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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Eric Righi
(guitare)

-Stefan Fiori
(chant)

-Harry Klenk
(basse)

-Thomas “Stirz” Orgler (guitare)

-Sabine Mair
(clavier)

-Martin Innerbichler
(batterie)

TRACKLIST

1)Reflections
2)Bloodwork
3)Touch of Hate
4)Suicide Code
5)The Day I Die
6)Fragile Side
7)I Need a Hero
8)Out of Clouds
9)Scars of Sorrow
10)Memories

DISCOGRAPHIE


Graveworm - Collateral Defect



Voilà, cela devait arriver. Je dois chroniquer un groupe qui a pondu cinq albums pendant ma période de disparition dans le Warp. Pourtant, de Graveworm, d'aucuns diraient que c'est incontournable. J'ai cru de plus comprendre que d'autres sèment que Collateral Defect est loin de ses ainés, et qu'il poursuit la chute entamée avec (N)Utopia. Je veux bien les croire, sauf que ma méconnaissance du combo, ajoutée à ma non volonté de me rencarder sur les précédents, et ce d'autant moins que les « c'était mieux avant » fleurissent de toutes parts, assaisonnée à un manque de temps criard doublé d'une flemme de recherche bibliographie sans commune mesure, et vous comprendrez aisément que j'ai une envie démentielle de me contenter de critiquer ce que j'ai dans les oreilles à cet instant précis. Et entre nous, ne serait-ce pas également une méthode acceptable, voire impartiale?

Et entre nous, ne le dites à personne, mais j'ai dans les oreilles un truc qui me botte bien. Le son est puissant et clair, les passages mélancoliques sont à la hauteur et vocalement, il faut se pencher lourdement pour trouver une faille. Stefan Fiori prouve que j'ai toujours eu raison de penser qu'un Fiori savait growler. Bon OK, ce n'est pas celui auquel je pensais, et au final tant mieux, car je n'étais pas sûr de la qualité du résultat avec le corse, surtout en voix black. Alors que Stefan assure dans tous les registres, même en clair. Les enchaînements de voix death tendance grasse et black font merveille ("Out Of Clouds"...) et arrivent à donner une ambiance particulière à chacun des titres ou les deux timbres se complètent. Le duo de voix n'est certes pas un fait rarissime, mais souvent l'une est bien moins intéressante que la seconde, ce qui n'est absolument pas le cas ici. Bref, premier bon point, la crédibilité vocale.

Second bon point, la mélodie. Point au combien important dans le genre black symphonique à tendance dark gothique (oui c'est très pédant, mais j'aime bien). La réussite n'est pas totale sur le sujet, car malgré les quelques titres très bien ficelés et ultra catchy (voir dans la case titres qui tuent...), l'ensemble n'est pas exceptionnel comme pouvait le laisser penser l'entrée en matière de l'opus. Cela frôle même une fois le ridicule avec la reprise de Bonnie Tyler "I Need A Hero" que personnellement je trouve ratée...et anachronique. Mais bon, je veux bien supporter ce type d'échec si j'ai en contre partie quelques "Bloodwork"...

Troisième bon point, le placement des titres. Commencer par une intro instrumentale type électro-indus aux relents tribaux histoire de s'ouvrir l'esprit en se demandant où l'on a bien pu mettre les pieds (intro prénommée "Reflections" à juste titre par ailleurs), enchaîner avec la bombe atomique de l'album "Bloodwork" à laquelle personnellement j'ai complètement accroché directement et durablement (mais vous savez tous que je suis une midinette scatologique), puis émailler le reste de titres moyens-bons ("Out Of Clouds") relevés par d'autres plus raffinés ("The Day I Die", "Fragile Side"), et enfin terminer par une outro apaisée relève d'une intelligence commerciale certaine doublé d'un sens de l'équilibre quasi parfait. En plus, pour finir de m'amadouer, s'est glissée "Scars Of Sorrows" à l'inspiration Edge of Sanity : il n'en fallait pas plus pour attirer mon attention que de rendre hommage à la bande à Swanö, qui plus est de manière relativement personnelle.


La conclusion de cette écoute attentive est que je reste sur une impression plutôt positive, simplement parce que j'ai aimé ce que j'ai ressenti de l'album. Certes je ne peux jauger Collateral Defect par rapport à ses ainés, et au final je m'en fous assez royalement. Soyez épicurien et délectez-vous simplement d'une musique intéressante de très bonne qualité et à la production réussie, si tant est bien entendu que vous soyez sensible au genre. Si vous vous accrochez désespérément à un passé qu'on dit plus glorieux, vous êtes perdus pour la cause Graveworm. Dommage pour vous...


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