas.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5