Dagoba

Entretien avec Izakar (guitare) et Franky (batterie) - le 11 septembre 2008

10
Beren

2
Cosmic Camel Clash

15
Flower King

Une interview de




Dagoba_20080911

Combien de groupes français peuvent se targuer d'être partis en tournée européenne avec In Flames et Sepultura ? Pas énormément... mais Dagoba peut. L'un des plus gros espoirs français à l'étranger avec Gojira sort aujourd'hui son Face The Colossus (chronique ici), album qui devrait en toute logique engendrer bien des controverses. En attendant, le batteur Franky et le guitariste Izakar (aussi sympathiques l'un que l'autre) répondent à nos questions...


PhotoCosmic Camel Clash : Lorsque What Hell Is About est sorti, vous avez pris un gros coup de boost. Est-ce que vous avez l’impression que la façon dont Dagoba est perçu, en France et surtout à l’étranger, a évolué ?

Franky : Oui, après la sortie de l’album le groupe a bénéficié d’un certain essor, dû notamment à notre signature avec Season Of Mist. Notre véritable premier album, éponyme, était sorti uniquement dans les pays francophones. Avec What Hell Is About nous avons bénéficié d’une distribution internationale et c’est vrai qu’à l’étranger, nous avons été accueillis comme si c’était notre premier disque. On a réussi à faire notre première vraie tournée européenne, aux côtés de In Flames et Sepultura, ce qui nous a permis de faire quatorze pays en trente-cinq dates, en à peine plus d’un mois, et nous avons pu bien propager le nom de groupe dans ces pays. Ensuite le retour en France s’est très bien passé, l’accueil des journaux, des webzines et du public a été très bon. Et même au niveau de la prod, What Hell Is About marquait moins d’influences flagrantes que le premier, c’a été un gros pas en avant pour le groupe qui a su s’affirmer avec une personnalité plus intime.

Izakar : Avec What Hell Is About nous avons réussi à dégager le style du groupe, le fait qu’avec une ou deux notes, on puisse reconnaître Dagoba. La manière de composer a été assez spontanée sur le disque, ce qui fait qu’on l’a conservée jusqu’à maintenant.


Cosmic Camel Clash : La plupart des groupes français que j’ai interviewés et qui ont eu une petite expérience de l’international ont tous souligné l’énorme différence au niveau du feeling et de l’organisation entre une tournée nationale et internationale. C’est quelque chose que vous avez ressenti fortement ?

Izakar : Oui, c’est quand même assez dur de faire une tournée internationale quand on a commencé par son pays, mais au fur et à mesure l’accueil dans les différents pays a été de mieux en mieux et sur la tournée In Flames – Sepultura nous n’avons fait que des très belles salles. L’étranger, c’est toujours plus dur à travailler sur le terrain, mais on voit plus vite les fruits, parce que quand on revient un mois après, l’engouement est plus grand, et le petit côté un peu dur d’une tournée étrangère ou d’une première partie est vite épongé par l’efficacité du truc. Donc c’est quand même relativement agréable, même si nous aimons bien tourner en France aussi !

Cosmic Camel Clash : Et au sujet de tout ce qui est autour, l’encadrement, la logistique ?

Izakar : C’est aussi assez compliqué, les timings sont assez serrés, comment dire… tu veux comparer à la France ?

Cosmic Camel Clash : Oui voilà, comparé à une date de Dagoba en France, est-ce que quand on tourne avec Sepultura et In Flames on sent qu’on est avec des grosses pointures ?

Izakar : Ah oui, carrément, rien que la taille des salles, la manière de se déplacer, le fait que les groupes soient extrêmement attendus par le public et les organisateurs, le timing… Après on a fait ça en première partie, donc nous n’étions pas forcément les premiers à profiter de tout ça (rires) mais nous avons bien vu la différence, bien qu’en France on ait maintenant un très bon confort. Les Français sont en train de changer.

