Hellfest 2018


Hellfest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 22 juin 2018
Jour 2 : 23 juin 2018
Jour 3 : 24 juin 2018

REPORTS DU JOUR



GALLERY

Un grand merci tout particulier aux photographes qui nous ont également largement dépanné en photos:

Nidhal Marzouk pour La Grosse Radio Metal

Leonor Ananké pour Hard Force

Toute reproduction interdite sans autorisation écrite des photographes.

 


Jour 3 :24 juin 2018




Crisix (ALTAR - 11h40)
Enfin le voilà ! L'un des groupes les plus attendus du weekend par votre serviteur. Les groupes de « old thrash revival vintage never dead » fleurissent depuis quelques années et le festival accueille avec succès les groupe dont les prestations sont toujours de bons moments. Après Angelus Apatrida, Dust Bolt etc, c'est au tour des Espagnols de Crisix de balancer le mosh (re)découvert. Passons rapidement sur le grand back drop noir et blanc sponsorisé par la boisson énergisante qui n'a même pas pris la peine de prendre ses crayons de couleurs en laissant la lettrine noir et blanc. Celui-ci a du être proposé au groupe peut être pour qu'il le colorie lui même ?  M'enfin, Altar est bien remplie et le groupe semble au fil des LP récolter le fruit de son travail et de sa réputation scénique. Les concerts de Crisix traînant avec eux une réputation de grosse énergie et d'ultra bonne humeur reluquant sur les années Anthrax qui moshait à qui mieux mieux. C'est d'ailleurs "ASFH" qui est proposé en lancement. Et dés les premières mesures on découvre un collectif très bien en place et maîtrisant parfaitement son registre musical et scénique. La setlist est monstrueuse, mettant en avant uniquement les titres les plus académiques du genre pratiqués:  "The Great Metal Motherfucker" ;""Agents of M.O.S.H" et le récent "Get Out of My head" au clip promotionnel très drôle. Le pit ne cessera jamais durant le récital du combo de lancer circle pits, walls of death, quelques slams timides tant les pogos sont nombreux et dynamiques laissant peu de place aux quelques zozos pas foutus de se lancer "à l'ancienne" sans les porte-péquins qui fleurissent sur les mainstages. Le son est bien équilibré même sur les riffings les plus rapides malgré quelques bouillies inévitables dans ces moments-là. Mais le spectacle total n'aura lieu qu'au moment où les membres du quintet changent de place: le chanteur devient guitariste, le bassiste chanteur avec le deuxième gratteux tandis que son confrère s'installe derrière les fûts (tout le monde suit ?) . Chacun prend ses marques sur un petit riff de "Smooth Criminal" et c'est parti sur un incroyable pot pas du tout pourri où s’enchaîneront "Fight For Your Right" des Beasties Boys, un "Got the Time" façon Anthrax reprenant Joe Jackson, un petit interlude « Master, Master » avant de rendre hommage aux "frères Pantera" avec quelques mesures de "Walk" pour finir sur la coda monstrueuse de "Killing In The Name" et un "Hit The Lights" digne d'un concert au Pub un soir de 1983 à San Francisco. Histoire d'enfoncer définitivement le clou du spectacle, le groupe finira avec "Ultra Thrash", dans la fosse avec le public, lançant un circle pit poussiéreux et furieux.  De longs applaudissements récompenseront Crisix qui en peu de temps a dynamité totalement Altar et proposé un des meilleurs concerts du weekend montrant, même si le débat ne finira jamais, que le thrash a encore toute sa place dans le paysage metal. À l'année prochaine pour un nouveau groupe (Nervosa ? Ça serait pas mal). 

