6916

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mars 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-IK
(chant)

-MT.
(chant+guitare)

-Leshiyas
(guitare+basse)

-Skadilvari
(batterie)

TRACKLIST

1) Der Schmerz weckt
2) In Eos' Antlitz
3) Auf morgendlichen Pfaden
4) Abstieg in die Tiefe
5) Traum

DISCOGRAPHIE

Einkehr (2015)

Vivus Humare - Einkehr
(2015) - black metal - Label : Eisenwald



Pour vous présenter Vivus Humare, une rapide lecture du livret est révélatrice. L'album a été enregistré entre MMVII et MMXIII (n'espérez même pas que je vous rafraîchisse votre romain) soit six ans de dur labeur. On imagine un accouchement douloureux. Ensuite on regarde la papier, type vieux papier d'imprimerie bien épais et granuleux. Tradition donc. Puis un tour vers les paroles montre qu'on ne comprendra rien à moins de maîtriser la langue de Goethe. Aucune traduction, de la bonne vieille fierté nationale, ça fait du bien. C'est seulement gâché par le traditionnel descriptif de l'enregistrement, tout en anglais lui.

Vivus Humare est donc allemand, et plutôt traditionaliste au vu de ce qui vient d'être écrit. C'est partiellement vrai mais ce serait aller vite en besogne que de s'arrêter candidement à ce que nous venons de voir et lire. Six années de gestation montrent également un album, au choix, abouti ou casse-gueule. Cette durée est particulièrement longue et il est à noter qu'il s'agit d'un premier album. Et cela fait longtemps que l'Allemagne n'a pas pourvu le black metal pur d'une vraie révélation. Vivus Humare arriverait donc à point nommé pour combler cette lacune. Le premier titre confirme que c'est franchement bien parti. "Der Schmerz weckt" est une petite tuerie de black ultra froid, brumeux. Riffs vindicatifs, cisaillants, armés d'un blast cassant, rehaussé d'un son merveilleusement brut et sylvestre, cette introduction à l'univers du groupe fait mal et fait du bien.
On retrouve un black metal exceptionnellement pur et vif comme le froid qu'il génère. L'amateur du genre aura certainement envie de se laisser à entendre son cœur battre le rythme plus rapidement. Les palpitations que procure ce type d'atmosphères sont connues et épatantes quand on aime ça. Parlant d'Allemagne, on retrouve le Lantlôs du premier album ou un peu de Infestus également. Lantlôs surtout pour les riffs, le son, les incartades calmes, le chant en allemand et les cris au loin. Infestus pour le côté plus massif de certains riffs. Excellentes références qui savent laisser suffisamment d'espace à la personnalité de Vivus Humare pour s'exprimer. Car cette phalange s'exprime avec force et conviction et nous emporte sur son passage. Son petit plus : une basse par moments proéminente et de manière générale qui tisse une toile de fond superbe et audible.
Cette pluie de compliments saurait faire rougir le plus endurci des nihilistes, cependant on peut bien sûr trouver à redire à l’œuvre ci-présente. Son originalité n'est pas sa qualité première, le black metal ici pratiqué demeure très classique. C'est même pour ça qu'il en est si réjouissant ! La troupe a également tendance à trop user des ficelles du genre par moments, sauf qu'elle le fait bien. Seulement cela pourra en détourner certain. Pour le reste, il y a vraiment peu de place à la plainte. Là où un groupe pourrait se planter pour un premier album, Vivus Humare évite a priori les pièges par la durée et probablement la difficulté qu'il a eu à l'enregistrer et le sortir. L'équilibre global est bon, l'intensité est rarement prise en défaut et il y a une ligne directrice claire. Si on se laissait aller aux banalités d'usage, on dirait que l'album fait montre d'une belle maturité.


Un premier album dans la lignée du premier opus de Lantlôs tant sur le plan stylistique que de la qualité. On sait où Lantlôs est allé malheureusement, et c'est tout ce qu'on ne souhaite pas à Vivus Humare. On peut lui souhaiter plusieurs choses cependant : continuer sur sa lancée, ajouter un brin de folie stylistique et cracher ses tripes dans les compositions pour s'éviter certains passages trop faciles. Mais la base de départ est sacrément bonne.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4