Franky : Au niveau de l’infrastructure, c’était vraiment différent dans la mesure où In Flames et Sepultura se baladaient avec des gros tour bus, un tour manager par groupe sinon deux, chaque musicien avait son technicien perso… Ces conditions-là, nous en rêvons tous, et sur trente-cinq dates d’affilée ça allège énormément la logistique des musiciens, la fatigue, le stress, c’est un réel plaisir. Ils se consacrent vraiment à leur heure et demie de concert. Toute l’infrastructure est faite pour que le musicien soit chouchouté et qu’il n’ait plus rien à faire. Sur cette tournée-là, l’exemple est parfait, puisque ce sont les conditions françaises qui suivaient les conditions européennes ; notre van suivait le gros tour bus, et avec notre chauffeur et tour manager nous avions parfois des Madrid-Budapest à faire, et alors que les musiciens pouvaient dormir dans le tour bus, nous devions dormir dans notre van avec les conditions à la française. Bon, c’est le passage obligé pour gravir les échelons, mais malgré ça il y a un fossé… je ne pense qu’il y ait beaucoup de groupes français qui se baladent en tour bus 2 étages avec un technicien par tête, deux chauffeurs qui tournent et qui de Madrid peuvent être à Berlin le lendemain. En France, on a notre van 9 places et nous jouons surtout les week-ends. Pareil au niveau logistique : avec une tournée de trente-cinq dates In Flames/Sepultura, tu peux remplir un Berlin ou un Dublin à 5000 personnes le mardi soir ; en France c’est complètement impossible, à moins qu’un groupe devienne si énorme qu’il puisse remplir un lundi soir à Montpellier ou à Bordeaux. Mais on en est encore loin.

Photo


Cosmic Camel Clash : Justement, dans des interviews de Dagoba à l’époque où vous aviez signé chez Season, vous aviez justifié cette signature parce que vous vouliez partir à l’étranger, parce que « faire du metal en France, ça devient hyper difficile ». C’est ce genre de choses dont tu parles, et est-ce que tu as l’impression que c’est plus difficile aujourd’hui qu’il y a 5-6 ans ?

Izakar : Je ne pense pas que ce soit plus difficile aujourd’hui. La France n’a jamais été la terre du metal proprement dit, même s’il y a un beau public depuis quelques années, l’impression d’un revival avec beaucoup de groupes qui se créent, qui émergent… le truc avec Dagoba c’est que nous avons toujours pris le parti de chanter en anglais, nous avons toujours été influencés par des groupes étrangers, et nous avons toujours senti que le groupe pouvait avoir un gros potentiel à l’étranger, plus qu’en France. Donc on s’est très vite tourné vers l’étranger, pour voir comment ça se développait et si ce que nous avions en tête marchait réellement, et il s’est avéré que oui, ça répond très bien. Alors oui, c’a été un leitmotiv dès le départ d’aller à l’étranger, vu la musique qu’on faisait, nos influences et l’ambition qu’on avait. On ne peut pas rester uniquement en France en faisant du metal, c’est quand même difficile de se cantonner à un seul pays, surtout quand on chante en anglais. Ça serait même assez bête de rester en France, notre but c’est de faire grossir le groupe et ça passe évidemment par une tournée dans toute l’Europe, et aller le plus loin possible.

Franky : Et justement, entre la sortie du premier album et What Hell Is About, on sortait du mouvement parisien neo-metal franco-français. Au tout départ, quand nous avions 18 ans et qu’on faisait nos premières démos, nous étions montés à Paris avec le chanteur du groupe pour essayer de le faire booster, avec la fureur des débuts, et on nous conseillait vivement de chanter en français, « vous allez voir qu’en anglais vous n’arriverez à rien »… Nous chantions en anglais depuis le début car c’est ce qui nous plait le plus, et à la fin de ce mouvement on s’était dit qu’à force de ne faire que des tournées en France comme tous les groupes l’ont fait… il n’y a pas 800 villes françaises qui peuvent accueillir du metal tous les week-ends, donc tu fais une tournée de 50 dates, et à moins de la refaire, tu ne peux plus jouer. Au bout d’un moment, j’ai l’impression que ces groupes se sont étouffé eux-mêmes. En chantant en français, beaucoup de portes étrangères leur ont été fermées, et au début de What Hell Is About nous voulions vraiment porter notre regard sur l’étranger et s’échapper de ce mouvement d’asphyxie des groupes franco-français. Aujourd’hui, on adore jouer en France car c’est notre pays, nous faisons nos 80 dates françaises, franchement je crois que c’est mon public préféré, mais si d’autres pays demandent de plus en plus Dagoba – et ça commence à être le cas – nous serons enchantés de pouvoir continuer à propager comme ça.

