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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Holzfeuer
(chant)

-Vielmehr Klampfe
(guitare)

-Inzo Der Barrakuda
(guitare)

-Toten Adler
(basse)

-Der Wölf
(basse)

-Gellend Adler
(batterie)

TRACKLIST

1)Arno Intro
2)Predator
3)True Lies
4)Total Recall
5)Commando
6)Collateral Damage
7)End of Days
8)Sixth Day
9)Running Man
10)Raw Deal
11)Eraser
12)Crom (Strong On His Mountain)
13)Wheel of Pain
14)Terminator
15)Last Action Hero

DISCOGRAPHIE


Arnocorps - The Greatest Band Of All Time
(2006) - hardcore punk - Label : Anticulture



Tiens, un groupe à la con, ça faisait longtemps! ArnoCorps se présente à l'auditeur dans la première page du livret de son album comme « jamais en manque d'inspiration quand il s'agit des textes des ses chansons, basés sur d'anciennes mythologies et des questions existentielles et philosophiques » et nous offre cet album stupide basé sur la filmographie d'Arnold Schwarzenegger. Oui, vous avez bien lu: chaque chanson ici est inspirée d'un film de Governator et plaque sur des textes d'une rare (et totalement volontaire) stupidité un métal-punk gras à deux basses. Typiquement le genre de démarche qui me réjouit.

Oui, donc, il y a deux basses dans ce groupe, c'est original. Et imaginez-vous qu'elles sont vraiment exploitées en plus: alors qu'une basse assure son rôle normal dans les graves l'autre fait de petites mélodies dans les aigus, des thèmes "lead" qui auraient été normalement assurées par une guitare dans n'importe quel autre groupe. Mais on est chez ArnoCorps, le plus grand groupe de l'Histoire, créfieu! Chez ArnoCorps les guitares se contentent de balancer des riffs rythmiques les trois quarts du temps, et des riffs du genre lourd et mid-tempo punkoïde de surcroît. Et il y a le cas Holzfeuer, ce chanteur qui plus que tout autre membre du groupe ancre la musique dans le punk à bières et à chiens. C'est du beuglement version fâché de base, une voix saturée qui n'a rien à voir avec un quelconque growl technique de black, death ou hardcore. Mais le punk s'exprime par bien d'autre biais: le deuxième titre "True Lies" est carrément ancré dans le oï, accords simplistes et chœurs compris, et ce n'est pas le seul.

"True Lies" arrive sur l'album après "Predator" et avant "Total Recall" : vous avez je pense compris la démarche maintenant. Les paroles de chaque titre s'inspirent ainsi d'un film précis de Schwarzie et se mettent le plus souvent dans la peau du personnage principal, soit pour résumer l'intrigue (mouarf) soit pour carrément balancer des répliques du bel Arnold ou d'un autre personnage du film en question. Fruit d'un sens très particulier et hermétique du culte, ces paroles sont donc d'une stupidité abyssale et sont très amusantes à lire. Quelques exemples:

«Get your ass, get your ass to Mars!»
(refrain de "Total Recall")
«You killed my father! Big mistake! To be or not to be? Not to be!»
("Last Action Hero")
«Stop screwing around! Let the girl go! Throw it away! Chickenshit gun!»
("Commando")
«Your clothes, give them to me! Fuck you, asshole!»
("Terminator")

C'est donc du bonheur d'humour débile, tout ce qu'il faut pour contenter l'auditeur moyen amateur de Cobra, Didier Super ou autre crétinerie. Et le plus amusant dans tout ça, c'est que sans être super inspiré ou innovant cet album d'ArnoCorps a une certaine tendance à s'incruster dans le cerveau. Les chansons sont relativement variées, et même si la seconde basse crée un certain fouillis auditif on finit par s'apercevoir qu'elle apporte vraiment quelque chose au tout. Les petites mélodies évoquées plus haut deviennent rapidement addictives et une fois un titre écouté on le reconnaît immédiatement à l'écoute suivante.


Loin devant d'autres joke bands qui laissent de côté toute ambition musicale pour se contenter de donner dans la grosse blague, ArnoCorps a pondu un album que l'on peut réécouter et dont le feeling graisseux et totalement dépourvu de prise de tête est assez réjouissant au final. Ajoutez à ça qu'aucune chanson n'est ratée sur l'album et que certains enchaînements et breaks surprennent carrément –les éléments folk de "Crom", wow!- et vous obtenez un très chouette divertissement. Voué à l'oubli mais déjà culte (ce qui est presque synonyme), The Greatest Band Of All Time est recommandé à tous les amateurs d'humour stupide et de punk entraînant, ils se feront très plaisir. Une bonne surprise!


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