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CHRONIQUE PAR ...

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Arieas
Cette chronique a été mise en ligne le 18 novembre 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-Casey McPherson
(chant+guitare)

-Neal Morse
(chant+guitare+claviers)

-Steve Morse
(guitare)

-Dave LaRue
(basse)

-Mike Portnoy
(batterie)

TRACKLIST

1) Open Up Your Eyes
2) Mask Machine
3) Bombs Away
4) The Fury Of My Love
5) A Place In Your World
6) Lost Without You
7) One Love Forever
8) Peaceful Harbor
9) Cosmic Symphony

DISCOGRAPHIE


Flying Colors - Second Nature



Flying Colors, c’est un peu l’histoire d’un nouvel ami qu’on a l’impression de connaître depuis toujours. On a beau avoir découvert le groupe il y a seulement deux ans et le retrouver maintenant avec son second album, c’est comme s’il avait toujours existé. Comme s’il représentait l’évidence. Du coup, on est serein alors que débute l’écoute de Second Nature, parce que le line-up est inchangé, qu’il est porteur de gages impressionnants de qualités, et qu’après tout, on n’est pas dupe, on sait que ça va être bon.

On ne peut rien y faire, on aborde l’œuvre de Flying Colors dans un état d’esprit forcément très positif. Ça ne doit pas tenir à grand-chose. Peut-être le sourire magistral de Steve Morse, ou le dynamisme communicatif de Mike Portnoy, un détail dans le genre, qui dope le capital sympathie de la formation. Les gros noms sont bien au rendez-vous, en tête desquels l’unique Neal Morse s’affirme encore et toujours, aux claviers, aux guitares, au chant, et bien évidemment à la composition, à tel point que les premières minutes de Second Nature évoquent très fortement sa carrière solo ou Transatlantic. Mais la suite nous confirme rapidement que c’est l’ensemble du groupe qui s’est attelé à l’écriture de l’album, les diverses influences se faisant ressentir au fil des plages.
Du coup, c’est bien l’assemblage des bagages musicaux des membres qui forge le riche style pop-progressif du groupe, permettant la mise en place de belles pièces d’ouverture et de conclusion, un peu à l’image du premier album du groupe, encadrant des morceaux plus directs et efficaces, sans jamais déroger à une vraie exigence de qualité. Le plus bel exemple en est ce "Cosmic Symphony" final, qui aurait pu être pompeux avec un titre pareil, mais qui s’avère mélodique, soyeux et tellement envoûtant avec son motif répétitif et sa rythmique posée. D’autant plus que, comme toujours avec les œuvres caressées par le doigt du divin Neal Morse, les arrangements vocaux sont magiques, et ont pour l’occasion la brillante idée d’être renforcés par des chœurs judicieux.
L’ajout de chœurs, tout comme l’apport des cordes, sont des petits plus intéressants, notamment sur la splendide "Peaceful Harbor", ballade de transition entre les énergiques plages précédentes et, donc, l’excellente "Cosmic Symphony". Auparavant, on aura apprécié une variété d’approche d’un rock maîtrisé, avec des prestations individuelles toujours impeccables et qui n’éclipsent jamais l’unité du groupe. En écoutant "The Fury Of My Love", on se dit que Neal Morse a bien potassé le boulot passé de Casey McPherson avec Endochine avant de se lancer dans son habituel travail de composition. Et en jetant à nos oreilles les premières notes du musclé "Mask Machine", Flying Colors nous met au défi de ne pas battre la mesure par instinct.
Ce single, "Mask Machine", est d’ailleurs la vitrine parfaite des capacités de mélodistes, arrangeurs et performers des membres du groupe. Difficile de ne pas arrêter ses activités courantes dès lors que ronronnent les premières notes de la délicieuse basse de Dave LaRue. Et reprendre à tue-tête un refrain aussi fédérateur, ça vous met de bonne humeur pour la journée, surtout qu’on pense à Mike Portnoy qui s’éclate derrière ses fûts, et qu’on se rappelle inlassablement qu’à peu près tout ce que ce type touche depuis plusieurs années en compagnie de Neal Morse devient régulièrement du chef d’œuvre en puissance. Comme en plus de ça la présence de McPherson au micro paraît maintenant tellement naturelle là où elle semblait quelques fois effacée sur le premier album, on se dit que tout va bien, on est bien…


Oui, on est bien en compagnie de Flying Colors. Parce qu’écouter Second Nature, c’est gagner l’assurance de quitter son nouveau-vieil-ami-depuis-toujours avec une tonne de refrains marquants en tête, une énergie positive qui irradie de soi, la banane sur les lèvres, et des couleurs plein les yeux et les oreilles. De belles couleurs musicales. De très belles couleurs, même. Et au bout du compte, de quoi d’autre a-t-on véritablement besoin ?



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