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The Great Old Ones (13h35 - TEMPLE)
La journée des encapuchonnés ! Passant juste après les Lituaniens de Au-Dessus et quelques heures avant les Polonais de Batushka, c'est au tour de The Great Old Ones de se présenter devant le Temple dans la tenue la plus en vogue de l'année black metal 2018. Le soleil est à son zénith en cette dernière journée de fest, et on est bien content d'être à l'ombre pour voir les Bordelais qui ont su ramener leur public en nombre. Fidèles de la scène française, du label Season of Mist, de leur ancien des Acteurs de l'Ombre ou fans de Lovecraft curieux de la formation, les raisons ne manquaient pas de voir les Français, qui règnent dans la cour des grands de la scène post-black depuis quelques années maintenant. On notera un petit remplacement dans le line-up avec la présence de Barby, bassiste de Gorod, bien connu des métalleux girondins. Et on rappellera au passage pour les distraits (comme votre serviteur) le départ de Jeff Grimal, tête pensante et illustrateur émérite de la bande. Peu importe, cela n'empêche pas les membres du groupe de dérouler leur set avec la même qualité à laquelle il nous ont habitué. Le groupe va piocher dans les premiers titres de son très bon dernier album EOD: A Tale of Dark Legacy, ainsi que du côté de son excellent prédécesseur Tekeli-li. Un concert très pro et sans accroc, qu'on n'aurait raté pour aucun sandwich au monde !

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Rotten Sound (ALTAR - 16h00)

Rotten Sound à 16h ! Ne boudons pas notre plaisir de voir les Finlandais les plus grind se produire à Clisson. Ce sera l'occasion d'une belle découverte pour certains et le plaisir de revoir se produire l'un des maîtres du registre toujours actif après vingt-cinq ans de carrière. Il ne va pas falloir s'attendre à beaucoup de bla-bla, discours et autres interactions. L'essentiel est dans l'essentiel - oui : une setlist taillée pour passer en revue l'histoire du groupe qui en profitera pour glisser quelques titres récents dont le backdrop vient soutenir le propos. La section basse-batterie va assommer le public de par le son proposé. très présent, claquant et brutal. Avec des temps de repos entre les titres le combo permettant malgré tout de récupérer des compositions "parpaings" que l'on se prend dans la tronche par tranche de deux / trois minutes maximum. C'est pur, brutal, carré, organique, parfaitement joué et exécuté, distillant ainsi une violence froide où le public fini par courber sous la puissance de la prestation. On ne vient d'ailleurs pas au set pour espérer sauter dans tous les sens mais vivre l'expérience grindcore parfaitement rendue et n'existant elle même que pour le message qu'elle véhicule. Une réussite dont on sort affaibli et plus fort. Assommé mais satisfait. 

Amorphis (ALTAR - 19h40)
Alors que l'on s'avance malheureusement vers le terme de cette édition 2018 du Hellfest, la programmation de cette dernière soirée semble nous avoir réservé bon nombre de pépites, comme c'est le cas d’Amorphis, qui se démarque largement dans le monde du death metal mélodique, de par ses sonorités et ses influences extrêmement variées. Après une ouverture un peu laborieuse due à l'interruption brutale du son sur les premières notes de l'introduction, le concert s'enclenche finalement sur "The Bee" le dernier tube en date extrait de leur nouvel album, dont le rendu en live est un pur condensé d'émotions et de vibrations, tant le public semble s'abandonner totalement à la beauté de la musique. Le chanteur Tomi Joutsen, visiblement dans une forme olympique, nous livre d'ailleurs toute la virtuosité de ses talents dans une alternance entre un chant growl puissant parfaitement maîtrisé et un chant clair envoûtant et mélancolique d'une impressionnante justesse. Le deuxième morceau phare du dernier album "The Golden Elk" entre ensuite en scène, passant lui aussi l'exercice du live à la perfection, le groupe est fier de sa nouvelle œuvre et la prestation s'en ressent ! Puis les tubes s’enchaînent, "Sacrifice", "Silverbride", "Bad Blood" avec une légèreté et une luminosité aérienne : on ferme les yeux et l'on s'imagine gambadant en apesanteur dans un paysage infini entre ciel et terre, se délectant de chaque note comme d'un puissant élixir d'immortalité. À l'inverse des autres groupes de death mélo scandinaves du festival, Children Of Bodom sous l'Altar la veille et Arch Enemy quelques instants plus tôt sur la Mainstage, ici pas d'atmosphère irrespirable, d'agitation excessive, ni de violence cathartique, le public est à l'image de la musique : tranquille et joyeusement exalté. Le fait est que les expressions des spectateurs semblent être caractérisées par la béatitude de leurs visages : plus efficace et salutaire que toutes les drogues de la terre, Amorphis rend heureux, tout simplement (oui cette critique est totalement objective !).  À travers les années le groupe semble avoir supplanté les clichés de genre du metal, expérimentant à la frontière du death, du doom, du folk ou même du prog, en excellant toujours dans leur art. Mais si leur style semble emmené par un mouvement perpétuel, nous sommes loin de pouvoir en dire de même de leur prestation scénique qui, de concert en concert, brille toujours par un étonnant statisme, le chanteur seul, évoluant timidement sur un rayon de quelques mètres tout au long du show.  Et si c’était cela finalement, l’essence même du groupe, annoncée d’emblée par la sémantique du nom « Amorphis », ou la capacité de nous faire oublier une forme apathique au profit d’un fond enivrant, qui s’empare de nos sens par la porte de nos oreilles pour nous transporter systématiquement dans un univers onirique et lointain ?

