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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 24 février 2015
Sa note : 17/20

LINE UP

-Rikard Sjöblom
(chant+claviers)

-David Zackrisson
(guitares)

-Robert Hansen
(basse)

-Magnus Östgren
(batterie)

TRACKLIST

1) The One Inside Part 1 - Noise In The Background
2) Hold On
3) Comfort Zone
4) Can You See Me Now
5) King
6) The One Inside Part 2 - My Companion Throughout Life
7) Daughter/Whore
8) If We Must Be Apart (A Love Story Continued)
9) Ode To The Rock 'N' Roller

10) The One Inside Part 3 - Relief

DISCOGRAPHIE


Beardfish - +4626-COMFORTZONE
(2015) - rock prog - Label : Inside Out Music



Assez honteusement je l’avoue, je ne m’étais jamais lancé dans l’écoute de Beardfish ou alors d’une écoute très vague sans jamais accrocher. Et pourtant, je décidais avec ce dernier album, +4626-COMFORTZONE, de sauter le pas au vu de leur excellente réputation. Écoute distraite donc, histoire de voir si ça marcherait, si le groupe arriverait à me séduire, la fin de l’album, très prog, retint mon attention. Puis, je relançai le disque… lentement, mais sûrement la galette a su distiller son arôme, mélangeant progressif, passages rocks et mélodies finement ciselées. J’étais piégé.

+4626-COMFORTZONE c'est une ambiance savamment étudiée. Quelque chose de doux qui te rentre par les oreilles avec l'introduction "The One Inside Part 1", ses violons et son coté cinématographique plein de mélancolie, jusqu'à la secousse étonnante inattendue d' "Hold On", son rock tranquille, ses changements de tons en plein milieu de morceau grâce à la superbe voix de Rikard Sjöblom. Le disque commence de fort belle manière et n'est pas prêt de s'arrêter puisqu'il alternera tour à tour moments tristes et mélancoliques et passages plus enlevés, plus rocks. A ce petit jeu, la voix tantôt de conteur (l'impressionnante "Ode To The Rock'N'roller"), tantôt d'écorché vif ("Daughter/Whore", "King") de Sjöblom, saura nous convaincre que ce soit dans la longue et envoûtante "Comfort Zone" et son magnifique thème à la guitare ou encore la simple ballade "The One Inside part 2", tout en émotions avec une fin terriblement prog au mellotron. Et quand il veut un peu surprendre l'auditeur, il se met à faire des duels vocaux étonnants pour redonner un coup de fouet aux morceaux ("Hold On", "Comfort Zone"). Assurément, un bon chanteur.
Et s'il n'y avait que ça la galette serait déjà fort appétissante, mais les autres musiciens savent aussi mettre en valeur leurs instruments, notamment grâce à une production impeccable. La guitare de David Zackrisson sonne formidablement bien dans les moments les plus rocks, ainsi le démarrage de "Daughter/Whore", les passages plus progressifs d'"If We Must Be Apart", ou encore les incartades néo-classiques dans "Ode To The Rock'N'Roller". Bref, que vous soyez amateurs de moments un peu punchy ou de mélodies cotonneuses, le disque devrait vous séduire. D'autant que sur ce plan là, Rikard Sjöblom (encore lui !) s'en sort à merveille à l'image des ambiances qu'il crée dans "The One Inside part 2" ou "Comfort Zone", ou des moments de folies progressives pures sur l'intro d' "If We Must Be Apart". Il semble savoir tout faire. Pour autant, la basse et la batterie ne sont pas relayées au second plan avec quelques grooves en duo très sympathiques (le milieu de "Ode To The Rock'N'Roller"). Bref, tout porte à croire que les Suédois voulaient sonner comme un véritable groupe uni et cela se ressent bien dans ces morceaux relativement longs (huit minutes en moyenne).
Un groupe uni qui sait aussi proposer des moments inventifs comme la prog et théâtrale "If We Must Be Apart". Véritable montagne russe de sensations, le morceau se joue prog, puis conteur, pour déboucher sur des accélération subites et des passages instrumentaux de folie, servis par des chœurs grandiloquents (devenant dingue à partir de huit minutes), pour se terminer sur un rythme plus calme, comme une dernière respiration. Rien à redire, cette piste fait honneur aux ancêtres du rock progressif. D'ailleurs, en parlant de références aux groupes des années 70, voir du néo-progressif des années 80, Beardfish n'en manque pas et l'on reconnaît assez vite différents clins d’œil (dont une mélodie sur "Comfort Zone" qui fait furieusement penser à du Camel). Cela ne gâche en rien la qualité d'un d'un disque plutôt varié, possédant une certaine mélancolie comme fil conducteur. Le seul reproche que l'on pourrait faire aux Suédois serait la présence de deux morceaux (la courte "Can You See Me Now" et un "King" un peu hors-sujet), un peu plus faibles, mais pas de quoi ternir véritablement l'ensemble du tableau.

+4626-COMFORTZONE est tout à la fois : un hommage aux groupes de rock progressif des années 70 et 80, une plongée vers des morceaux aux couleurs variées où l’émotion se mêle à des morceaux plus rock, des trouvailles bienvenues et des envolées progressives tout en nuances que les amateurs du style ne peuvent renier. Les Suédois affirment une nouvelle fois leur statut de grand groupe actuel de rock progressif et on leur excusera bien un ou deux morceaux un peu moins bon en début d’album au vu de la qualité de l’ensemble. Un vrai disque de rock progressif à la fois sensible et intelligent !


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