Bang Your Head festival 2019


Bang Your Head festival

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 11 juillet 2019
Jour 2 : 12 juillet 2019
Jour 3 : 13 juillet 2019

REPORTS DU JOUR



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Jour 3 :13 juillet 2019




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Le troisième et dernier jour s'ouvrira-t-il une nouvelle fois sur la prestation d'un collectif de rétro metal allemand ? Et bien non : ce sera un gang de heavy speed old school suédois. Et même deux puisqu'à SCREAMER (11h30) succède RAM (12h35), formation pionnière dans le microcosme du revival. Le « hurleur » de cette dernière en fait des caisses dans le style metal warrior et son commentaire perspicace « this is not a sunday picnic, this is a fuckin' heavy metal festival, here, OK? » provoque l'hilarité générale, sans qu'on sache exactement si l'effet était voulu. Pour le reste et savoir de quoi il en retourne, direction le jour 1 et Stormwarrior.

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Les choses sérieuses commencent avec l'intervention de FLOTSAM AND JETSAM (13h40). Menée par un chanteur de la trempe du puissant et strident Eric AK, la performance ne peut être que satisfaisante, surtout lorsque la paire de guitaristes assure dans le registre heavy/ thrash assez singulier de la section de Phoenix. Les titres récents passent bien la rampe, spécialement "Demolition Man" et son refrain addictif, et quand le chanteur annonce que lui et ses collègues vont jouer une « old shit », l'assistance se fait plus bruyante. Trois extraits de No Place for Disgrace dont la fameuse chanson-titre en clôture et deux – seulement oserait-on dire– du mythique Doomsday for the Deceiver auront été interprétés : un bilan plus qu'honorable pour près d'une heure de satisfaction.

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On aimerait en dire autant du set d'ARMORED SAINT (14h50), mais en l'occurrence c'est rendez-vous au 14, pardon, au paragraphe consacré à Stormwarrior le premier jour.
Il est désormais l'heure de CANDLEMASS. Enfin non, puisqu'il n'est que 16h00. Qu'importe, à défaut des ténèbres qui siéent aux heavy doomsters... suédois naturellement, c'est le soleil que ces derniers convoquent au moment où Längvist psalmodie la fameuse phrase issue de "Sorcerer's Pledge" « Where is the morning? Where is the sun »? : sorcellerie ! Pas de citation in extenso de l'inaugural et inégalé Epicus Doomicus Metallicus comme au Nordic Noise festival, même si bien sûr l'imparable "Solitude" est au programme.

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Les musiciens ne sont toujours pas des monstres de communication et des pauses assez longues espacent les morceaux, « pardonnez-nous mais on n'a plus vingt ans » s'excuse ironiquement Längvist - deuxième citation au palmarès du fest - mais ce n'est pas grave car le talent parle pour eux (un bon son, ça aide aussi). Et décidément, le flegmatique guitariste Mats Björkman sapé comme jamais, a la méga-classe.

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Les tauliers de METAL CHURCH (17h15) pour leur part délivrent une performance encore meilleure qu'au Hellfest 2017. Le groupe a incontestablement gagné en confiance depuis le retour de Mike Howe derrière le micro, celui-ci faisant preuve d'une aisance qui n'est plus seulement vocale mais aussi physique: cavalant partout, le frontman cherche en permanence à faire réagir le public et il y réussit sans problème – il faut dire que le nombre de t-shirts à l'effigie de la troupe nord-américaine témoigne d'une popularité assez conséquente en Allemagne. Celle-ci se traduit par la reprise en chœur de tous les refrains des morceaux historiques - chair de poule inévitable sur "Badlands" et "Fake Healer" en clôture - et un très bon accueil réservé aux titres issus du dernier album, confirmant ainsi que celui-ci tient décidément la route.