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At The Gates (ALTAR - 21h50)
On va passer rapidement sur le dilemme qui a habité votre reporter pendant les semaines qui ont suivi la diffusion du running order. Choisir entre les dieux du heavy british et les patrons du death mélo suédois a été une torture mentale qui s’est finalement résolu très facilement à la sortie de l’excellent set d’Alice In Chains. L’invasion massive des Mainstages par approximativement tous les festivaliers de la journée ou presque, rappelant le passage de Rammstein en 2016, m’a encore fait choisir l’Altar. On se rend compte que la jauge du fest est clairement débile, les gens se marchant dessus comme un troupeau de bovins très contents de rentrer chez eux et de raconter en frimant devant Brigitte de la compta’ à la cafétéria du boulot qu’ils ont “vu” Maiden, même si c’est à cent-cinquante mètres sur écran géant avec un son pérave.
(NDL : on va pas tirer au lance-roquette sur l’ambulance, c’est un peu mesquin, on est à Dysn’Hell World, c’est blindé de curieux et de touristes et si on s’est pris un pass, on la boucle, ou autant aller pisser dans une contrebasse !). Sous l’Altar donc, c’est la réunion de l’amicale des amateurs de brisage de cervicales. Tous les accros de riffs tronçonneuses attendent At The Gates venu défendre leur dernier album, on retrouve quelques têtes dans le pit et on se prépare à une bonne dose de death scandinave. Côté setlist, sur les quinze titres joués, six sont issus de Slaughter Of The Soul. On aura droit aux monstrueux “Slaughter Of The Soul”,  “Blinded By Fear” et “Cold” mais également les géniaux “Under A Serpent Sun” “Nausea” et “Suicide nation”. Le titre éponyme du dernier LP, joué en opener, convainc d’emblée et fait d’At The Gates une valeur sûre en live, le groupe affichant une grosse patate d’être sur scène malgré le départ d’Anders Björler, mené par un Tompa charismatique et haranguant le public sans cesse. En studio le groupe n’a pas réinventé la messe depuis le légendaire SOTS et si l’écoute des deux derniers albums vous en touche une sans faire bouger l’autre (albums malgré tout solides, le groupe restant quand même la référence au côté de Dark Tranquillity), en live ils démontrent d’une efficacité meurtrière digne de leurs aïeux. Le groupe enchaîne les bûches, et hormis les classiques cités plus tôt, mention spéciale à “The Circular Ruins”, “The Chasm”, “Heroes And Tombs” et le majestueux final “The Night Eternal” achevant un set impeccable au son parfait qui aura été l’un des sommets de ce festival pour ma pomme. La classe, chapeau bas messieurs et à la prochaine, le plus vite possible.

