Damotte, Julien

Entretien avec Julien Damotte - le 10 mars 2010

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Sebrouxx

Une interview de




Damotte,_Julien_20100310

24 heures après la sortie de son album Trapped (chronique ici), c'est un Julien Damotte plutôt détendu qui débarque, ponctuel, à l'heure du rendez-vous convenu à proximité de la Mairie du XVIIIe arrondissement de Paris. En gros, à deux pas de Pigalle le quartier préféré des... guitaristes et autres musiciens de France et de Navarre. Point de mauvais esprit avec ce natif de Clermont-Ferrand qui se livre sans détour et sans filet.


Sebrouxx : Même si ta notoriété va grandissante depuis quelques semaines, je te laisse le soin de te présenter auprès de ceux qui n’auraient plus consulté Internet depuis plusieurs jours.

Julien: Je m’appelle Julien Damotte. Je suis né à Clermont-Ferrand et je me suis exporté à Paris il y a quelques années. Pas forcément pour la musique, mais pour mon travail. Mais forcément ça m’a servi pour la musique aussi. Euh que dire d’autre ? Ah oui, je joue de la guitare depuis douze ans grâce à mon père qui est guitariste et qui voulait absolument que je suive ses pas. Ce que je comprends et ce que j’essaie de faire au mieux. Voilà, je joue de la guitare, je chante un peu. Enfin petit à petit, j’essaie de chanter, de jouer de la basse, mais à la base je suis guitariste.
Quoi d’autre ? Je suis professeur d’Anglais. Ca, c’est un truc que je ne dis pas souvent mais il faut bien un vrai métier ! Voilà.

Sebrouxx : Prof d’Anglais, ça file un bon coup de main pour écrire les paroles et corriger celles composées par les potes ?

Julien: Exactement. Ca fait du bien pour les paroles et pour comprendre les paroles des autres. Que dire d’autre ? Ah si, voilà mon premier album, mon vrai premier album parce que j’avais fait quelque chose en 2003 (NDLA : Deep Inside, CD instrumental 12 de pistes) qui ne se vend plus, mais pourra peut-être se revendre bientôt. Je pense le rééditer.

Sebrouxx : Tu n’as pas pensé l’intégrer avec Trapped dans une version double-CD exclusive-collector-deluxe ?

Julien (rires) : Non, c’est vrai que je n’ai pas pensé à ça. Mais je ne préfère pas. C’est tellement différent, je n’y tiens pas. Je préfère qu’il y ait une cohérence dans chaque projet. En plus de ça, c’est deux époques différentes et il y a quand même sept ans qui les séparent. Non, je pense que je le rééditerai pas cher un de ces jours. Ca, c’est sûr ! Peut-être même que je le ré-enregistrerai. La technique a tellement évolué, mais aussi la mienne que, ouais, pourquoi pas le refaire ?

Sebrouxx: Donc musicalement, et au lendemain de la sortie de cet album, tu distingues clairement deux vies : celle avant et celle après Trapped ?

Julien: Deep Inside, c’était clairement un essai pour voir si c’était possible d’enregistrer quelque chose de décent avec des moyens très limités à l’époque. Et puis même histoire de se lancer un petit peu tête baissée là-dedans, après des années de pratique. Le truc, tu sais, «Allez à moi de proposer quelque chose maintenant.»
Alors que Trapped, c’est un projet beaucoup plus réfléchi. Ça a une histoire, une cohérence. Chaque morceau est à sa place alors que Deep Inside, c’est expérimental. Ni plus, ni moins.

Sebrouxx : Plus technique aussi ?

Julien: Ouais, plus technique aussi. Trop technique même si je suis beaucoup moins technique que pas mal de guitaristes. C’était quand même beaucoup plus technique que mélodique et ça, il fallait le corriger à tout prix.

Sebrouxx : Et justement en tant que guitariste technique, véloce, enfin la traduction française de Shreddeur, est-ce que tu te sens héritier d’une certaine tradition de guitar héros français comme Patrick Rondat, Christophe Godin...etc ? Est-ce ou non lourd à assumer ?

Julien: Je comprends tout à fait et c’est une très bonne question. C’est justement pour ça que je n’ai pas fait d’instrumental. J’aurais bien aimé me sentir héritier de toute cette génération sauf que ça, il faut vraiment en avoir les moyens et je ne pensais pas en avoir les moyens. Je me suis dit : «Autant composer quelque chose de plus personnel, de vraies chansons sans marcher sur les plates-bandes de tout ce qui a déjà été fait , refait et surtout mieux fait que moi et que je ne pourrai jamais faire». Je trouvais ça trop dangereux et c’est aussi peut-être même par pudeur…
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Sebrouxx : Deep Inside reste-t-elle néanmoins une expérience positive et qui t’a servi dans la conception de Trapped ?