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Alors ok, les deux guitaristes sont peu démonstratifs, même si Vanderhoof compense avec un sourire débonnaire - en revanche, ce serait bien qu'il pense à accorder sa guitare avant le dernier morceau. Mais peccadilles que ceci car outre un Steve Unger plutôt remuant quatre-cordes en main, Howe prouve une fois de plus qu'il est un monstre vocal – il faut l'entendre donner tout ce qu'il a sur un magistral "Beyond the Black" - bon sang, quelle puissance ! Une heure de heavy thrash de très haute volée.

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Dans le match Suède- États-Unis qui aura servi de fil rouge durant le festival, les compatriotes de James Hetfield poursuivent leur remontée au score à la faveur de la performance de SKID ROW (18h40) qui va enflammer l'auditoire, de la même façon qu'au RockHard festival le mois précédent. Pourtant Rachel Bolan et ses collègues commencent encore une fois en retard, tout ça pour accorder une guitare acoustique qui ne servira que trente secondes sur "I Remember You" alors que la six-cordes de Scotti Hill sera inaudible pendant les trois premiers morceaux. Il en faudrait plus pour gâcher un concert intense de bout en bout bien que les trois ballades historiques soient jouées, dont "In a Darkened Room" qui n'est pas la plus emballante, et ce au détriment de "Get the Fuck Out" - comment est-il possible de zapper ce titre emblématique de la setlist ?

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Mais c'est histoire de chipoter parce que le constat s'impose une fois encore : les mecs savent mettre le feu, le « nouveau » chanteur ZP Theart - boudiou quel coffre ! - ayant clairement sa part dans la réussite du concert. Assurément, ce type a pris la meilleure décision de sa vie en larguant les fatigants DragonForce. Et bien sûr, on frôle l'émeute sur le final "Youth Gone Wild". On peut en sourire étant donnée la moyenne d'âge de l'assemblée mais finalement, l'enthousiasme général à chanter le refrain à tue-tête prouve bien que l'âge, c'est dans la tête. Un élixir de jouvence que ce groupe !

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La suite sera un peu moins réjouissante. La Suède perd en effet des points avec la prestation décevante de TRIBULATION (19H50). Au bout d'un morceau, on comprend que derrière les (beaux) maquillages, les pas de danse du guitariste androgyne, les sonorités gothiques et les fumigènes, il n'y a pas grand chose musicalement. Peu de variété, un chant guttural irritant, des riffs bateau... Que ces types aient remporté un award l'an passé au détriment des compatriotes de The Night Flight Orchestra et Ghost est difficilement compréhensible au vu de qui se passe, ou plutôt ne se passe pas, sur l'estrade. Un grand bof.

Enfin, AVANTASIA (20h20). LA tête d'affiche - allemande, tiens, ça change un peu. Dont le récital est introduit par un extrait de la Neuvième de Beethoven à fond les ballons – de la grandiloquence dénuée de second degré, ça commence bien. Les premiers titres défilent dans une ambiance pseudo-opératique tandis que la vitre en plexiglas curieusement placée devant la batterie vibre dangereusement sous les coups de double-pédale en mode automatique, au diapason de vocalistes qui en font des tonnes. On lève la tête vers les cieux à nouveau encombrés et plutôt que se farcir les deux heures restantes de suppli... concert en compagnie de Tobias Sammet et ses complices, on se dit qu'il est temps de rentrer avant qu'il ne re-re-re-pleuve.


Bilan de ce Bang Your Head nummer vier und zwanzig : trois jours vraiment plaisants malgré la météo digne d'un mois de mars grâce à une organisation quasi-irréprochable (même si ça manque de points d'eau et de toilettes), un site de taille « raisonnable », un paquet de très bonnes formations qui ont régalé et un son excellent. Certes, il vaut mieux aimer le heavy thrash vintage pour apprécier pleinement le fest, mais dans ces très bonnes conditions, on peut y prendre plaisir même si on ne goûte que moyennement les rescapés des eighties triomphantes et leurs rejetons. Bref, un weekend revigorant qui ne demande qu'à être renouvelé lors de la vingt-cinquième édition. Dankeschön, Bang Your Head !

Crédits photos : Tabris / MFF


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