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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-Max Count Farmer
(chant+guitare)

-Bill Salisbury
(guitare)

-Danny Duster
(basse)

-Marco Piermattei
(batterie)

TRACKLIST

1)Dead On Wheels
2)Jack Knife Rendezvous
3)Wasted Times
4)Under The Hammer
5)Bleed For My String
6)Dust Is Rising
7)Continental King
8)Out For Blood
9)Burning Glass
10)Ten Feet High
11)Witch Of Death
12)Bigger Than Ever

DISCOGRAPHIE


Dustsucker - Jack Knife Rendezvous
(2006) - hard rock rock & roll - Label : LMP



À première vue Dustsucker semble être un des ces innombrables groupes sympathiques de hard-rock graisseux sans prise de tête qui perpétuent l'héritage de Motörhead : imagerie old-school, bruit de moteur en ouverture d'album, titres de chansons très parlants ("Dead On Wheels", "Dust Is Rising", "Witch Of Death"...), chanteur visiblement élevé au Jack Daniels et aux Gitanes Maïs... On croit avoir vite fait le tour d'un « groupe de gros rock de plus », et pourtant ce Jack Knife Rendezvous qui pioche dans le métal au sens large mérite qu'on s'y attarde un peu plus longuement.

Il est vrai que les deux premiers titres de l'album sont peu représentatifs tant ils sonnent Motörhead, ce mélange de hard-rock un peu bluesy et tirant parfois sur le punk étant à jamais marqué du sceau de la bande à Lemmy. Ou du moins on pourrait le croire : un micro-break dans le deuxième titre "Jack Knife Rendezvous" annonce déjà un peu la couleur. Un rythme de batterie assez martial, un riff qui dure deux secondes et hop! On se retrouve catapulté dans le heavy-metal râpeux tel que le pratiquait Maiden durant l'ère Di'Anno. Et cette tendance va en s'intensifiant de chansons en chanson : les Dustsucker aiment Motörhead, mais ils adorent littéralement l'album Killers (et on les comprend). Le groupe rend donc hommage aux deux courants de manière égale, et la mixture du tout s'avère agréable voire inspirée par moments.

Ne nous emballons pas non plus : cet album est totalement tourné vers le passé et ne fait preuve d'aucune réelle originalité. Tous les plans de guitares ont déjà été joués durant les années 80 et l'amateur d'innovation passera en conséquence très vite son chemin. Mais le tout est frais, catchy, et surtout le mariage Motörhead / vieux Maiden fonctionne merveilleusement. La manière dont les guitares balancent des chorus et des soli typiquement Dave Murray entre tel ou tel riff de biker sentant l'huile de vidange fait son petit effet, et surtout l'équilibre est souvent bien pensé. "Under The Hammer" symbolise très bien cette symbiose entre les deux feelings, et c'est dans cet exercice que Dustsucker réussit à accrocher l'oreille de l'auditeur car on sent d'un seul coup une intention artistique chez un groupe qui ne semblait pas réellement en posséder. Et ça marche!

Par contre la part de rock 'n roll reste trop présente dans beaucoup de titres : autant le groupe sait être intéressant quand il joue au patchwork, autant sa musique ne présente plus beaucoup d'intérêt quand la part de heavy-metal est réduite à une portion congrue. Les titres de pur hard-rock sonnent comme du Motörhead au rabais et n'ont donc pas grand-chose pour eux, on a l'impression de les avoir déjà entendus des milliers de fois mieux joués par d'autres. Et on ne compte aucun titre purement heavy-metal, signe que les influences au sein du groupe ne sont pas traitées à égalité. Sympathique pour son côté direct et sans chichis, très efficace quand elle ressuscite le fantôme de Killers (le meilleur album de la Vierge de Fer pour beaucoup) mais plate quand elle ne le fait pas, la musique de Dustsucker saura vous divertir sans souci mais n'en attendez rien d'autre.




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