Julien: Oui bien sûr, c’est les prémices. Il me fallait ça pour débuter : je n’aurais pas pu faire Trapped comme ça. Toute expérience est bonne à prendre et celle-là, je la considère comme la toute première qui permet de se lancer sur autre chose.

Sebrouxx : Justement pour se lancer sur autre chose, ce ne fut pas instantané pour autant. Quatre ans de gestation pour sortir Trapped quand même. Maintenant en remettant la pièce sur l’ouvrage, il faut rappeler que Trapped a commencé par l’enregistrement de quelques beats de batterie sur PlayStation pour finir sur la présence de Matthias Ekhlund et Christophe Godin en guests sur le morceau "Ending Chapter". Un sacré chemin ou un chemin de croix ?

Julien: (souffle) Ouh ! Sacrée question encore. Le principal obstacle, c’est le temps. Alors je me suis libéré de toute contrainte et j’ai pris tout mon temps. J’ai commencé l’écriture en 2004 et il sort en 2010. Concrètement, la dernière année, je n’ai rien composé, rien enregistré. Même depuis deux ans, on va dire, j’ai fait essentiellement de la promo, démarché des labels. Donc, oui, c’est bien quatre, cinq ans, et même six ans de gestation. L’autre obstacle, c’est le matériel parce qu’on a beau être guitariste, avoir des choses à dire, après il faut savoir s’enregistrer. Donc je me suis fait aidé au départ par mon pote Buzz qui est sur l’album aussi. On va se suivre encore longtemps, je pense, et il a fallu que je m’initie à la musique assistée par ordinateur, à la MAO. Il a fallu que je me lance sur Cubase pour ne pas le nommer, d’ailleurs je ne sais pas s’il faut le nommer.

Sebrouxx : Pour les marques, on n’est pas sur France Télévision, fais-toi plaisir !

Julien: (rires) Donc j’ai appris Cubase, tout en composant. J’ai tout fait en même temps. Il a fallu que j’apprenne à poser ma voix en même temps, à chanter à peu près juste. Bon, je le faisais déjà avant mais pas dans ce registre, pas dans le metal progressif.

Sebrouxx : Pour en revenir aux années de gestation de Trapped, c’est le choix du concept album qui, aussi, demande plus de temps et de réflexion, non ?

Julien: Le concept étant lié à ma vie de tous les jours, du coup, il n’a pas été vraiment difficile de mettre un concept en œuvre. C’est par ça que j’ai commencé en fait, je me suis dit :«Je veux un morceau d’ouverture, un petit peu à l’image de l’ouverture sur le Scenes from a Memory de Dream Theater». C’était vraiment le modèle et on sent déjà les quelques thèmes qui vont être développés sans non plus que ce soit exagéré.

Sebrouxx : …avec un cette usage de lointaines voix d’enfants…

Julien: Exactement. Cela retrace un peu ma vie. C’est des expériences que j’ai vécues. Des expériences qui m’ont touché. J’ai pu les exorciser en quelque sorte avec cet album. Donc le concept, il est né très naturellement. J’ai pas lutté pendant des heures, même pour les paroles. J’ai mis mon écriture en automatique, même si je suis prof d’Anglais et que j’aimerais me corriger pendant des heures, j’ai passé très peu de temps sur la forme et me suis plus concentré sur le fond. Ça, c’est vraiment pas l’obstacle. Le seul truc, c’est d’attendre que tout vienne : l’inspiration, l’envie, le besoin et le moment aussi. Parce qu’il y a des moments où on peut écrire et d’autres non. On a une vie aussi et malheureusement je ne gagne pas ma vie comme ça.

PhotoSebrouxx : Puisque le concept, c’est un assemblage des fragments de ta vie, peux-tu nous en dire plus sans pour autant nous immiscer dans ton intimité ? Quels ont les principaux thèmes que tu as abordés ?

Julien: C’est assez simple tout en étant assez compliqué. C’est la Vie. La Vie et la Mort. Le Commencement et la Fin de notre Existence. C’est comme ça que je le vois, moi, en tout cas. Mais aussi tous les sentiments que l’on peut éprouver tout au long de cette Vie. Toutes ces choses qui peuvent nous donner envie de la vivre, comme l’Amour. Une chanson comme "Eternal Love", c’est une chanson que j’ai écrite à la fois pour mon ex-compagne et ma mère parce que je pensais que c’était bien de mettre en parallèle deux amours différents. C’est d’ailleurs pour ça qu’on chante cette chanson à deux avec Gus (NDLA : Monsanto, ex-chanteur d’Adagio et ami de Julien). Il a voulu s’impliquer là-dedans lui aussi et c’était un super moment.

