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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mars 2015
Sa note : 12/20

LINE UP

-Pierre Minet
(guitare + basse + claviers + programmation batterie)

TRACKLIST

1) Riding the Octopus
2) Edge of consciousness
3) Prohibition
4) Coded dreams
5) The ritual

DISCOGRAPHIE


Squidhead - Prohibition (EP)
(2014) - melodeath instrumental et progressif - Label : Auto-production



Squidhead est le projet d’un seul homme, belge de surcroît, Pierre Minet, dit Pish. Il s’occupe de tout : guitare, basse, synthé, programmation de la batterie… Sauf le chant ! Voilà qui me parle, puisque je compose dans ma chambre, puis mon salon, depuis près de quinze ans... Ce premier EP, baptisé Prohibition est donc 100% instrumental. Mais cet effort est-il destiné à nous convaincre l’auditeur ou à pousser d’autres musiciens à rejoindre Pish dans son projet ?

Squidhead joue un death metal mélodique instrumental tirant sur le progressif. Il faut dire que les morceaux durent en moyenne cinq minutes, sans une seule seconde de chant. Seul "Coded Dream" (très réussi) ne dure que deux minutes, sachant qu’il est la respiration de l’EP : beaucoup plus doux. Le reste montre une musique pleine d’attaque et fournie en leads de haute volée. On retrouve beaucoup de parties mélodiques, souvent chargées en reverb'. Mais on est vraiment dans des leads plus que dans des solos. La musique est certes technique, mais elle n’est jamais un étalage de compétences, elle sert le morceau. Et finalement, on se dit que pour une musique progressive et instrumentale, on aurait aimé plus de parties solo, plutôt que des amoncellements de leads aériens, certes réussis, mais qui finissent par se ressembler un peu. Les riffs des rythmiques sont ainsi peu mis en valeur. On se retrouve ainsi avec une guitare très aérienne soutenu par une rythmique très grave et profonde. Il manque un peu de choses à se mettre sous les dents au milieu du spectre sonore. Cela n'enlève rien à l'efficacité des morceaux, mais on ressent une gêne au fur et à mesure des écoutes.
Le son de la galette n’est pas mauvais en soit, surtout vu la particularité de l’enregistrement. La batterie, bien que programmée, ne fonctionne pas si mal, même si elle fatigue immanquablement en fin de galette. Mais on pouvait s'attendre à pire. La rythmique est aussi beaucoup trop baveuse et manque de tranchant. Ça crache souvent. Il faut dire que ça joue bien grave (trop ?) aussi à ce niveau. Clairement, ce n’est pas ce qui est destiné à être mis en avant. Dans le spectre, les guitares leads font office de chant par leur omniprésence et leur position dans le mix. Malgré tous les morceaux sont accrocheurs et déroulent sans forcer. Mais on sent qu’il n’aurait pas fallu plus de cinq morceaux. Des efforts de variation sont faits avec quelques passages acoustiques ("Coded Dream", l’intro de "Ritual") ou à la basse ("Ritual", "Prohibition"). "Prohibition" apporte un souffle plein de groove et surprend à l’écoute après des morceaux plus conventionnels.


Prohibition est un bel effort. Vu la difficulté du challenge, il est plutôt réussi. Mais quelle est la place de l’auditeur ici ? L’EP ressemble avant tout à une carte de visite pour Pierre Minet, l’homme à tout faire. Espérons qu’il trouvera des compagnons de voyage, car sa musique possède suffisamment de points forts et d'accroche pour que l’on s’intéresse à elle. À suivre donc !


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