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Exodus (ALTAR - 00h00)
Mur d’amplis Marshall et backdrop de Blood In Blood Out, le ton est donné, Exodus est venu achever les derniers festivaliers encore debout avec leur thrash crado. Pari réussi, on aura droit à une sacré teuf sous l’Altar pour clôturer ce festoche avec une setlist bien sale. Les titres cultes s’enchaînent dans un tonnerre de riffs bien brise-nuque, le groupe est en forme et nous en met plein la poire. Souza et sa trogne de Pennywise keupon nous gueule dessus avec hargne tandis que les zicos font le taff sur scène avec un enthousiasme affiché. “Bonded By Blood”, “A lesson In Violence”, “Parasite”, “The Toxic Waltz”... Je me suis dit que la setlist parlait d’elle-même et qu’il suffisait d’énumérer les titres “poutrelle de cent-quarante” pour convaincre l’auditoire (ce qui m’aurait fait économiser un temps considérable car voyez-vous, je ne suis pas payé pour rédiger ce papelard numérique passionnant à la qualité littéraire certaine mais je m’égare) mais c’est oublier de préciser pour les trois demeurés qui ne connaissent pas Exodus et ratent leur vie par la même occasion que c’est la bagarre, que ça pue la sueur et la bière et qu’ils sont les patrons du thrash en live et roulent sur toutes les autres formations historiques ricaines (je précise la nationalité parce que Kreator est pas mal non plus en papas furieux qui tatannent le cul). Les circle pits ne s’arrêteront qu’à la fin du concert, la fosse se transformant toutes les deux secondes en machine à laver essorant les festivaliers comme des loques heureuses tandis qu’on livre nos dernières forces dans un ultime mosh pit. Fracassé, gueuledeboisé, mais avec la banane, voilà comment on ressort de cette clôture idéale du Hellfest 2018. Le thrash c’est la vie, Exodus en est le meilleur ambassadeur.

Amenra (VALLEY - 00h00)

La présence d'Amenra en tête d'affiche de la Valley en ce jour de clotûre du Hellfest justifiait à elle seule le déplacement pour cette édition 2018. Ce n'est pas que le groupe soit des plus rares à attraper durant l'année, les Belges aimant sillonner annuellement la France, vivier de leur plus grande fanbase leur ayant assuré une bonne part leur notoriété. Mais plutôt être là pour assister au sacre de cette formation hors-norme, dévouée, acharnée, présente dans la scène depuis près de vingt ans, ayant embarquée tout une communauté de groupes dans son sillage, revenir six ans après leur dernier passage, ici sur la Valley, tout en haut de l'affiche. Oui Amenra a explosé ces dernières années et ce n'est que chose méritée à la vue de leurs efforts, de leur sérieux et surtout de leur intégrité. Après un excellent Mass V, les Belges ont poussé le bouchon encore plus loin pour leur dernier album Mass VI, le plus maîtrisé de leur discographie. Sur scène, le groupe ne cesse de gagner en spectre d'émotions. Le rouleau compresseur qu'il était s'est remodelé en une machine plus contrastée, faite de clair-obscur. Depuis l'expérience acoustique du groupe, les passages calmes et le chant clair ont pris une dimension plus importante, conférant une dynamique incroyable à l'expérience Amenra live. Les passages bruts de décoffrage semblent toujours plus asphyxiants, tel l'éternelle déferlante "Am Kreuz" ou le plus rare "Thurifer" revenu au goût du jour. A l'inverse, les nouveaux titres comportant une grande partie calme comme "Plus Près De Toi" ou "Diaken", saisissent par leur puissance émotionnelle et le silence de cathédrale qu'ils imposent dans le public. Colin H. van Eeckhout, frontman refusant ce titre, saisira cet instant particulier dans la carrière du groupe, en offrant une performance « plus humaine », se retournant à de nombreuses reprises face au public (disons de l'ordre de quelques minutes sur le set complet, contre quelques secondes d'accoutumée). Un groupe au sommet de son art.

