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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Done Anker
(chant)

-Baptiste
(guitare)

-Erwan
(guitare)

-Julian SX
(claviers)

-Tamao
(basse)

-Stikine
(batterie)

TRACKLIST

1)La fin des prières
2)Légende vivante
3)L'arène
4)Fidèle
5)Tu fais simple
6)Je suis la foule
7)Confidence
8)On est vrai
9)J'en suis sûr
10)Eblouis-moi
11)Presque parfaite
12)Mes anciens inconnus

DISCOGRAPHIE

Eblouis-moi (2006)

Anker, Done - Eblouis-moi
(2006) - pop rock - Label : Sergeant Major



Si au premier abord, on pourrait avoir peur de tous ces « nouveaux artistes français » qui pullulent et nous livrent leurs chansons minables à coups de piano pseudo-jazz rétrograde et d’atmosphère chansonnière du siècle passé, certains groupes arrivent à donner, si ce n’est du génie, une fraîcheur et une énergie dans le paysage audio-morne français. Done Anker fait partie de ceux-là, principalement par une force pop/rock à guitares acérées qui n’est pas pour déplaire.

Les mélodies de "Presque parfaite" sont comme son nom l’indique : plus pop tu meurs. Mais là où ça rate par trop plein d’orgueil, chez au hasard, Dionysos, chez Done Anker ça donne un joli cachet. C’est du déjà-vu dans la conception, mais ça sonne sans tâche à l’écoute. Pareil pour un titre comme "Je suis la foule", qui permet une alchimie sensible et révèle autant les capacités des musiciens que la sensibilité du chanteur. Si on soupçonne parfois une attitude un poil trop calculatrice ("L’Arène"), Done Anker ne nous fait pas oublier qu’il est maître à bord, qu’il compose, écrit et enregistre la totalité de son œuvre. Il part du bon pied. "J’en suis sûr" et "Fidèle" rappellent quant à elles de vieux groupes de rock, légèrement acides mais qui ne brûlent pas les morceaux. Interprétation maniée avec brio, belle montée en puissance durant les couplets et climax organique pour les refrains (l’outro de "Fidèle" notamment, avec son association guitares-claviers est du plus bel effet). La sauce prend, elle ne révolutionne pas grand-chose mais fait preuve de suffisamment de maîtrise pour rentrer dans les morceaux sans complexe, pour partager ce qu’il faut de pop avec ce qu’il faut de rock.

Mais à l’inverse, le groupe explore également des phases douces, avec davantage de demi-mesures, comme dans "On est vrai" ou "Mes anciens inconnus", et si l’exercice est plus périlleux et nous amène des morceaux moins originaux, c’est surtout la voix qui déçoit. Done Anker semble encore assez à l’aise dans "Mes anciens inconnus", mais sur "On est vrai" il montre quelques signes de faiblesse que l’âge et la pratique arriveront probablement à gommer d’ici quelques expériences supplémentaires. Côté purement instrumental, il faut reconnaître la production et les arrangements sans faille. Aucun instrument ne passe à l’as et tous les musiciens assurent leur job, de la basse très écoutable (rare dans le pop/rock) à la batterie influencée par des sphères plus « dures » que de la chanson. Les guitares se taillent une part de lion, et le mixage permet de les mettre en valeur sans pour autant les « hard-iser » par simple démonstration.

Les textes sont pour la plupart très bien léchés, même si certains titres ("Tu fais simple", "Eblouis-moi") sentent encore une légère immaturité, comblée cela-dit par une fougue séduisante. Passant du surréalisme à l’émotif, sans jamais tomber dans l’horrible travers du «poète du quotidien» tellement cher aux chanteurs français, pissant des absurdités psychomélo sur des thèmes aussi minables que, par exemple, une fille qui habiterait chez moi. Done Anker sait rester dans une ligne qui marche, avec ce qu’il faut d’accent (attention aux chutes dans l’Axel Bauer par moment). Si la suite de Done Anker vient à confirmer les attentes, il y a des chances que le jeune homme fasse parler de lui dans un futur proche. Arrivant à donner un sens intelligent au terme pop/rock, avec ce qu’il faut d’electro et de noisy. Le mélange prend rapidement, facilement, et un brin de travail en plus (notamment de la spontanéité, on sent la recette légèrement apprêtée) pourrait bien donner à ce groupe une carrière sans dents de scie. A voir…




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