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CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 16 juin 2014
Sa note : 18/20

LINE UP

-Olivier Lacroix
(chant)

-Jérémie Noel
(guitare)

-Pierre Berger
(guitare)

-Jérémy Abella
(basse)

-Karol Diers
(batterie)

TRACKLIST

1) Gamla stan
2) Nuit
3) Agatha

4) Les caprices de Remington
5) Temple du cri
6) Sans fleur ni couronne

7) Ex-voto
8) Bouche Cousue
9) Bec et ongles

 
Noir, rouge, noir, rouge, noir et rouge. Ils y avaient pensé. Encore un coup des Illuminati.

DISCOGRAPHIE

Erlen Meyer (2014)

Erlen Meyer - Erlen Meyer
(2014) - postcore Sludge Hitchcockiennement lugubre - Label : Klonosphere



Je suis amoureux du sludge sombre vous l’aurez compris… Ce que j’aime ? La capacité des groupes à développer progressivement une ambiance en 3D bourrée d’émotions, les breaks incroyablement lourds et ces atmosphères qui transpirent le talent et la noirceur. Erlen Meyer, poulain du label français de qualité Klonosphere, remplit ces critères de qualité à merveille.

Un concept… Voilà ce que chaque album devrait contenir, même si il est mauvais ou bien mal exploité, le concept est signe d’une tuerie ou d’un essai motivé et convainquant mais il n’est en aucun cas rabaissé. Erlen Meyer dispose d’un concept. En effet, les sludgeux sont fans de l’univers littéraire d’Agatha Chrisite et du grand Hitchcock, 2 maîtres du suspens et des ambiances lugubrement londoniennes. Un concept sombre adapté à un style de musique sombre, votre dévoué est aux anges il doit l’avouer. Vous l’aurez deviné, qui dit sludge de cette trempe dit Cult Of Luna, Neurosis, Amenra, etc… Et vous avez tout juste, les influences sont belles et bien présentes. D’ailleurs, la production soignée a été confiée à Magnus Lindberg (Cult Of Luna) qui a fait un travail remarquable : les guitares sonnent grasses, opaques, étouffantes et font l’effet visuel d’une épaisse purée de poix, la batterie est juste et incisive et la voix ressort à la perfection. Un sans faute jusque là… Ne vous inquiétez pas, le vif du sujet est également délicieux, je n’aime pas décevoir mes lugubres lecteurs.
A vrai dire, après avoir chroniquer Amenra, il est difficile de trouver des mots uniques pour définir cet amas mystérieux et fantomatique qu’est Erlen Meyer mais nous trouverons n’est-ce pas ? "Gamlan Stan", est l’intro qui-met-direct-dans-l’ambiance-mon-pote, pas de jour à l’horizon, nous sommes en plein Londres à l’époque de Jack L’éventreur très certainement et le climat est humide et tendu… C’est là que "Nuit" pointe le bout de sa lame rouillée, une déflagration noire s’abat sur vous, votre agresseur salive de haine, les yeux exorbités. Des riffs qui font mouches, haineux et terrifiants et cette voix… Du talent tout simplement. Un cri rageur, apeuré et intensément haut perché, alterné par des mediums péchus, des vocaux parfaits pour cette ambiance, chapeau monsieur Lacroix. Pas un moment de répits, les âmes des habitants de Whitechapel ne verront jamais un rayon de soleil, le brouillard est bien trop épais, l’atmosphère est bien trop grave pour espérer une quelconque remontée, et c’est comme ça pendant un peu moins d’une heure…
Les riffs se font de plus en plus méchants (ce mot prend vraiment un sens ici), les guitares sont oppressantes et ne baissent jamais le niveau de terreur de l’auditeur ("Temple du cri" et ses voix et ses leads lancinants ainsi que "bouche cousue" et son break à 3:43 à vous couper le souffle). Les morceaux alternent tous moments profondément lourds où le vocalistes s’explose le gosier pour vous faire trembler sur fond de riffs absolument ingénieux et moments de faux calmes plus lyriques où l’histoire nous est contée de manière psychopathe. En parlant d’histoire, jetez un œil aux paroles… Cela en vaut largement la peine car la qualité d’écriture est au rendez-vous. À chaque morceau son histoire noire racontée à la manière de leurs auteurs préférés. Dommage que le concept ne soit pas poussé assez loin par contre, on aurait aimé voir nos amis aller bien plus loin dans leur délire, voir plus de référence, sentir la présence de Chrisite et d’Hitchcock et surtout sentir leurs ambiances si particulières. Le travail n’est pas mal fait, bien loin de là, mais voir ce génial concept être poussé au maximum aurait fait monter la note à un 20 très facilement.


Premier album pour Erlen Meyer et… Grosse claque tout simplement. J’ai retrouvé la base sludge que j’aime et plus encore. On peut qualifier ce premier bijou de polar audio ou de B.O. destinée à un film noir ou les deux. Un travail excellent, et de grande qualité, Erlen Meyer est un groupe à suivre de très près. Ces gaillards ont quelque chose à nous montrer… Le prochain nous mettra tous sur le cul, je n’en doute pas.


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