Cosmic Camel Clash : Concernant Face The Colossus, pourquoi avez-vous choisi justement cette thématique du colosse, qui tranche avec les visuels et thématiques développés sur les albums précédents ?

Izakar : Cette thématique du colosse peut s’appliquer à toutes les choses que l’on peut rencontrer dans la vie. Ça peut être l’image d’un groupe qui lutte pour sortir, l’image de David et Goliath, ça peut être toutes les situations dures que l’on peut rencontrer. C’est quelque chose d’universel, qui amène à la réflexion, plutôt que quelque chose de profondément figuratif. Tu peux voir la pochette, c’est l’image de quelque chose mais ça amène à réfléchir à comment arriver à ses fins dans une situation qui semble insurmontable, comment arriver à bout du colosse. Ça peut nous concerner, et je pense tout le monde peut se retrouver dans cette thématique à un moment de sa vie.

Cosmic Camel Clash : C’est marrant parce qu’il y a quand même une ambigüité : beaucoup de gens, avant d’avoir lu vos interviews, vont penser que vous ne parlez pas du fait de faire face au colosse, mais plutôt du fait que l’auditeur fait face au colosse, qui serait vous ! Est-ce que vous y avez pensé, par rapport aussi au fait que le son est très massif ?

Franky : Nous discutions juste avant du nombre de métaphores qu’on peut coller à cette pochette : il y a bien sûr le clin d’œil à David et Goliath, on nous a parlé du metal français face au metal international, des galères des musiciens par rapport à la réussite dans la musique… et celle dont tu parles est vraie aussi, elle est pertinente, mais ce qu’on a vraiment voulu donner comme image c’est l’idée de défi, de challenge, de quelqu’un qui, avec ses armes, vise haut et qui va se donner les moyens de le faire, quitte à se frapper un colosse en commençant par les chevilles, mais qui a envie de le guillotiner à la fin. C’est cette idée un peu héroïque, épique, avec un côté Stallone même, que j’apprécie : il va falloir le faire tomber et on ne mesure qu’1m60 (rires) donc il va falloir y arriver ! Ça peut être collé à un paquet de métaphores de la vie quotidienne : comment se relever d’un coup dur… l’idée du metal français par rapport au metal international me plaît beaucoup aussi, mais disons que de façon générale c’est l’envie de se surpasser, d’aller au bout de ses rêves sans se freiner à une montagne devant nous.
Photo


Cosmic Camel Clash : Vous avez travaillé de nouveau avec Tue Madsen, producteur du précédent album : est-ce que ça s’est de nouveau bien passé et que vous avez mis moins de temps à trouver votre son vu que aviez déjà bossé ensemble, ou êtes-vous repartis à zéro ?

Izakar : Nous avions commencé à parler de l’album avec Tue Madsen bien avant de rentrer en studio. Il avait une vision des choses avec laquelle nous étions assez d’accord : il n’avait surtout pas l’intention de reproduire la même chose que pour What Hell Is About, il est pour l’évolution et la variété de son dans le metal. C’est une ligne de conduite que nous avons aussi. Pour moi, un groupe qui stagne perd son intérêt à un certain moment, et avec Tue nous sommes tombés tout de suite d’accord sur ce point-là. Donc nous n’avons pas mis tant de temps que ça à trouver le son, il nous a proposé différentes choses et au fur et à mesure que ça s’est fait, ça nous a plus. Je pense que c’est une force pour les groupes d’avoir des sons variés au fur et à mesure des albums. Ça évite une certaine monotonie. Ce qui me saoule dans le metal en ce moment, c’est quand je prends des albums et qu’en les enchaînant, je ne fais quasiment plus la différence entre les groupes. Pour peu qu’on soit dans le même style, tout le monde a à peu près le même style de production, et je tenais absolument à éviter ça pour Face The Colossus. Donc ça s’est très bien passé avec Tue Madsen.

Cosmic Camel Clash : Justement, il est un peu aujourd’hui ce que Ross Robinson était dans les années 90-2000, c’est The Producteur avec lequel on travaille. Au niveau des techniques de collaboration avec les groupes, on a à peu près tout vu dans le metal : on a vu un gars comme Ross Robinson qui pousse ses musiciens à bout, on a vu un gars comme Rick Rubin qui ouvre le studio, dit « rendez-vous ce soir » et se casse… comment travaille-t-on avec lui ? Est-ce qu’il est très présent, qu’il a une influence sur la musique ? Est-ce qu’il vous laisse très libre ?

