Down

Entretien avec Jimmy Bower (batterie) - le 06 avril 2008

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Barbapopo

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Cosmic Camel Clash

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Iro22

Une interview de




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Est-ce la mort de Dimebag Darell ? L'échec artistique de Hellyeah ? La promo conséquente déployée par Roadrunner ? Toujours est-il que si Down existait depuis 1995 en tant que « simple side-project », c'est depuis la sortie d'Over The Under (chronique ici) un groupe majeur de la scène métal. Le public qui fera un triomphe au groupe lors de son passage à Paris (live-report ici) le sait bien, et la masse de journalistes ayant demandé à interviewer le groupe avant le concert est un autre signe fort. Parmi eux il y avait Iro22 de Destination Rock et nous, qui avons interviewé le sympathique mais laconique batteur Jimmy Bower dans le tour-bus du groupe.


Iro22 : Bonjour Jimmy ! Pour commencer félicitations pour Over The Under qui voit Down revenir plus fort que jamais. Comment se passe la tournée pour l'instant ?

Jimmy Bower : Merci ! La tournée se passe très bien. Elle a commencé à Moscou et c'était notre toute première fois en Russie et c'était vraiment cool. Nous avons joué deux dates en Russie, Saint-Petersbourg et Moscou. C'était génial... puis nous sommes partis en Scandinavie, puis en Pologne, puis en Belgique, Allemagne... et nous voilà !

Iro22 : Y a-t-il encore des pays que vous n'avez pas visités et dans lesquels vous voudriez jouer ?

Jimmy Bower : Oh oui. Le Japon, l'Amérique du Sud... J'ai joué au Japon mais pas avec Down, et je n'ai jamais joué en Amérique du Sud. L'Australie est toujours cool, la Nouvelle-Zélande est super... je ne suis jamais allé en Corée... Nous allons faire des trucs cool cet été, vous en entendrez parler. Nous essayons de faire une véritable tournée mondiale, comme Iron Maiden faisait à l'époque.

Cosmic Camel Clash : Cela fait plus de six mois qu'Over The Under est sorti, que penses-tu de l'album maintenant que tu as un peu de recul ?

Jimmy Bower : Nous en sommes très fiers. Nous y avons mis beaucoup de nous-mêmes, je pense qu'il a été très bien accepté, bien mieux que ce que nous avions prévu. Il semble s'améliorer de jour en jour. C'est génial, mec, nous y avons consacré beaucoup d'efforts et voir des gamins de treize ans chanter les paroles de toutes les chansons est assez flatteur. Ils connaissent l'album, ils l'ont écouté.
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Iro22 : Il paraît que Down n'allait pas très bien suite aux problèmes de santé de Phil (Anselmo, chant). Comment s'est passé son retour ?

Jimmy Bower : Phil avait des problèmes de dos. Il s'est fait opérer et va bien désormais. C'était une opération très lourde : il a fallu lui souder trois vertèbres et il a désormais deux plaques de métal dans le dos. Il s'en est très bien sorti : six mois plus tard il était remis. Ils lui avaient dit qu'il lui faudrait six mois supplémentaires pour pouvoir remarcher et il a pu après seulement deux semaines. Donc c'était très cool... Après que l'opération eut eu lieu et qu'il se fut débarrassé d'autres démons, ses problèmes de drogue... en fait nous avons toujours su que Down allait repartir. Juste avant que Katrina ne frappe la Nouvelle-Orléans nous en avions parlé, c'était durant l'été 2005.

Cosmic Camel Clash : À ton avis, quels sont les moments le plus forts de l'album ?

Jimmy Bower : J'aime beaucoup "Three Suns and One Star", "N.O.D.", "Beneath the Tides"... à mon avis le point culminant de l'album est "Nothing in Return", la toute dernière chanson. Vous avez "Invest in Fear" n'est-ce pas ? J'aime beaucoup cette chanson.

Cosmic Camel Clash : Justement, pourquoi cette chanson n'est-elle présente que sur l'édition européenne de l'album ?

Jimmy Bower : Parce que vous êtes à part (rires). C'est un cadeau. Les gens en Amérique sont fâchés, ils la voudraient pour eux.

Iro22 : Comment s'est passée la signature avec Roadrunner ?

Jimmy Bower : Roadrunner est un super label, que ce soit ici ou aux États-Unis. Ils sont affiliés à la compagnie chez qui nous sommes aux States. Ils nous ont offert un deal et nous l'avons accepté. Ils ont été fantastiques en Europe depuis.