Sebrouxx : Vu l’énergumène, je te crois sur parole.

Julien: Tu m’étonnes. Pour continuer sur ta question sur les thématiques, y a la Mort aussi. Dans "Death". Et juste avant dans "Dying". C’est le premier morceau que j’ai écrit et c’est une tranche de vie. J’ai voulu réfléchir et me suis dit : «Bon alors, à un moment donné, je suis né, là je suis en train de vivre, j’ai quel âge, qu’est-ce que je fais, pourquoi je suis là, est-ce que je vais y arriver…etc» C’est des doutes, des peurs, des angoisses. A mon avis, tout le monde pourrait écrire un Trapped un jour. Du moins, je pense. Après est-ce que les gens se sentent, comme le titre l’indique, prisonniers, pris au piège de leur existence ? Peut-être que c’est moi qui n’est pas normal, qui a un problème ? Y a rien d’extraordinaire dans le concept, pas d’histoire de science-fiction, de trucs trop compliqués ? J’ai voulu que ce soit un album simple.


Sebrouxx : Okay tu as un concept simple, mais tu déroules aussi un sacré paquet d’idées de sons. Et la mise en parallèle de ces deux éléments m’a rappelé des sentiments que j’ai éprouvés en écoutant deux standards de la musique : le morceau "Burden" d’Opeth, sorte de Pink Floyd track en plus élaboré…

Julien: Oui je vois le genre.

Sebrouxx : …et le Sex & Religion de Steve Vaï dont Trapped en serait une sorte de négatif. On inverse tous les tenants et aboutissants, en conservant la logique sonore.

Julien: Ah ouais. Là, il va falloir que je réfléchisse,hein (rires). On va mettre pause. C’est super intéressant. Sex & Religion, déjà, c’est un album que j’ai vraiment adoré, c’est celui qui m’a fait découvrir Steve Vaï et surtout Devin Townsend qui, lui, est devenu un des mes héros. Enfin Steve Vaï aussi d’ailleurs. C’est vrai que c’est un album magnifique. Alors après il va falloir que je réfléchisse. Explique-moi ce que tu entends par négatif, mais c’est vachement intéressant.

Sebrouxx : Dans Sex & Religion, il y a une espèce de joyeuseté dans le désenchantement qui s’achève vers quelque chose de bien lugubre. Et le chant de Townsend allant crescendo y est pour beaucoup. Pour Trapped, on va du bien lugubre pour aller chez plus de mélancolie, allez je risque le mot de plus léger sachant que pourtant tu continues de balancer des pistes de guitares saturées bien lourdes. Rien que le dernier morceau de douze minutes, "Ending Chapter", finit par quelque chose de plus…

Julien: Aérien ?!

Sebrouxx : C’est ça avec plus d’espoirs. Maintenant la voix soul de Maya aide bien à ouvrir plus d’horizons.

Julien: Exactement. C’est la petite note d’espoir sur la fin parce qu’il y en a une et heureusement pour nous ! Il y en a une dans la vie et un album triste de bout en bout, ça ne m’intéresse pas non plus. Je ne suis pas quelqu’un de triste. Il fallait cette petite note qui est donnée par Maya comme tu l’as justement souligné. C’est super intéressant comme comparaison et ça me flatte beaucoup parce que ce sont des artistes que je respecte beaucoup. Je connais moins Opeth mais j’adore la voix de Mikael Akerfeld. Super comme comparaison. Merci.

Sebrouxx : Justement côté chant, comment as-tu appréhendé la question du fait qu’il s’agissait des premiers enregistrements vocaux que tu effectuais ?

Julien: Tout à fait, vraiment les tous premiers. Vu que j’ai tout voulu enregistrer à l’époque PlayStation, c’est très marrant, ça sonne très mal. Une PlayStation et un petit Boss huit-pistes. J’ai enregistré les démos de "Dying" et de plein d’autres chansons de Trapped là-dessus. Comme j’étais tout seul chez moi, je me suis dit que j’allais faire le chant. En plus j’écrivais à la première personne, j’exprimais mes sentiments. Du coup, c’est venu tout naturellement alors que je me sentais pas prêt à devenir chanteur, en tout cas de ce style-là. J’ai chanté beaucoup de variété avant, de rock, de blues avec d’autres groupes. Mais le metal progressif, c’était pour moi quelque chose d’intouchable où il faut avoir des qualités autres que les miennes. Donc, heu, rappelles-moi la question !?
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Sebrouxx : Ta manière d’appréhender le chant sachant qu’à la limite tu aurais pu te reposer intégralement sur Gus Monsanto ou impliquer davantage Maya.

