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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Stéphane Lorello
(chant+guitare)

-Christophe Dablin
(guitare)

-Romain Rivalan
(basse)

-François Combémorel
(batterie)

TRACKLIST

1)Meurfy
2)Nothing
3)Ayayay
4)My Memory is Woolly
5)Drugs
6)60 Floors to Learn How to Fly
7)Winky
8)Voices
9)N.L.T.H.
10)Yuholl
11)Sue Helen

DISCOGRAPHIE


Biocide - Le Syndrome de Meurfy





La loi de Murphy peut se résumer ainsi: à chances apparemment égales, c'est toujours la situation la plus problématique qui se produira. Une belle phrase pour expliquer qu'une tartine tombera toujours du côté de la confiture, quoi. Meurfy, le personnage central de ce concept-album, est lui-même assez mal engagé dans l'existence: il se prend pour un super-héros. Quand on se jette du soixantième étage d'une tour dans l'espoir de s'envoler, sur quel côté atterrit-on? Le groupe Biocide est en tout cas bien parti pour retomber sur ses pieds quoiqu'il leur arrive: Le Syndrome De Meurfy est une petite merveille de rock multi-influencé à tendance prog, partant fureter chez Pink Floyd comme chez Faith No More selon les moments, et porté par des musiciens extrêmement talentueux et inspirés.

Dès le premier titre "Meurfy" on sent qu'on n'a pas affaire à un groupe ordinaire. L'entrée des voix déjantées pourrait être du Carnival In Coal, puis le riff et le chant vocodé arrivent pour être immédiatement interrompus par le retour du premier plan, puis par un refrain dans lequel Stéphane Lorello chante d'une manière qui rappelle immanquablement Mike Patton… On se dit qu'on a levé un drôle de lapin. C'est extrêmement bien joué, bien composé, et totalement anti-conventionnel. Et l'impression ne va pas se ternir, car "Nothing", le titre suivant, est d'une douceur qui n'a d'égale que son originalité. La production suit sans souci ce changement d'atmosphère, comme elle suivra tous les autres du disques, fort nombreux. Biocide n'est pas un groupe métal, leur son est beaucoup plus proche du rock et il est parfait. J'ai rarement entendu une production autant adaptée à la musique d'un groupe, faisant ressortir clairement les instruments avec le bon son. Les riffs rock sont puissants dans être violents, les guitares acoustiques sont cristallines, et basse et batterie sont extrêmement bien mixées. Du tout bon.

La musique de Biocide joue sur l'énergie, le groove et la mélodie, ainsi qu'un sens de la complexité très développé. Développé, car Biocide possède ce don rare qu'est le sens de la compo entraînante et pourtant cérébrale. L'exécution instrumentale comme la construction des morceaux sont marquées au sceau du prog, mais les plans en eux-mêmes sont fluides, plaisants et extrêmement agréables, sans prise de tête perceptible. C'est du bonheur. Et chaque compo se démarque des autres… "Drugs" développe un sens de la mélodie ambient et bizarre que Radiohead ne renierait pas, alors que l'instrumental Winky -dans lequel Stéphane Lorello utilise sa voix comme instrument, tel un Nosfell- part dans le délire jazz de très haute volée. "My Memory Is Wooly", morceau de bravoure de plus de huit minutes, combine un riff en ostinato qui fleure bon Dream Theater (la violence en moins) à une partie de batterie tellement fine et virtuose qu'on à peine à croire qu'on l'entend vraiment. Les arpèges pop de "60 Floor To Learn How To Fly" sont absolument irrésistibles alors que "N.L.T.H" repart dans la fusion musclée… C'est réellement impressionnant de variété et de cohésion car chaque titre garde la "patte Biocide": on sait toujours où on est alors que la palette explorée est plus que vaste.


En résumé Biocide est plus qu'une bonne surprise, c'est une révélation. La maîtrise de ces petits gars, leur capacité à combiner jazz, prog, rock et groove, leur sens aigu de la composition, tout ça crée un album de haute volée. Le Syndrome De Meurfy fera craquer tout fan de prog qui se respecte et risque fort de plaire au fan de rock au sens large, tant accessibilité et finesse se lient ici. Cet album est un voyage, un opus qu'on s'enfile en entier sans jamais se lasser, qui transporte et qui donne envie d'appuyer à nouveau sur "play" dès qu'il est fini. Sans conteste l'un de mes meilleurs albums de l'année, et un groupe à découvrir de toute urgence. De futurs grands, du moins je l'espère.


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