Franky : C’est quelqu’un de très calme, très posé, gros fan de metal avec une culture très large dans tous les styles, de hard glam au brutal death en passant par le hardcore… et c’est quelqu’un qui respecte beaucoup les idées premières de l’artiste, sans donner son avis à la « tu devrais faire ci ou ça ». Il écoute les discours, les discussions entre les musiciens et il essaie de comprendre l’intention du morceau. Il arrive à s’imprégner de l’album et de toutes les émotions que nous voulons donner, puis il commence gentiment à donner son avis, à apporter des idées avec beaucoup de tact. Mais c’est toujours sans rien imposer, de façon très délicate, et c’est ce que nous apprécions beaucoup. Dans la façon de travailler, il nous laisse très libres dans le sens où il sait travailler de toutes les manières je pense : enregistrement live avec les musiciens ensemble, enregistrements séparés et pas très « conventionnels », ou alors le truc classique avec la batterie qui attaque avec clic et guitare témoin… Sa façon de faire, c’est ce qui vous rend le plus à l’aise. Je pense qu’il aime bien découvrir de nouvelles recettes et s’adapter à la session de studio qu’il est en train de faire. Il n’a pas de recette toute faite. Par exemple sur l’album précédent nous avons fait toutes les prises chez lui, où il était super à l’aise, et je pense qu’il aime de plus en plus découvrir d’autres studios, où il vient juste avec sa mallette de micros et un pré-ampli, et faire les prises comme on l’a fait à Marseille. Il n’y a rien de très arrêté. Par contre il est très présent, à l’heure, s’il y a un jour de repos et qu’il veut réécouter, il a toujours un portable sur lequel il prend toutes les prises, il retouche quelques trucs, lave quelques pistes, réécoute quelques parties… c’est quelqu’un de très bosseur, très concentré. Il ne parle pas pour ne rien dire. Nous avions bénéficié de l’expérience précédente qui était très enrichissante, on faisait connaissance avec lui, et là disons que nous sommes passés de « faire connaissance » à « faire confiance ». Il y a vraiment un climat très amical qui s’était instauré, « Franky, fais tes prises, ok c’est bon on passe à la guitare », ça roulait.

Photo


Cosmic Camel Clash : Concernant le son, j’ai eu des retours assez contradictoires, en particulier sur le fait que le son de guitare est extrêmement saturé et compressé. D’un côté ça donne une impression de mur sonore – et je pensais que c’était en rapport avec le titre de l’album – de l’autre, si on n’a pas une chaîne avec des enceintes de fou ou un casque très cher, on ne comprend rien à ce qui se passe. Est-ce que c’est quelque chose dont vous on avez conscience ou dont on vous a déjà parlé ?

Izakar : On a déjà entendu cette critique, personnellement je l’ai entendu sur différents supports et ça peut être plus ou moins compréhensible à la première écoute, mais ce n’est pas un album destiné à être écouté juste une fois. Il y a énormément d’instruments différents et nous tenions absolument à ce qu’il y ait tout ce qu’on voulait dans le son. Alors que ce ne soit pas audible au premier instant, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus grave, mais je sais qu’en écoutant plusieurs fois l’album il y a une multitude de détails, de choses qui sont à découvrir et qui pour moi font la richesse d’un album, qui font qu’il n’est pas éphémère et qu’il tournera plus d’une fois. Si nous avions choisi de faire simplement basse/batterie/guitare sans rien ajouter autour, de ne pas faire de mouvement, de changement de mix à un certain moment, c’aurait donné quelque chose de très plat, qui aurait ressemblé à ce dont je te parlais précédemment, c’est-à-dire quelque chose de très monotone qu’on entend un peu partout. Je préfère avoir un album riche et peut-être moins abordable à la première écoute, mais qui va tourner beaucoup plus longtemps dans ma chaîne qu’un album que je vais écouter 2-3 fois, où je vais peut-être tout comprendre mais ce n’est pas forcément ce qui va m’intéresser. Après avoir écouté du metal pendant des années, j’apprécie beaucoup plus d’avoir à fouiller dans un album. Cette production-là est assez spéciale, le fait que les guitares soient très saturées, relativement compressées – encore que vu comment on les a enregistrées, elles ne sont pas si compressées que ça, c’est peut-être l’impression que ça donne mais le son au final est assez naturel par rapport à ce qu’on a pris devant l’ampli. Nous n’avons pas fait tant de « mur » que ça, on a bien utilisé ce que nous avions, et je suis très satisfait du son de guitare. Ce que j’aime bien dans l’album, et qui peut en effet faire un peu fouillis ou déstabiliser un paquet d’auditeurs, c’est le fait qu’à des moments il y ait du mouvement dans le mix, que les guitares vont se retirer un peu pour des séquences qui passent devant. À certains moments la voix va être très devant, la batterie va être plus présente sur certains morceaux, les sons vont changer… et ça va encore dans le sens de ce dont je te parlais : ce n’est pas un album monotone, au fur et à mesure tu vas tomber sur différentes parties, tu vas ressentir différentes choses. Peut-être que d’un coup ça va sonner beaucoup moins metal que ce que tu penses, mais c’est ce que nous avons voulu créer et pas forcément bastonner pour bastonner. Il y a des passages qui méritaient plus de synthè, d’autres qui méritaient plus de guitare… Le côté évolutif d’un mix qui bouge au fur et à mesure, qui s’élargit, rétrécit, c’est une idée qui me plaît énormément que je voulais absolument avoir sur l’album.

