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CHRONIQUE PAR ...

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Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 19/20

LINE UP

-Mike Vennart
(chant+guitare)

-Steve Durose
(chant+claviers)

-Gambler
(guitare)

-Jon Ellis
(basse)

-Mark Herrin
(batterie)

TRACKLIST

1)I Am The Morning
2)Catalyst
3)One Day All This Could Be Yours
4)Massive Bereavement
5)Rinsed
6)You Wish
7)Remember Where You Are
8)Amputee
9)Unravel
10)Women Who Love Men Who Love Drugs
11)Saturday Morning Breakfast Show
12)Long Forgotten

DISCOGRAPHIE


Oceansize - Effloresce
(2003) - rock prog pop rock - Label : Beggars Banquet



"Oceansize est ce que l'Angleterre a produit de mieux dans le milieu du rock depuis trente ans". Cette citation d'un journaliste anglais se révèle juste. En effet, le groupe, venu de Manchester et inconnu jusqu'ici, va certainement percer d'une bien belle manière avec Effloresce, leur premier album. Signant un rock aux accents progressifs, à la fois subtil, mesuré et puissant, cet album nous propose une traversée, assez difficile d'accès, mais payante au bout d'un long chemin à la fois clair et tortueux, à la limite de ce que proposent des groupes tels que Porcupine Tree, Pink Floyd, Tool et même Deftones (si, si).

Effloresce brasse en effet pas mal d'influences, sans en revendiquer une seule cependant. Pour éviter l'écueil? Pour éviter les critiques? De toute façon, tout est original ici. Du son (bien particulier, il faut ouvrir les deux oreilles pour remarquer un mixage subtil et unique, qui se remarque surtout casque aux oreilles) aux compositions, en passant par le résultat final. Il suffit d'écouter "Massive Bereavement" pour s'en convaincre: ce morceau regroupe toutes les facettes du groupe (et il y en a!). Débutant calmement, sur un faux air atmosphérique, lancinant, inquiétant à la Tool ("Ticks And Leeches"), le chanteur nous fendant d'un contre-pied magistral en installant une voix faussement douce, quasiment sussurée/parlée, il se poursuit sous une pluie de manifestations stridentes venues d'un autre monde... pour mieux vous achever sous un torrent de guitares saturées et une voix à la limite du hurlement! S'il y a un morceau à écouter pour se fonder une opinion du potentiel d'Oceansize, c'est celui-ci.

Le mot d'ordre: imprévisible. Autant pour les incessantes variations de voix du chanteur, que pour le large spectre sonore des guitares, ici psychotiques au possible et véritables stars de cet album. L'enchevêtrement des trois guitares offre un rendu extraordinaire. Bref, un sentiment étrange vous envahit à l'écoute de ce disque vraiment hypnotique. Hypnotique dans le sens où une atmosphère formidable (vraiment!) s'installe au fur et à mesure de l'avancée du disque, qui passe par toutes les configurations. De l'instrumental d'introduction et de transition ("I Am The Morning", "Rinsed", "Unravel") parfaitement amené et complètement utile, au progressif bien épais, quasi épileptique, quasi mystique, voire mythique ("Massive Bereavement", "Women Who Love Men Who Love Drugs", "Saturday Morning Breakfast Show"), au morceau calibré pour la sortie single ("One Day All This Could Be Yours", le très metalléen "You Wish", au refrain diablement prenant), en passant par quelques morceaux que n'aurait pas renié Steven Wilson ("Catalyst", "Amputee", et "Long Forgotten", le morceau le plus "émotionnel" du disque) .

Bref, rien n'est anecdotique sur ce disque. C'est simple, pas un morceau n'est à jeter! Tout est imprévisible, bienvenu, l'auditeur est constamment surpris par l'extraordinaire variété des morceaux, par la constante qualité des compositions et le foisonnement d'idées musicales mises en jeu. Ce disque sent bon la créativité et l'inventivité, l'équilibre entre atmosphère (LE gros point fort) et violence. Que de positif, de plus pour un premier album! De nouvelles limites ont été franchies, comme quoi il existe encore des groupes capables de créer.


Effloresce est un signe des temps, une révélation. Une seule écoute et vous êtes pris dans une spirale infernale. Intrigué, d'abord. Surpris par tant de spiritualité, ensuite. Complètement acquis à la cause de cette musique, enfin. Il se dégage de cet album une énergie et une sérénité rares par les temps qui courent. Salvateur, le mot est lâché.


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