PhotoCosmic Camel Clash : Les chansons ont toujours été composées de manière collective dans Down, et dans le dernier album tu n'es pas du tout crédité. Comment ça se fait ?

Jimmy Bower : Je n'ai pas vraiment apporté quoi que ce soit lors des sessions d'écriture. J'avais beaucoup composé sur Down II mais cette fois-ci j'ai voulu me concentrer sur le fait d'être juste un batteur et mettre mon groove en avant, même si je n'étais pas crédité à la composition. Les batteurs sont rarement crédités de toutes façons... et j'avais écrit une chanson qui n'a pas fini sur l'album. Elle sortira plus tard, comme face B sur un single ou quelque chose comme ça. Nous n'avons pas encore défini ça précisément.


Iro22 : Quelle a été l'influence des évènements tragiques survenus ces dernières années comme le meurtre de Dimebag Darell et l'ouragan Katrina sur le processus d'écriture ?

Jimmy Bower : En gros nous avons pris cette énergie négative; nous l'avons canalisée en énergie positive et ça a donné Over The Under. Je sais que c'est une réponse assez merdique mais c'est ce qui s'est passé... il n'a pas été enregistré de la même manière que Down II, où nous avions chopé notre équipement, l'avions amené chez Phil et avions écrit, enregistré et mixé le tout dans la foulée, en vingt-huit jours. Le troisième album nous a pris au moins un an juste pour l'écriture et l'enregistrement. Nous avons pris notre temps et nous voulions vraiment faire un bon disque. Je ne dis pas que Down II n'est pas un bon disque, pour un disque fait en vingt-huit jours c'est un truc de tueur. Nous avons juste pris notre temps, nous avons beaucoup travaillé les chansons et fait en sorte que chaque membre soit satisfait à cent pour cent.

Cosmic Camel Clash : On ne parle plus vraiment de cette catastrophe en France, est-elle encore très présente dans les esprits à la Nouvelle Orléans en général et pour vous en particulier ?

Jimmy Bower : Bien sûr. Mais ce n'est pas quelque chose sur quoi nous voulons encore nous étendre. C'était en 2005, nous sommes en 2008... ça fait trois ans mec, assez. Nous sommes passé à autre chose, tu vois ce que je veux dire. Nous n'allons pas passer notre temps à pleurnicher là-dessus.

Iro22 : Dirais-tu que Over the Under est un bon compromis entre l'approche directe de NOLA et les structures plus complexes de Down II ?

Jimmy Bower : Comme dit précédemment, nous avons sélectionné les chansons avec soin. La manière dont le dernier album a été écrit est proche de la manière dont NOLA avait été écrit : nous avons fait des démos et tout.

Cosmic Camel Clash : Tu es également guitariste. Quel est l'instrument qui te donne le plus de satisfaction ?

Jimmy Bower : En ce moment j'aime vraiment beaucoup la batterie. Je viens d'avoir ce nouveau kit tout chromé et brillant qui me donne beaucoup de plaisir, je suis sponsorisé par de nouvelles marques cool... Le différence principale est qu'avec la guitare on peut s'exprimer d'une manière très différente qu'avec la batterie, on peut s'exprimer plus en fait. Je suis branché batterie en ce moment.
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Cosmic Camel Clash : Ton groove est très différent sur la chanson "Never Try". As-tu approché la chanson différemment des autres ?

Jimmy Bower : Le riff de cette chanson a été écrit autour de mon beat de batterie, c'est lui qui est venu en premier. Je devrais me faire créditer (rires). C'est juste un beat cool qui m'est venu, en fait je l'avais dans la tête depuis Down II et Pepper (Keenan, guitare) et moi avions bossé dessus. Il a fini dans "Never Try".

Cosmic Camel Clash : En général, la section rythmique est beaucoup mise en avant par la production du dernier album, en particulier la basse de Rex (Brown). Comment définirais-tu son apport dans le groupe ?

(pile à ce moment-là, ledit Rex Brown sort de l'espace couchettes du tour-bus et se pose près de nous)

Jimmy Bower : Je l'ai dit un million de fois : Rex est un vrai bassiste, pas un guitariste qui joue de la basse comme la plupart des bassistes rock / métal. C'est un genre de John Paul Jones plus Geezer Butler plus John Entwistle... un grand bassiste. En tant que batteur j'ai toujours voulu jouer avec un grand bassiste, et en plus c'est un de mes meilleurs amis. C'est un honneur. C'est génial.

Rex Brown : Bonne réponse (rire général).

