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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Stefano Fiori
(chant)

-Lukas Flarer
(guitare)

-Harry Klenk
(basse)

-Sabine Mair
(claviers)

-Moritz Neuner
(batterie)

-Eric Righi
(guitare)

TRACKLIST

1)I - The Machine
2)(N)Utopia
3)Hateful Design
4)Never Enough
5)Timeless
6)Which Way
7)Deep Inside
8)Outside Down
9)MCMXCII

DISCOGRAPHIE


Graveworm - (N)Utopia



Depuis quelques albums Graveworm semble s’imposer comme une valeur sûre de la scène black/dark metal mélodique. As The Angels Reach The Beauty (1999), Scourge Of Malice (2001) et Engraved In Black (2003) se sont fait assez remarquer dans ce vaste monde. Seulement un an et demi après, poursuivant l’inépuisable logique de production des grosses maisons de disques, (N)Utopia débarque avec un penchant prononcé pour les atmosphères plus dark et plus lentes… Pas de soucis majeurs, même si certains risquent de s’ennuyer un peu.

Quelques mois avant, Engraved In Black restait tout de même dans une veine black metal, parfois proche des old Mystic Circle ou Catamenia. Sans tout mettre de coté et en gardant un niveau de production équivalent, (N)Utopia offre moins de moments bruts et part dans une recherche plus atmosphérique et sensible. Les mid-tempos sont de rigueur, et ce qui fait finalement la puissance de la musique, ce sont les rythmiques écrasantes et persuasives. Il n’est pas interdit de penser avec les écoutes à la logique musicale de Crematory. Les vocaux alternés black/death de Stefano appuient cette impression.

(N)Utopia s’écoute tout seul, sans accroc et sans surprise au final. Déjà parce que la recette nous est servie depuis un bon moment déjà, et aussi parce qu’au sein même de l’album, il faut avoir plusieurs écoutes au compteur pour réellement distinguer des grands hymnes. Quelques titres apportent une touche particulière et personnelle cependant comme "Which Way", avec de bons ralentissements dark et proche de ce que Graveworm nous offre d’habitude, ou encore "MCMXCCII" intense et evil. Tout au long de l’album les claviers sont le soutien mélodique sans lequel Graveworm ne serait pas Graveworm. Ils apportent sur (N)Utopia une touche plus mystique et posée qu’auparavant, insufflant aux atmosphères une certaine inquiétude et une noblesse agréable à écouter. Assez facile donc de fermer les yeux et de se croire ailleurs. Les claviers et jeux de voix sur "MCMXCCII" confèrent à ce titre une ambiance particulière, très bonne pour une fin d’album, qui se veut finalement assez court (trente-neuf minutes).

Pour revenir sur la production, Andy Classen (Die Apokalyptischen Reiter, Dew-Scented, Disbelief, Final Breath) au German Stage One Studios donne sa patte et fait un assez bon boulot, proche des précédentes réalisations, avec cependant une batterie sonnant plus "old", donc plus chaude et expressive. Bon point. Cela aide les titres comme "Hateful Design", assez rentre-dedans voire thrash. Les riffs accrocheurs rythment la composition de manière compulsive et assez sombre. Un bon titre qu’il faut savoir apprécier, ce qui n’est pas le cas de l’éponyme "(N)Utopia", plutôt banal et sans réelle saveur. Les parties rythmiques/claviers se suivent et se ressemblent, et le mid-tempo maladif du début à la fin sent l’ennui.

Plus gothique et travaillé, "Timeless" est un titre intéressant en ce qu’il a de tension retenue et de recherche expressive. Le chant est ici plus graveleux, perdu dans un infini d’effets d’écho et de sustain. Les parties plus black metal sont aussi bien vues et amènent des lignes mélodiques cohérentes.


Finalement, (N)Utopia reste sympa à écouter, de bons moments en perspectives sans avoir le cerveau martelé par une violence exagérée. Mais Graveworm enchaîne les albums comme certains les petites copines et tout cela aurait parfois besoin d’un peu de décantation, histoire de sortir le jus qui est réellement bon.


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