The Ocean

Entretien avec Robin Staps - le 21 juin 2008

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Aurelsan

Une interview de




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Tout juste 2 jours après une tournée harassante aux États-Unis, le collectif germano-européen The Ocean pose ses valises à Clisson au Hellfest. Nous les avons rencontrés la veille de leur prestation pour un rapide entretien. Visiblement encore en plein Jet lag, Robin Staps, guitariste et véritable âme du groupe, nous raconte l'expérience nord américaine.


Aurelsan : Alors Robin, vous revenez tout juste des États-Unis où vous avez effectué une tournée marathon, comment c’était ? Vous avez passé du bon temps ?

Robin Staps : C’était vraiment une expérience, c’est la première fois que nous allions là bas et nous ne savions pas trop à quoi s’attendre. Tout le monde nous disait que nous serions traités comme de la merde et dans un certain sens c’était un peu vrai. Il n’y avait pas d’hôtel de prévu par exemple comme ça se fait en Europe. Nous avons énormément roulé, c’était épuisant. Un mois à tourner aux États-Unis c’est comme 3 mois de tournée en Europe.

PhotoAurelsan : Combien de dates avez-vous effectuées ?

Robin Staps : C’était donc un mois environ, nous avons volé jusqu'à Boston, fait 3 dates au Canada puis la côte Est. Nous sommes ensuite allés en Louisiane, au Texas, et enfin l’Ouest avec la Californie. Nous avons donc fait quelque chose comme 30 concerts. C’était assez fou. Sur la cote Est, nous avons vraiment fait de bons concerts. A New York par exemple, nous avons eu environ 350 personnes. Los Angeles, San Francisco, c’était génial là aussi. On peut rajouter aussi Chicago et la Floride, vraiment des super dates mais c’est toujours comme ça, il y a après des concerts où tu joues devant 20 personnes comme au Texas à El Paso près de la frontière mexicaine. Voilà, c’est toujours pareil, de très bons concerts et d’autres merdiques. Faut faire avec.


Aurelsan : Finalement, comment avez-vous été reçus ? Le public vous connaissait déjà ou pas ?

Robin Staps : Oui, j’étais un peu surpris. Dans certaines villes, beaucoup de personnes nous connaissaient et d’ailleurs pas toujours dans des coins où nous l’aurions imaginé. Par exemple, nous avons joué a Farmington, Nouveau Mexique, c’était un coin paumé et nous avons failli annuler cette date d’ailleurs, c’était vraiment loin de notre route initiale. Finalement nous y sommes allés et ce fut un putain de concert énorme. Les gamins étaient fous, ils connaissaient les paroles par cœur, c’était extra… C’était notre première là-bas, forcément c’était très différent de nos tournées en Europe. Mais j’ai été plutôt agréablement surpris du public.

Aurelsan : Quel conseil donnerais-tu à un groupe européen avant d’aller tourner aux States ?

Robin Staps : Le meilleur conseil que je peux donner c'est : ne pas louer un Motor home ! C’est ce qu’on a fait et c’était la pire erreur. C’était cool parce c’était confortable, nous avions 6 lits, une cuisine, une petite salle de bains mais putain c’est un véritable gouffre en essence. Au final, cette tournée nous a fait perdre de l’argent. Un plein nous coûtait environ 250 dollars et il faut retourner à la pompe toutes les 3 heures de route environ. Bien sûr tu n’as pas l’hôtel à payer mais il aurait mieux valu louer un van normal et laisser les promoteurs organiser l’intendance. Ce qui est vraiment dommage, c’est que nous avions prévu depuis longtemps de tourner là-bas et c’en était devenu presque décourageant. On nous avait aussi dit que ça n'en valait pas la peine, que les ventes de disques et les retombées ne seraient probablement pas énormes et que nous devrions juste nous contenter d’assurer des premières parties, mais nous l’avons quand même fait, nous avons réussi à nous faire de nouveaux fans, nous avons vendu plein de merchandising alors au final si tu veux vraiment le faire, prends un putain de billet d’avion et vas-y !!
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Aurelsan : Le label vous a beaucoup aidé à organiser le tour ?

Robin Staps : Oui, une fois que la tournée a été approuvée, ils ont beaucoup poussé en créant un concours spécial sur Myspace notamment… ouais, ils ont fait du bon boulot. Une bonne expérience pour tout le monde. Nous sommes arrivés des États-Unis hier, on est complètement crevé. On a volé de Los Angeles à Paris et là nous avons 2 jours pour se poser et nous jouons dimanche.

Aurelsan : Et alors ce Hellfest, tu le trouves comment ?

Robin Staps : C’est super ! Pour l’instant, on se repose et on profite…

PhotoAurelsan : Quel groupe as-tu le plus apprecié jusqu'à présent ?

Robin Staps : Mmh… j’en retiens 3. Hier j’ai vu Kruger, ça m’a vraiment botté, j’adore le dernier l’album. Baroness, absolument énorme aussi. Et aujourd’hui Disfear, un groupe live génial. J’ai vraiment découvert une dizaine de groupes qui m’ont bien impressionné. Carcass a fait une bonne prestation, ils ont visiblement eu des problèmes de guitare mais c’était cool.

Aurelsan : Et c’est la première fois que tu viens ici ?

Robin Staps : Oui tout à fait, j’étais vraiment excité parce que cette année, l’affiche est à peine croyable. Il y a plein de groupes que j’ai envie de voir.

Aurelsan : Quand est-ce que les organisateurs du Hellfest vous ont contacté pour venir jouer ici ?

Robin Staps : Mmmh… je me souviens plus trop, c’était il y a environ 6 mois. Donc c’était assez tôt. On nous avait aussi proposé de venir il y a 2 ans mais c’était vraiment un deal de merde. C’était hors de question de rouler jusqu’ici pour 500 euros. Cette année, l’offre est bien meilleure.


Aurelsan : Et pour demain, vous vous attendez à quoi ? un public nombreux ? le concert sera peut être un peu court non ?

Robin Staps : C’est 40 minutes donc c’est déjà un peu mieux que ce que nous avions imaginé au départ. Nous allons donc jouer 5 à 6 chansons, on ne pourra pas faire plus. Et j’espère évidement que la chapiteau sera plein. Nous jouerons principalement des titres de Precambrian et probablement 1 ou 2 de Aeolian. Je pense que ca va bien se passer, en plus le public cherche a se protéger du soleil donc il devrait y avoir du monde sous la tente. Pour nos light shows, ce sera aussi plus sympa d’être à l’interieur.

Aurelsan : À ce propos, ce n’est surement pas très évident d’installer tout le matériel en si peu de temps entre chaque groupe, on vous impose des restrictions ?

Robin Staps : Oui bien sûr. Nous avons 20 minutes et ça comprend aussi le temps que le groupe précédent a pour ranger son matériel. Mais dans d’autres festivals, c’est parfois 10 minutes seulement. Ici en plus, il y a pas mal de monde pour filer un coup de main, nous sommes une equipe de 14-15 personnes. Demain je serai là des 10H pour commencer à programmer les lumières avec le technicien. C’est toujours très stressant mais je le sens bien.

Aurelsan : Merci Robin.

Robin Staps : Merci à toi.



Crédits photo : www.myspace.com/theoceancollective


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