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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 20 juillet 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Ayloss
(tout)

TRACKLIST

1) Omphalos
2) The Veiled Garden
3) The Cold March Towards Eternal Brightness
4) Drifting Through Moss and Ancient Stone
5) The Spiral Fountain
6) A Rider Through the Lands of an Infinite Dreamscape
7) Cosmic Significance

DISCOGRAPHIE

III (2014)
Gnosis (EP) (2015)

(2014) - black metal - Label : I, Voidhanger records



Spectral Lore fait partie de cette nouvelle génération de groupes (bon, qui commence à dater maintenant) de black metal naturaliste, voire naturiste. Très proche de la Mère Nature, iconoclaste, éthéré et atmosphérique, voici des caractéristiques que ces groupes semblent partager. On a pu les affilier à Burzum du fait de la musique pratiquée, plutôt longue, lente et brute, mais le propos et le fond sont fondamentalement différents. Dans le genre, c'est bien sûr Wolves in the Throne Room qui ressort en premier.

Mené depuis le début par Ayloss qui s'occupe de tout, on tombe dans la frange du black US à la Xasthur et Leviathan où un seul homme est aux commandes. Cela peut avoir ces bons et mauvais côtés, mais que cela ne devienne pas un gimmick ou un prétendu label qualité. Vous direz, vu les compositions de Spectral Lore, longues, éthérées, plus dans l'atmosphère que la vraie musique, un seul homme peut largement tout faire. Ce n'est pas faux, mais il ne faudrait pas pour autant minimiser les qualités requises par chaque instrument. Reste que Ayloss s'en sort honorablement et qu'il est parfaitement à la hauteur de la musique qu'il compose. N'y cherchez aucun ode à la technique, simplement des instruments au service d'un but : l'osmose avec la Nature. De toute manière, si vous plongez un minimum dans les titres des chansons, d'une ils sont longs, de deux il est difficile d'être plus clair sur son trip. Imaginez donc : "Drifting Through Moss and Ancient Stone". Non mais qui va faire une chanson sur la mousse à part un allumé de la Nature ?
Musicalement, vous aimeriez bien savoir de quoi il en retourne également, non ? Compositions longues, album long et double, vous en aurez pour 90 minutes quasiment. Ces caractéristiques rendent l'album à la fois difficile à appréhender et à juger. Il faut vouloir et savoir prendre son temps, évoluer au rythme imposé par Spectral Lore pour l'apprécier à sa juste valeur. Déjà connaître Wolves in the Throne Room est un bon prérequis. D'une, parce que les 2 groupes jouent sur la même formule, de deux, parce que leurs musiques se ressemblent. Oui, Spectral Lore joue sur les plate-bandes de Wolves. Mais il en est également différent. Parce qu'il aime plus jouer sur la dissonance et lorgner du côté de Blut Aus Nord pour cette recherche sur le son plus que sur la musique (le début de "Omphalos"). Ensuite parce qu'instinctivement, on dirait qu'il y a plus de vrais riffs chez Spectral Lore. Le groupe est plus musical et s'en remet d'ailleurs facilement à la guitare sèche pour exprimer son propos. Cela lui donne d'ailleurs un côté post rock qui peut s'avérer enquiquinant.
Les chansons gardent donc un côté attirant tout en étant évidemment des appels à la contemplation, à la réflexion sur soi, sur sa place dans la Nature et sur la Nature en général évidemment. Musique bobo ? Oui pourquoi pas. Mais certains riffs n'hésitent pas à percer le cerveau, à apporter ce grain de folie qui fait du black metal une musique parfois dangereuse. Le (ou un des, plutôt...) pavé "The Veiled Garden" en apporte la preuve avec un passage dont l'accélération est basée sur un riff strident et vicieux (d'ailleurs la vitesse finale de la batterie apporte la preuve qu'il s'agit d'une boîte à rythme). "The Cold March Towards Eternal Brightness" se construit sur un riff en total tremolo que n'aurait pas renié un Krallice dont on aurait retiré la technique. La suite de la chanson enchaîne sur des riffs véritables et pas uniquement une nappe de notes servant de fond sonore. La preuve est apportée de l'aspect plus musical du groupe. Reste que ce n'est pas forcément ce qui sautera le plus aux oreilles.


Ce III est l'album typique casse-gueule. Très long, double, rempli de chansons à rallonge. Il tient malgré tout la route grâce à une atmosphère sylvestre et organique de tous les instants. Évidemment certains le trouveront chiant à juste titre, boursouflé de passages post rock hautains. Ils ont encore raison. Mais le fait est que dans ce style, on appelle ça une réussite et les amateurs seront heureux de mettre leurs oreilles sur un tel disque. En plus, la pochette est superbe.


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