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Nightwish (MS1 - 01h00)
Nous y voilà ! Notre immersion annuelle au Pandémonium des musiques extrêmes touche à sa fin et en cela quoi de mieux que Nightwish pour nous faire voyager une dernière fois, entre rêve et réalité, aux confins d'un univers sensoriel et émotionnel, qui trouvait sa source dans les forêts enneigées de Finlande, il y a maintenant vingt ans. Car oui, tel est le pari du mythique groupe symphonique : nous faire revivre à travers une tournée internationale d'anthologie, deux décennies d’œuvres magistrales, où les mélodies enchanteresses, sublimées par la poésie du chant lyrique se mêlent à la puissance des guitares électriques dans un registre résolument metal. Voilà donc en somme la promesse de rallumer la flamme dans le cœur des fans déchus, adorateurs inconditionnels de la première décennie du groupe, mais laissés pour compte durant ces dernières années, qui auront vu plusieurs changements de line-up s'accompagner de nouvelles directions musicales peu convaincantes. Néanmoins, l’équilibre ayant été partiellement retrouvé depuis 2013 grâce à l'arrivée de la talentueuse vocaliste Floor Jansen, il ne restait donc au groupe qu'à démontrer sa capacité à ressusciter ses vieux classiques afin de retrouver du crédit aux yeux de tous. C'est d'ailleurs dans cet état d'esprit de « reconquête » que s'ouvre le concert avec une introduction grandiloquente, débouchant sur un compte à rebours dont les secondes martèlent la poitrine des spectateurs d'une excitation crescendo, jusqu'à ce que retentissent les premières notes du fracassant "End Of All Hope". Les musiciens apparaissent et avec eux la première (mauvaise) surprise du concert : alors que les autres groupes sans exceptions voyaient leurs moindres faits et gestes filmés et retranscrits en direct, pour Nightwish seule une vue d'ensemble fixe de la scène comble tristement les écrans géants, servant de repères visuels aux hordes de brebis égarées à travers l’étendue infinie de la Mainstage. Plusieurs hypothèses sont permises face à cette déconvenue : refus de vouloir trop dévoiler de leur tournée internationale ? Retour d’acné juvénile de Tuomas ? Ou bien les Finlandais auraient-ils tout simplement pris un peu la grosse tête ?
Heureusement l’euphorie de l'enchaînement "End Of All Hope" - "Wish I Had An Angel" suffira presque à faire oublier ce petit détail. Force est d’ailleurs de constater que Floor semble s’être appropriée les classiques du groupe avec une ardeur rafraîchissante et communicative, à défaut d’exceller dans l’exubérance dramatique de l’inimitable chanteuse d’origine, Tarja. Le climat de nostalgie annoncée d’emblée atteint très rapidement son paroxysme avec la succession démentielle d’anciens titres cultes tels que le fiévreux "10th Man Down", et les très mélancoliques "Come Cover me" et "Gethsemane".  Si ceux-ci constituent sans nulle doute de véritables offrandes sacrées aux ouïes des fans, on peut néanmoins déplorer un esthétisme scénique assez peu travaillé avec pour seul décor des vidéos projetées sur les différents éléments de la scène, aux images parfois un peu clichées , comme par exemple la forêt de tombes plutôt grossières défilant durant tout le morceau "10th Man Down".  Après cette trop courte incursion à travers le Nightwish d'autrefois, nous retrouvons les plus récents mais désormais incontournables "Elan", "Amaranth" et "I Want My Tears Back", avec une toute autre ambiance beaucoup plus festive, voire même un peu trop. En effet Floor, visiblement plus en confiance sur les titres de cette nouvelle ère, s'en donne à cœur joie avec un enthousiasme candide frôlant parfois le ridicule, notamment lorsqu'elle se met à gambader sur la scène tel un cabri dans la prairie, gratifiant le public de divers « wouhouu ! » et autres « yiiha » !
Retour ensuite dans la parenthèse enchantée avec notamment la surprenante réapparition de l'un des titres emblématiques des débuts du groupe, le redoutable et très efficace "Deep Dark Ocean" porté par les puissants riffs du guitariste Emppu qui tout au long du show n’aura de cesse de démontrer aux sceptiques que Nightwish n’est pas uniquement un groupe pour midinettes gothiques, mais bien une pointure du heavy metal capable de sortir l’artillerie lourde ! C’est finalement le cérémonial "Ghost Love Score" qui clôturera la prestation, ainsi que cette treizième édition du Hellfest, morceau maintenant incontournable de toutes leurs setlists, au potentiel émotionnel plus important qu’un Toys Story 3 combiné à une tragédie racinienne [ndlr: analogie de l'année] ! D’ailleurs lorsque les musiciens désertent temporairement la scène lors de la traditionnelle séquence lacrymale, c’est toute la Mainstage qui est en émoi, se laissant envahir silencieusement par le spleen de la musique, face à un ciel de chandelles luminescentes vacillant dans l’obscurité. Cette torpeur mélancolique prend fin brusquement pour déboucher sur un final explosif où flammes, étincelles, et même feux d’artifices se mêlent pour un tableau visuel des plus étourdissants ! Nightwish semble bel et bien de retour pour nous faire revivre l’âge d’or de sa carrière comme si les deux dernières décennies n’avaient eu aucun impact sur la quintessence même du groupe ; c’est en tout cas l’impression très prometteuse que laisse cet avant-goût de la tournée européenne « Decades » que l’on ne saurait que vous conseiller de rallier cet automne !

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