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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Jorn Lande
(chant)

-Tore Ostby
(guitare)

-Randy Coven
(basse)

-Mats Olausson
(claviers)

-John Macaluso
(batterie)

TRACKLIST

1)Heal The Waters
2)Torn
3)Burn The Sun
4)Resurrection
5)Absolute Zero
6)Just A Little
7)Waking Hour
8)Noose
9)Feed The Fire
10)I Bleed
11)Missing You

DISCOGRAPHIE

Burn The Sun (2004)

Ark - Burn The Sun



Le voilà l'album qui était censé révolutionner la planète metal. Le premier album d'Ark avait apporté beaucoup de fraîcheur à une scène metal encombrée de productions stéréotypées ! Inutile de dire que ce deuxième volet était attendu comme le messie. Alors, Burn The Sun tient-il toutes ses promesses ? Tout dépend de quel point de vue on se place.

C'est sûr que l'amateur de heavy speed va s'empresser de crier au génie puisque Burn The Sun est beaucoup plus inventif que la majorité des groupes qu'il écoute. Pour le progeux de base, Burn The Sun ne sera qu'un feu de paille; les sonorités commerciales de ce deuxième album ne l'emballeront pas outre mesure. Alors que le premier s'étirait volontiers dans de longues parties instrumentales, Burn The Sun se concentre davantage sur un aspect "chansons" avec des refrains aisément mémorisables. Bénéficiant d'une production nickel à l'inverse du premier album qui n'était en fait qu'une démo, Ark a toutes les cartes en main pour s'imposer comme la nouvelle référence du metal prog. Bien soutenu en France par NTS et toute la presse entièrement acquise à sa cause, Burn The Sun rencontrera un joli succès (idem pour les concerts français). La simplification des morceaux ne se fait pourtant pas à leur avantage. Certains titres en deviennent presque communs comme "Burn The Sun" qui fait un peu penser à du Dream Theater au niveau des guitares, "Feed The Fire" (et ses paroles un brin ridicules) et "Noose". De belles mélodies sur les refrains mais rien d'exceptionnel ou de particulièrement original, on reste dans du metal prog classique.

Techniquement, pas de problème, ça joue ! Ce sont les mêmes musiciens que ceux qui accompagnaient Yngwie Malmsteen en tournée (mais ils se sont tous fait virés à cause d'une embrouille avec Jorn Lande). Le batteur John Macaluso est remarquable de fluidité, Jorn Lande en fait des tonnes et n'hésite pas à nous montrer à quel point il a une belle voix. D'ailleurs, il en fait un peu trop et certains de ses hurlements sont difficilement supportables. Il n'est plus autant dans le trip David Coverdale que sur l' album Ark. Bien que Jorn Lande soit plus technique, il est encore loin d'atteindre la classe de son maître spirituel, lequel dégage bien plus d'émotions à mon avis, sans forcer (sur son dernier album solo, Into The Light sorti en 2000). Quant à Tore Ostby, certaines de ses rythmiques heavy sont assez faibles et sonnent creux. Il n'est pas un technicien aussi remarquable qu'il en a l'air. Et les claviers n'occupent pas vraiment un rôle prédominant ici, comme c'est souvent le cas dans le metal prog. Ils sont en retrait, pas de solos clichesques ce qui est plutôt appréciable. Ils sont utilisés à bon escient comme sur la belle ballade "Missing You" qui vaut surtout pour ses solos de guitare aériens. Mais les nappes de claviers, surtout présentes pendant les refrains, contribuent à renforcer les sonorités "grand public" de ce disque.


C'est surtout le groove latin et des trouvailles intéressantes qui permettent de distinguer Burn The Sun de la masse. Le chant à la Björk sur "Absolute Zero" est un des moments forts du disque, accompagné d'une batterie millimétrique façon jungle d'une basse lancinante (écoutez moi cette intro), on avait tout pour tenir une bombe ! Dommage que le refrain retombe dans ces travers convenus. Idem pour "Just A Little" et ses guitares flamenco, c'était bien trouvé mais ça n'égale pas "The Huntchback Of Notre Dame" de l'album précédent. La progressivité qui rend un album progressif (ça c'est de la phrase) n'est pas tout à fait respecté, c'est pour ça que Burn The Sun est décevant par rapport à l'excellent premier album. Sa principale qualité est la technicité toujours au service des morceaux, avec des mélodies entêtantes ("Waking Hour", "Resurrection"). Mais ça ne suffit pas à en faire un grand album, Yngwie Malmsteen avait (une fois de plus) raison à leur sujet.


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