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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mai 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Julian Bellenox
(chant)

-HG Hogström
(guitare)

-Kenneth Lantz
(guitare)

-Thomas Jonsson
(basse)

-Carl Johan Sillén
(batterie)

TRACKLIST

1) Sign of Insanity
2) What Is Life
3) Ascending Disorder
4) Crossing the Line
5) War'n'Terror
6) Conqueror of Balance
7) Tear It down
8) Blood for Blood
9) Left for Dead
10) Infernal Abyss

DISCOGRAPHIE


Circle Of Chaos - Crossing The Line
(2014) - melodeath poisseux - Label : Massacre Records



Le problème du melodeath parfois, c’est justement le terme « mélodique ». Ils sont nombreux à en abuser, proposant des voix claires, pas toujours très réussies, ou des parties guitares trop sucrées pour être honnêtes. Pour son premier album signé, Circle Of Chaos renvoie le melodeath à ses origines de Göteborg, là où il était crade et où le son crachait dans les enceintes. Le groupe suédois nous offre donc un retour plein de fougue et d’énergie dans les années 90. C’est donc parti pour trente-quatre minutes furieuses sur Crossing The Line.

Dès le début, on comprend que le groupe ne rigole pas. La musique suinte, la production crache et les beuglements de Julian Bellenox sont hargneux. "Sign Of Insanity" n’invente rien, certes, mais attaque là où ça fait mal. Déjà, on sent notre nuque chercher le headbang devant les riffs et rythmes déployés. Et que dire de ces chœurs hurlés parfaitement orchestrés ? Seul le solo, plus mélodique, donne un peu d’aération à un morceau lancé comme un train à pleine vitesse. Le morceau se termine rapidement et laisse la place immédiatement à "What Is Life" qui enchaîne presque en simultané. On comprend alors que le repos ne sera pas permis à l’auditeur. Le groupe joue sa carte à fond, tout en énergie et en vitesse. Pas de partie progressive, pas de grosse prise de risque non plus donc. On retiendra notamment l’avalanche de riffs, pas toujours suffisamment mis en avant par la rythmique hélas. Cette dernière est assez convenue et manque cruellement de variété. Mais il est vrai que la courte durée des morceaux (trois minutes en moyenne) laisse peu de place aux expérimentations et aux changements de rythmes. Le groupe compense ce manque de variété par une vraie homogénéité dans la qualité des morceaux. C'est clairement le point fort de l'album. Aucun morceau n'est mauvais, tous proposent une musique accrocheuse et réussie. Le revers de la médaille est la durée de l'album puisqu'il n'y a qu'une dizaine de morceaux.
C’est avant tout le travail des guitaristes qui se remarque ici. Ces derniers assènent des riffs au kilomètre. Par contre, les parties leads sont très rares et représentées par des soli courts, mais souvent efficaces. Ces derniers apportent la touche mélodique à l’ensemble. Car Circle Of Chaos, comme son nom l’indique, ne laisse pas à l’auditeur le loisir de se reposer un peu (malgré un timide interlude acoustique à la fin de "Ascending Disorder"). Si la vitesse et l’énergie sont essentielles dans le melodeath, la notion d’accélération a des vertus qu’il serait dommage d’ignorer. Cela se retrouve dans la chant. Julian Bellenox fait le boulot avec une véritable énergie du début à la fin. Mais la musique du groupe, cantonnée à des passages très proches, ne lui donne pas le loisir de varier ses parties. Clairement, le groupe souhaite produire une bombe, efficace et immédiate. Et cela fonctionne, car les trente-cinq petites minutes de Crossing The Line laissent forcément l’auditeur sur sa faim et ce dernier remet la galette pour une deuxième écoute. Malgré tout, on sent qu’avec un morceau supplémentaire, plus calme (un mid-tempo suffirait…), l’album prendrait immédiatement une autre ampleur. On est donc à la fois enthousiaste et un peu déçu. Pour le prochain album peut-être ?


Crossing The Line
est un album furieux de melodeath bien crasseux. Doté d’un son qui crache, proposant des riffs nombreux et efficaces, il ravira le fan qui aime avant tout la partie death du terme melodeath. Il faut prendre l’album comme il est : une bonne demie-heure de melodeath furieux transpirant les années 90 et Göteborg. Et pour cela, Circle Of Chaos fait le boulot sans problème.


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