PhotoCosmic Camel Clash : Il y avait une grosse différence entre What Hell Is About et le premier album éponyme. À part la production, le côte mélodique était bien plus prononcé, le chant clair apparaissait sur certains titres comme “Cancer” ou “It’s All About Time”. Vous avez poussé cela encore plus loin sur Face The Colossus, et il y a des refrains qui ont l’air plus catchy qu’avant. Était-ce une volonté d’être plus accessible ?

Izakar : Je ne pense pas que ce soit vraiment une volonté, on a fait ce dont nous avions envie. Nous avons composé les chansons qui sont venues au moment où nous avions envie de les faire. Si certaines sont plus accessibles c’est peut-être parce qu’il y a un peu plus de chant clair que sur l’album précédent, mais on adore tous la voix de Shawter (chant) sur ce mode-là. Sur What Hell Is About et l’album d’avant, les gueulantes était suffisamment présentes ; je pense qu’elles sont aussi présentes sur Face The Colossus, il ne faut pas non plus réduire ça à du mainstream, mais c’est quelque chose qui nous ouvre des portes au niveau composition, de pouvoir faire du chant clair, osciller du plus au moins saturé, mettre un peu de relief dans les chansons… et ces morceaux nous sont venus naturellement, on avait envie de les faire. Comme tu peux le voir il y a une sorte de ballade metal sur l’album, ça faisait un moment que nous voulions la faire, on s’est senti la maturité de la faire et d’ailleurs nous en sommes super contents, c’est vraiment une belle réussite pour nous. C’était vraiment spontané par rapport à ce que nous avions envie d’exprimer, il fallait un peu changer le mode de composition sur certaines chansons, donc on l’a fait, et voilà (rires). Ce n’était pas du tout une démarche du genre « on va toucher plus de gens » ou quoi que ce soit, c’est vraiment venu comme ça.


Cosmic Camel Clash : Mais quand on écoute "Silence #3" on se dit vraiment « ils ont voulu faire un single »…

Izakar : Non, la chanson est peut-être un peu plus rock que les autres… il se trouve qu’elle ferait un très bon single, en effet (rires) il y a du chant clair et peut-être moins d’éléments « metal pur », mais il y en a quand même aussi. C’est une chanson qui fait un peu reposer l’album bien que le rythme soit assez soutenu, et je pense que beaucoup de gens vont arriver à l’apprécier, qu’elle a une portée que les autres chansons n’ont pas, donc elle avait sa place dans cet album-là.

Cosmic Camel Clash : Ok, eh bien on arrive au bout, donc comme le veut la tradition soit on s’arrête là, soit si vous voulez rajouter un truc vous avez le droit.

Izakar : On espère croiser beaucoup de monde sur la tournée, notamment les fans de la tournée précédente ; on espère que l’album va leur plaire, et surtout nous avons hâte de montrer le potentiel de l’album sur scène, sachant que ça commence dans deux jours !


Crédits photo : www.myspace.com/dagoba



Questions : Beren (beaucoup) & CCC (un peu)
Transcription : Flower King


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1