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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 24 décembre 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Thomas "Sabbathi" Eriksson
(chant+guitare)

-Marcus Lundberg
(guitare)

-Don "Deobrigula" Palmroos
(guitare)

-Mikael "Pope" Popovic
(claviers+chœurs)

-Tobias Resch
(basse)

-Fredrik "Endymion" Hellerström
(batterie)

TRACKLIST

1) The Key and the Gate
2) Mystic Moutains
3) Non-Euclidean Calculus

DISCOGRAPHIE


Year of the Goat - The Key and the Gate (EP)
(2014) - heavy metal occulte - Label : Napalm Records



L'inquiétude commençait à poindre : deux ans que Year of the Goat n'avait pas mis les pieds dans un studio. À l'échelle du stakhanoviste Thomas "Sabbathi" Eriksson, le leader de ce collectif heavy revival, l'attente est équivalente à celle séparant deux albums de Tool - groupe dont les fans n'ont pas attendu Interstellar pour éprouver les torsions démentes de l'espace-temps (et les pensums nécessitant l'ingestion massive d'ibuprofène, mais ceci est une autre histoire). Y'aurait-il hareng sous caillasse chez les prometteurs métalleux Suédois ?

Le drakkar du Bouc avait fait mine de tanguer lorsqu'au au printemps 2014 fut officialisé le départ « pour raisons personnelles » du quasi numéro deux de la formation nordique, le guitariste Per Broddesson - par ailleurs compagnon de Sabbathi chez Griftegård, projet doom metal dont il est peu probable de réentendre parler un jour, le batteur ayant lui aussi tiré sa révérence dans des circonstances autrement plus tragiques. Comme lors de la précédente défection, c'est du côté de la scène locale de Norrköping que le remplaçant fut coopté, Marcus Lundberg ayant officié chez Deadpulse, un ancien gang death/thrash d'Eriksson. C'est avec ce personnel remanié que YOTG s'est présenté devant le public (f)estivalier du Tons of Rock norvégien et surtout du Hellfest clissonnais, livrant une prestation très appréciée qui augurait du meilleur pour la suite. La suite ? Une signature chez Napalm Records (Summoning, Monster Magnet) comme une marche supplémentaire franchie vers la reconnaissance, le label autrichien de moins en moins underground disposant de moyens plus conséquents que leurs honorables confrères germaniques de Ván Records chez qui le groupe avait sorti ses productions antérieures. Pour faire patienter celles et ceux qui s'étaient délectés de l'album sorti en décembre 2012, l'excellent Angels' Necropolis, Year of the Goat sort donc un EP trois titres qui débute par un véritable tube, la chanson-titre "The Key and the Gate".
Dans la lignée des "Of Darkness", "For the King" et autre "This will be mine" précédemment enregistrés, le morceau s'appuie sur un tempo plutôt élevé sur lequel roucoulent couplets et refrain accrocheurs en diable et sertis de chœurs enivrants. Au rayon satisfactions et retrouvailles (oui, ce rayon existe), la voix de Sabbathi joue toujours sur du velours tandis que les guitares aussi légères qu'acérées répondent à nouveau présentes. Un petit break vigoureux pour augmenter l'intérêt et un solo concis complètent le plaisant tableau qui figure désormais en tête du palmarès des titres courts de la formation. Si cette dernière demeure fidèle à ses habitudes, une piste plus longue devrait suivre. Gagné. "Mystic Moutains" flâne d'un pas sûr et lent – mais pas pénible - entre deux imprécations d'un Sabbathi fervent sans oublier d'emprunter en seconde partie un chemin de traverse au relief proche de l'obstiné "I want you (she's so heavy)" des Beatles. Contrairement à ses devanciers ("Angels' Necropolis", "Thin Lines of broken Hopes"...), le titre se signale par un retour confortable au thème initial qui dissipe un peu le charme. Il convient de noter cette fois la présence affirmée de l'orgue, tendance plus que confirmée sur le final - un instrumental entièrement dédié aux claviers. Très proche dans l'esprit et la forme de "Missa Niger" qui figure sur l'ep This will be mine, le morceau se divise en une première moitié bucolique entre fausses flûtes et mellotron faisant songer au fameux thème de Furyio (le film avec Bowie) de Ruychi Sakamoto. Un peu répétitive, cette séquence laisse la place à un motif plus volontaire entre Jean Michel Jarre (si !) et Vangelis  - réminiscences de Blade Runner - avant d'évoquer "A 200" qui clôture Burn de Deep Purple, sur lequel Jon Lord jouait les premiers rôles en triturant son orgue Hammond. "Non-Euclidean Calculus" sonne cependant de manière plus douce, comme sur tout l'enregistrement et ceux qui précèdent.

Avec ses trois titres de format différent – un vif, un long et un bizarre - The Key and the Gate s'apparente à une carte de visite à distribuer auprès du public potentiel que la signature sur un label à plus large audience est censée drainer. Les fondamentaux sont scrupuleusement respectés – tout juste percevra-t-on une place un peu plus importante accordée aux claviers – de sorte que Year of The Goat procède à une nouvelle et convaincante démonstration de son heavy racé entre harmonies seventies et vigueur eighties. S'agit-il d'un avant-goût du prochain album espéré avec gourmandise ou d'une fausse piste laissant augurer un revirement à 180° vers le postcore ou le dubstep ? La seconde proposition paraissant aussi crédible que la mise sur pied d'un projet black metal mené par Mireille Mathieu, on optera sans trop de risque pour la première.

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