PhotoCosmic Camel Clash : Down a vu le jour durant les années 90 et le line-up n'a pas trop bougé depuis. Dirais-tu cependant que le groupe est le même aujourd'hui ?

Jimmy Bower : La seule chose qui a vraiment changé est l'arrivée de Rex. Et aujourd'hui le groupe est devenu quelque chose de plus permanent et plus un side-project. Nous avons tous consciemment pris la décision d'en faire notre groupe principal et nous ne nous sommes pas encore vraiment retournés sur notre carrière. A l'époque c'était juste un projet parallèle pour le fun, mais nous avons toujours su qu'il y avait moyen d'en faire quelque chose de plus grand. Nous blaguons souvent à propos du futur de Down, car c'est le genre de groupe dans lequel nous aimerions vieillir car il n'y a pas de limites dans le groupe. Nous pouvons faire ce que nous voulons : une chanson mélodique, une chanson punk, une chanson heavy, une qui fera pleurer, ou mourir... Il n'y a pas de frontières définies chez Down, et cet aspect est vraiment cool car nous ne sommes pas enfermés dans un son défini.


Iro22 : Et doit-on s'attendre à une autre période de sept ans entre cet album et le prochain ?

Jimmy Bower : Non, nous n'attendrons pas sept ans avant de ressortir un album. Nous attendrons au moins dix ans. Je blague ! Down est un groupe sérieux maintenant, ce n'est plus un side-project. Donc vous pouvez vous attendre à beaucoup de sorties de notre part.

Cosmic Camel Clash : Chacun de vos albums a un numéro, comme s'il s'agissait des différents chapitres d'une même histoire. Et...

Jimmy Bower :(me coupe) Le premier Down s'appelle NOLA, Down II est le seul qui porte un numéro. Le troisième album s'appelle Over The Under.

Rex Brown : C'est vous qui lui avez donné un numéro, pas nous. Il y a un numéro dans Down II : A Bustle in Your Hedgerow. Le prochain sera Down VIII.

(Les deux musiciens partent dans un délire sur le fait de numéroter les albums dans le désordre dorénavant, et sur le fait que la question n'est pas pertinente. À la fin de l'interview nous leur montrerons néanmoins le "3" présent à la pliure du livret de l'album, ce qui les surprendra)

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Iro22 : Quel est le sens du lion et de l'étoile sur la pochette de l'album ?

Jimmy Bower : Ça rend bien. (rires)

Cosmic Camel Clash : As-tu un rapport particulier avec la France ? Honnêtement hein, pas la peine de partir dans les compliments d'usage...

Jimmy Bower : Oh, je suis Français. A moitié Français et à moitié Espagnol. C'est plus proche des Français du Canada que des Français d'Europe. Je suis cajun, c'est une combinaison des héritages français et espagnols.

Cosmic Camel Clash : Et est-ce que jouer ici revêt un sens particulier pour toi ?

Jimmy Bower : Désolé mais non. C'est juste que j'adore la France, c'est un pays magnifique.

Iro22 : Vous ne jouez pas avec des premières parties, vous diffusez des clips et des extraits de film à la place. Pourquoi ?

Jimmy Bower : Parce que ça fonctionne bien. Nous avons commencé à faire ça en 2006 lors de notre tournée européenne et ça l'a fait. Les gens entrent dans la salle et il y a ce cd qui tourne avec une compilation de nos chansons préférées, puis le film arrive. Le film est une montée en puissance, ça fait monter la sauce jusqu'à notre arrivée sur scène... et quand nous arrivons sur scène c'est comme si nous faisions partie du public nous-mêmes et que nous avions regardé le film et tout. Puis l'intro arrive et c'est « wow ! ». C'est juste une manière de faire monter la pression. Mais allons-nous le faire systématiquement à l'avenir ? Non... c'est juste qu'en ce moment ça fonctionne.
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Iro22 : Des news d'Eyehategod ?

Jimmy Bower : Oui. C'est notre vingtième anniversaire cette année donc nous voulons faire un disque en rapport.

Iro22 : Et Superjoint Ritual ?

Jimmy Bower : J'espère qu'il se passera des choses bientôt, mais nous avons des problèmes car certains membres du groupe sont en liberté sur parole (rires). Donc une fois que tout ça sera réglé nous verrons. Ca colle bien avec le côté mystique du groupe d'ailleurs, son style de vie.




Interview réalisée en partenariat avec :




Crédits photo : www.myspace.com/downnola

Entretien monté à partir de deux interviews séparées.
Traduction / transcription : CCC
Questions Eternels : Barbapopo
Questions Destination Rock : Iro22


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