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CHRONIQUE PAR ...

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Arieas
Cette chronique a été mise en ligne le 18 novembre 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Neal Morse
(chant+guitare+claviers)

-Randy George
(basse)

-Mike Portnoy
(batterie)

TRACKLIST

1) Lifeline
2) The Way Home
3) Leviathan
4) God's Love
5) Children Of The Chosen
6) So Many Roads
7) Fly High

DISCOGRAPHIE


Morse, Neal - Lifeline



Allons-y : rock progressif, textes à penchants religieux, redondance musicale, absence d’évolution de fond et/ou de forme, cassures rythmiques stéréotypées, longueurs en tous genres, blablabla, blablabla… Si vous avez d’autres lieux communs à ajouter, ne vous privez pas, c’est le moment ou jamais. Parce que passée cette introduction, on va s’attacher à considérer Lifeline de la meilleure des manières, en prenant le temps de l’écouter.

La sortie d’un nouvel album de Neal Morse, c’est depuis quelques années la certitude de relire inlassablement les mêmes critiques au sujet d’un artiste et d’un art qui, certes, n’évoluent  eux-mêmes guère plus que de nécessaire, nous rassurant systématiquement sur un point : Neal reste fidèle à lui-même, et son inspiration demeure sa principale arme dans son combat pour la bonne musique. Ou pour la bonne parole, quoiqu’on puisse facilement s’accorder à débattre de ce dernier point. Mais peu importe, il n’atténue pas le talent  de notre homme, loin s’en faut, d’autant plus que sur Lifeline, il est à nouveau accompagné de valeurs sûres, Mike Portnoy à la batterie et Randy George à la basse.
Alors, quoi de neuf sur ce disque ? Et bien pas grand-chose, à vrai dire. La recette est toujours la même, nous permettant de revenir encore et toujours sur les incroyables capacités de compositeur-mélodiste de Neal Morse, en relevant ce qui devient une évidence au fil du temps : c’est bien dans les longs formats qu’il excelle le plus. En effet, solidement installée sur l’avant-dernière plage de l’album, l’épique "So Many Roads" se paie le luxe de défiler à vitesse grand V alors qu’on se prend à succomber à ses successives et distinctes parties pleines de bon goût. Rien à jeter, une nouvelle victoire du talentueux M. Morse dans le domaine des morceaux à tiroir. Et il faut dire qu’il commence à les accumuler.
Le style est très morsien, c’est en fin de compte la seule manière de le qualifier justement. Après l’incursion autrement plus metal de Sola Scriptura, Lifeline marque un retour au rock à la fois énergique et larmoyant des précédentes productions, cédant par instants à la facilité et nous laissant pour la première fois une forte impression de déjà entendu presque dérangeante. Hum ? L’artiste se répèterait-il de trop ? Le manque d’inventivité se ferait-il pesant ? Force est de constater que si le cahier des charges est bien rempli, à coups de démonstrations techniques, refrains bétons et sermons attendus, quelques titres peinent à se démarquer, en partie par manque d’originalité, plus que par manque de qualités.
Mais à côté de cela, les moments forts sont légion. Le très sucré "Children of the Chosen" est une délicieuse et coupable réussite qui nous donnerait envie d’aller communier chaque week-end si le divin message venait à nous ainsi enrobé. Le morceau-titre, "Lifeline", se défend tout seul en solide hymne progressif mélodique et efficace, à tel point qu’il nous paraît presque trop court du haut de ses treize minutes. Quant à "Leviathan", la petite plage pour les plus burnés des fans, elle fait la part belle au saxophone de Jim Hoke, nouvelle sympathique illustration de la richesse intrinsèque à la musique de Neal Morse. Richesse habilement mise en scène et soutenue par une production cristalline et judicieuse.
Alors après tout, pourquoi faire la fine bouche ? Si le plaisir est bien présent à l’écoute de Lifeline, que demander de plus ? C’est simple : la perfection. Neal a su la côtoyer avec quelques-unes de ses œuvres passées, et se retrouver avec un nouveau disque simplement très bon, ça peut chiffonner l’auditeur. Certaines transitions nous apparaissent évidentes quelques mesures avant de se faire entendre, certaines lignes à voix multiples veulent volontairement tirer sur la corde sensible, sans toujours y parvenir, et même le jeu aux baguettes de Portnoy, qui se marie si bien au progressif de son ami multi-instrumentiste, n’a pas le rayonnement habituel.


Nous voilà donc de retour aux lieux communs d’introduction, parce qu’ils ne sont pas dénués de fondements, même si on s’en dégage très aisément tant Neal Morse parvient, comme à son habitude, à faire concilier musique et émotions avec un nouvel album plein de qualités. Finissons-en ainsi : talent, sincérité, flamboyance, arrangements classieux, refrains entêtants ; tout est dit. Surtout qu’on raconte toujours la même chose, avec Neal. 


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