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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 26 décembre 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Tim Armstrong 
(guitare+chant)

-Lars Frederiksen 
(guitare+chant)

-Matt Freeman
(basse+chœurs)

-Branden Steineckert 
(batterie)

TRACKLIST

1) Back Where I Belong 
2) Raise Your Fist 
3) Collision Course
4) Evil's My Friend
5) Honor Is All We Know
6) A Power Inside
7) In The Streets
8) Face Up
9) Already Dead
10) Diabolical
11) Malfunction
12) Now We're Through With You
13) Everybody's Sufferin'
14) Grave Digger

DISCOGRAPHIE


Rancid - Honor Is All We Know
(2014) - punk -rock - Label : Epitaph



J'aime les plaisirs simples. Vous savez, ces petits délices du quotidien qu'il faut savoir savourer. Une bonne baguette, une soirée entre amis, une grasse matinée... ou encore, découvrir, quasiment par hasard via un célèbre réseau social, qu'un de ses groupes favoris prépare un tout nouveau disque. Et avec sa livraison 2014, Rancid semble lui avoir fait du plaisir sa raison d'être. Pas besoin de concepts obscurs ni d'un chambardement musical absolu, le groupe joue ce qu'il a envie de jouer, sans se soucier de rien. Rancid is back, motherfuckers !

Commençons par jeter un œil au menu qui nous attend : 14 titres pour 33 minutes de musique, voilà donc officiellement l'album le plus court de la discographie du groupe. C'est, certes, assez peu copieux. Mais l'album fait preuve d'une concision et d'une efficacité si jubilatoires que le goût de « reviens-y » n'en est que plus fort. Comme évoqué en introduction, il n'y a évidemment aucun renouvellement à espérer quant à la musique pratiquée. Rancid n'a pas lâché d'une semelle le punk-rock californien qui lui sied si bien. Pas question de changer de style quand on le maîtrise si bien, et c'est ce que le groupe affirme haut et fort pour ouvrir son album : « I've been gone way too long and I'm back where I belong ! »  Bien dit !

Si l'album ne comporte pas de réelles surprises, il est tout de même extrêmement plaisant d'entendre la liberté que Rancid se laisse dans l'écriture de ses morceaux. La bande à Armstrong / Freeman ne se pose aucune barrière, pas de limites ni de prises de tête. Le but, c'est d'écrire de bonnes chansons, avec le plaisir comme gouvernail et la fougue comme moteur. Et putain, qu'elles sont bonnes, ces chansons, dans l'ensemble ! Tous les sentiments, toutes les intentions y passent, si bien que l'album devrait fédérer toutes les envies. Vous êtes là pour vous défouler un bon coup ? "Malfunction", rageuse à souhait, vous comblera à coup sûr. Plus prompts à vous dandiner en rythme ? Les sautillants "Evil's My Friend" et "Everybody's Suffering" aux relents ska, sont là pour insuffler un peu de groove à l'album. Envie d'un peu des deux mélangés ? "Collision Course", imparable et tranchant.
 
Et Rancid continue ainsi son petit bonhomme de chemin sur plus d'une demi-heure, avec une palette d'émotions plus étoffée qu'il n'y paraît. De cavalcades furieuses ("Already Dead") en hymnes tapageurs ("Raise Your Fist", "Face Up"), l'album transpire d'énergie et d'envie de bien faire. Armstrong, Frederiksen et Freeman sont tous les trois très en voix, entre timbre rocailleux, chevrotements 100% Rancidiens, vocaux plus hurlés et chœurs héroïques. Côté rythmique, ça déménage comme toujours. Dommage néanmoins que la basse de Matt Freeman  soit un peu moins audible qu'auparavant. Les esprits les plus ronchons pourront bien affirmer que toute cette panoplie sent le réchauffé, et ils n'auraient même pas tort. Mais l'argument ne tient pas face à la candeur et à l'énergie déployées par ce huitième album. Mention spéciale à une title track de premier ordre, dont les lignes de guitares chaleureuses font l'effet d'un vrai shot d'adrénaline, et requinqueraient le plus déprimé des junkies. 

Si on met de côté la répétitivité un peu usante de certains morceaux ("Diabolical", "Now We're Through With You") et l'absence de nouveautés, dur de faire la bégueule face à ce nouveau Rancid. Nos punks de Berkeley n'en ont toujours autant rien à foutre, et continuent leur chemin dans leurs Doc Martens, n'en déplaise aux détracteurs ou à qui que ce soit. Cette insouciance se ressent tout au long de l'écoute d' Honor Is All We Know, et fait vraiment foutrement plaisir à entendre de la part d'un groupe qui existe depuis presque vingt-cinq ans. A coup sûr la belle surprise de l'année !


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