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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 20 juin 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Christopher Cruz
(chant+basse)

-Brandon Cruz
(guitare+claviers)

-Etienne
(guitare)

-Danny
(batterie)

TRACKLIST

1) Rising
2) Stabat Mater
3) My Light
4) Rhapsody
5) Last Poem
6) Glory

DISCOGRAPHIE


So Hideous - Last Poem / First Light



Alors So Hideous, voyons voir la description du genre… Sabaton… Sepultura… Shakira… So Hideous, voilà…  « An emotionally diverse mélange of post-hardcore, symphonic black metal and experimental/shoegaze fused with classical influences » o_O... Oh la vache !
Allô ? C’est Winter là, punaise je tiens un truc de dingue, c’est du « emotionally diverse mélange of post-hardcore, symphonic black metal and experimental/shoegaze fused with classical influences »! Je fais quoi là, j’appelle Mertal-Archives ? Le Guiness des Records ? Oh punaise, jamais je serai à la hauteur pour chroniquer un truc pareil… Quoi ? Que je me calme ? Que c’est sûrement le label qui est partie en vrille ? Ah… si tu le dis…

 
Eh oui, encore une fois, le label a eu la main lourde pour décrire le style de ses poulains. Parce qu’il suffisait de dire : black sympho + metalcore + postrock. Mais bon, ça en jette moins que « emotionally diverse etc. etc. ». Le problème de ce genre de surenchère, c’est qu’il pourrait provoquer une réaction de rejet, plus ou moins consciente, envers le premier opus de ces sympathiques New-yorkais, et ça serait dommage parce que Last Poem/First Light est une belle promesse de lendemains qui chantent, une œuvre perfectible, mais qui laisse entrevoir un joli sens des proportions entre agressivité et mélodies. Basée sur un mélange « smooth » black sympho (pour 80% de la musique)  / voix core / ambiance postrock qui commence à être assez habituel de nos jours (cf. Colloquial Sounds Rec. par exemple), la musique de So Hideous réussit à dégager une ambiance assez personnelle : une espèce d’agression noire, clean et poétique, prenant l’auditeur à la gorge d’entrée de jeu. Les orchestrations y sont soignées, et rien ne semble avoir été laissé au hasard. L’excellence n’est d’ailleurs pas loin sur deux des six morceaux proposés : d’une part "Last Poem" et sa magnifique intro 100% GSY!BE fournit un parfait hybride post-black à l’antipode des soupes fadasses que nous sert trop souvent le genre.
D’autre part, "Stabat Mater", LA pièce maîtresse de l’œuvre,  extraordinaire déferlante black, courte mais surpuissante, parfaitement amenée par une superbe intro ambient et conclue non moins parfaitement dans un calme annonciateur de plus de tempêtes à venir. Bref, So Hideous montre un potentiel certain, mais commet encore des erreurs de jeunesse. La première est de ne pas assez utiliser les ambiances et les tempos lents. Les deux chansons citées mises à part, le groupe active presque tout le temps le mode exalté ou « à fond les ballons ». "Glory", par exemple, si elle n’est pas spécialement rapide, commence comme elle devrait finir : avec une ambiance digne d’une fin de titre épique. Vu la facilité que nos artistes possèdent pour créer des atmosphères plus calmes, on peut trouver dommage qu’il n’y ait pas plus d’alternances de tempo et de modes d’expressions. La seconde erreur, c’est la longueur de l’album : une demi-heure. D’accord, Last Poem/First Light est sûrement plus impactant que s’il avait duré deux heures, mais tout de même, dans ce style-là, il y a des EP qui durent plus… Du coup, si l’on apprécie globalement cette œuvre très bien faite, il y a un petit sentiment de frustration qui vient nous titiller là, de ceux qu’on aimerait bien chasser avec un nouvel album plus riche.

 
Last Poem/First Light est tout sauf un album hideux (oui, elle est facile celle-là...). Malgré la crainte que peut inspirer un étiquetage post-black et ses dérivés plus ou moins pompeux, l’auditeur peut être rassuré : So Hideous sait composer, et surfe avec aisance sur cette vague musicale ayant dépouillé le black-metal de son côté « Northern Forest » et lui ayant inculqué une forte d’urbanité yankee. Trop court, parfois trop exalté, le premier album du groupe est néanmoins suffisamment remarquable pour que l’on note, de sa petie main potelée, « So Hideous » sur un coin de son calepin noir intitulé « jeunes promesses ».



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