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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 13 octobre 2014
Sa note : 13/20

LINE UP

-Grégory Valentin 
(chant) 

-Yan Pierrat
(guitare) 

-Jérémy Durin 
(guitare) 

-Samuel Baudoin 
(basse) 

-Hervé Joly
(batterie)

TRACKLIST

1)  Intro
2)  Inside
3)  A Red Night
4)  Behind Your Eyelids
5)  6:43

6)  Sad War
7)  Impact
8)  When I Believe I Live
9)  From Memories to Silence
10)  Heaven Can Hate
11)  Outside


DISCOGRAPHIE


Dungortheb - Extracting Souls
(2014) - death metal technique - Label : Great Dane Records



Bonheur et frustration. Voici les deux premières émotions qui viennent à l'esprit à l'écoute de cette nouvelle mouture des Français de Dungortheb. Bonheur suite à l'heureuse découverte par le biais de cette nouveauté du groupe qui ne cache pas ses influences que sont Death, Coroner ou encore Pestilence. Et frustration car bien que formé il y a presque 20 ans à Epinal dans les Vosges, on se demande comment ces gars là ont pu rester si longtemps dans la confidentialité.

Il y a 6 ans de cela, mon tendre camarade Kroboy dénonçait déjà l'injustice que ce groupe si talentueux demeure pourtant si méconnu. Quand on voit le succès hexagonal des Bordelais de Gorod, on peut légitimement regretter ce manque de visibilité. Distribué en outre par le modeste label Great Danes Records, la popularité du groupe est déjà limitée à un cercle d'initiés et les sorties éparses du groupe (Extracting Souls marque seulement leur 3e album !) n'aident pas à une plus large reconnaissance.
L'album se révèle très homogène en termes stylistiques, développant largement des titres mid-tempo très groovy ("Behind Your Eyelids"), parfois un peu plus rapides (l'opener "Inside", le milieu de "Impact" ou "From Memories To Silence") ou un peu plus lents ("Sad War"). Avec un goût prononcé pour les leads dignes du maître Schuldiner ("Behind Your Eyelids", "6:43"), les phrasés mélodiques marquent clairement le point fort de la bande.  De Death, on retrouvera d'ailleurs au-delà de l'exercice guitaristique, une rythmique toujours ultra groovy avec des salves de double et des breaks à la batterie subtilement amenés n'étant pas sans rappeler un certain Gene Hoglan. "6:43" est à ce propos un des points culminants avec un riff dont les nettes similarités avec "Crystal Mountain" feront tiquer plus d'une fois les connaisseurs. 
Le chant marque de son côté un des points faibles du groupe avec un growl assez commun et surtout sans aucune variation, ce qui accentue l'effet de linéarité de la galette. Linéarité qu'on peut dénoncer plus largement sur les riffs souvent construits sur le même modèle et qu'on oubliera vite au profit des leads bien plus marquants ! Ainsi "The Red Night" au riff principal très banal se retrouve largement sauvé par son sublime final allant taper un solo limite néoclassique sur pas moins de deux minutes. La même remarque pourrait être faite dans une moindre mesure pour "Sad War" ou "When I Believe I Live".


Après une très forte impression aux premières écoutes, il faut toutefois reconnaître que les principaux défauts suscités font chuter l'intérêt de l'album assez lourdement. Souffrant du syndrome du ventre mou passé les deux tiers de la galette et victime de sa trop grande homogénéité, il faudra encore bien de la persévérance à Dungortheb pour égaler leur camarades de Gorod et leur dernier bijou A Perfect Absolution. Alliant cependant une technicité de haut vol à une efficacité indéniable, Extracting Souls vous réserve toutefois de bonnes heures de groove et de headbang. Chaudement recommandé en tout cas à tous les amoureux de Chuck Schuldiner !



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