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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Evan Seinfeld
(chant+basse)

-Billy Graziadei
(chant+guitare)

-Leo Curley
(guitare)

-Danny Schuler
(batterie)

TRACKLIST

1)Sellout
2)Uncivilization
3)Wide Awake
4)Get Away
5)Unified
6)Gone
7)Letter Go
8)Last Man Standing
9)HFFK
10)Domination
11)Trap
12)Plastic
13)Cross the Line

DISCOGRAPHIE


Biohazard - Uncivilization
(2001) - hardcore crossover metal/hardcore - Label : Steamhammer





Le destin a joué un drôle de tour à Biohazard: faisant partie des rares groupes de hardcore a avoir su innover et possédant une réelle identité, ils se sont bizarrement retrouvés sur la touche à la fin des années 90, en pleine époque de popularité du néo et du rap-metal. Trop hardcore et engagés pour la scène "mainstream", trop hip-hop pour les metalleux, depuis longtemps catalogués comme "vendus" chez les fans de hardcore, et surtout en pleine crise artistique après le départ du guitariste Bobby Hambel, le quatuor de Brooklyn tentera son dernier soubresaut artistique avec Uncivilization. Kyrielle d'invités et tentatives d'expérimentation sont au programme de ce disque en demi-teinte...

À la base, on retrouve les armes les plus classiques et efficaces de leur arsenal: gros riffs pour faire bouger la fosse, passages rappés et refrains soutenus par la chorale du Gladiator Bodybuilding Club de la 3ème Avenue, le tout au service de compos hargneuses. Mais après un New World Disorder un peu trop linéaire, on sent que Biohazard essaye de se diversifier et d'être en phase avec son temps: production absolument énorme, des effets inédits sur que les guitares et les voix, quelques touches sporadiques d'électronique et un retour de l'alternance entre accélérations punk et riffs plus plombés qui avait fait les moments forts de Mata Leão. Ce qui surprend véritablement, c'est l'ambiance générale très sombre et pesante, en phase avec cet artwork à dominante noir et blanc: une abondance de passages aux limites du sludge, durant lesquels les voix saturées de Billy et Evan font durer leurs hurlements déchirants. Biohazard n'a pas trop le moral, et ça s'entend.

On a beaucoup reproché à Uncivilization un manque d'homogénéité et d'identité, qui serait dû à l'abondance d'invités (sept titres sur treize), mais d'après votre humble serviteur, le problème est un peu ailleurs. Seuls Roger Miret d'Agnostic Front (sur "Unified") et Sen-Dog de Cypress Hill (sur "Last Man Standing") détonent vraiment dans l'ensemble; leurs participations sont efficaces, mais servent des compositions trop dynamiques, déphasées par rapport au reste de l'album. Les membres de Sepultura (Igor Cavalera sur "Gone", Andreas Kisser et Derrick Green sur "Trap") sont, eux, presque transparents, alors que Phil Anselmo ("H.F.F.K."), Jamie Jasta et Slipknot ("Domination") contribuent parfaitement à l'atmosphère quasi apocalyptique du disque. Le cas de Peter Steele est un peu mitigé, car même si l'introduction de "Cross The Line" semble sortir tout droit d'un disque de Type O Negative, le reste du morceau constitue une conclusion du meilleur effet.


Le véritable défaut d'Uncivilization, c'est que le groupe se lance sur un terrain qu'il a encore trop peu exploré et où il semble avancer à tâtons. Quelques transitions foireuses, des riffs manquant de personnalité et d'impact, ainsi que des passages à l'interprétation que l'on sent un peu trop forcée viennent hélas gâcher ce qui aurait pu être un très bon album. On aurait aimé parler alors de disque de transition, d'étape vers une nouvelle identité, mais non, Biohazard jugera ensuite approprié de faire machine arrière en sortant un Kill Or Be Killed trop cru, peu inspiré et bas du front. Quel gâchis.


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