Julien: En fait je voulais commencer tout seul. Gus, c’est pas possible déjà parce qu’il est très doué, ça on le sait. Il a une technique bien meilleure que la mienne et ça, on le sait aussi. Mais ça lui a plu, la musique lui a plu, c’est ce qui m’a étonné et c’est mon premier juge. Il m’a dit :«Je veux bien faire quelques chœurs, quelques petits trucs”. Et non, je souhaitais plus. Je me suis posé la question : « Est-ce que je lui fais tout lui chanter ?». Lui ne voulait pas de toute façon parce que les morceaux étaient trop personnels et que cela n’aurait pas de sens. Donc, du coup, je me suis dit que j’allais chanter les trucs les plus personnels et qui sont plus à la fin de l’album, dans la deuxième partie on va dire, et je vais lui laissais chanter les trucs un petit peu plus metal, que j’ai beaucoup moins chantés que lui et les démos en attestent si un jour elles font surface. Donc je me suis beaucoup reposé sur lui, et lui ‘a beaucoup aidé à enregistrer mes parties. Sans Gus, Trapped aurait un tout autre aspect.

Sebrouxx : C’est pareil pour Maya ?

Julien: Maya, elle est venue tardivement dans ma vie, j’ai envie de dire. Juste au moment du dernier titre que j’ai écrit en dernier. Là, c’était vraiment chronologique. Ca ne l’a pas toujours été dans “Trapped.” J’ai lutté pour cette chanson, je voulais justement un truc un peu plus gai au moins pour l’ouverture de la chanson. On reprenait le thème de "What You’ve Been Through" et on m’a présenté Maya en me disant :«Ecoute, elle chante super bien. Elle a une voix R’n’B, Black, Soul.» Alors pourquoi pas ? Et ça a fait tilt ! J’ai alors tout réécrit les trois premières minutes, je lui ai donné ça et elle a tout travaillé chez elle. Pour moi, elle apporte une petite touche de fraîcheur, d’originalité en fait dans ce style qui n’est pas toujours original. C’est un style qui tourne toujours autour des mêmes écueils. C’est un pari en fait.

Sebrouxx : Est-ce ce dont tu es le plus satisfait sur l’album ?

Julien: Je très fier du son. Okay, j’enregistre tout seul chez moi, mais le vrai responsable, c’est Kevin Codfert (NDLA : Clavier d’Adagio et responsable du mixage de Trapped, mais aussi du dernier Myrath entre autres). J’attendais vraiment quelque chose de magnifique de sa part et il est arrivé à quelque chose de très propre et de très lourd à la fois. Je suis aussi très fier des solos des invités. Pour moi, Christophe (Godin) et Mattias (Eklund) sont des dieux vivants que ce soit au niveau de leur instrument qu’au niveau de leur personnalité. Ça, c’est une grande fierté de réécouter leurs solos sur ma musique. Je trouve qu’ils ont fait quelque chose de très personnel.

Sebrouxx : Et d’aisément identifiable.

Julien: on sait qui joue sans trop de difficultés. Et à titre personnel, je suis content d’"Eternal Love", qui me touche beaucoup, et aussi du dernier morceau qui m’a permis d’explorer d’autres horizons. On a beaucoup bossé avec Nach, le clavier, et on a déjà travaillé d’autres morceaux depuis. Mais ce ne sera plus un album solo : on trouvera un nom de groupe, on va engager un bassiste, on va engager un batteur et on va pensé à un chanteur attitré histoire que mon tout soit plus cohérent sans pour autant aller jusqu’au déluge d’invités. Quelque chose de plus solide avec lequel on pourrait tourner plus facilement. Là, on est en train de bosser dessus.

Sebrouxx : Et tu veux continuer en parallèle ton projet solo, ce projet avec Nach et MadOnAGun ?

Julien: Alors MadOnAGun, ça restera toujours parallèle même si on commence à répéter du “Trapped” pour en jouer sur scène. On en a une de prête pour la prochaine date. Mais vu que MadOnAGun est très metal, on va pas faire de trucs trop, trop (cherche)…

Sebrouxx : progressifs ?

Julien: Ouais, progressifs. Quoique. Faut voir. Ils sont tous prêts pour faire ça.

PhotoSebrouxx : Donc tu cloisonnes, mais pas tant que ça ?

Julien: J’arrive à cloisonner. Quand je compose, je sais tout de suite pour qui, pour quoi. En tout cas, c’est naturel. Pour MadOnAGun , j’essaie de trouver les riffs les plus tranchants possible : c’est génial, j’adore ça. Quand c’est perso, comme Trapped, c’est un tout autre mode de composition : c’est des chansons que j’essaie de composer, je commence à la guitare sèche, puis les mélodies, les textes. Je ne commence pas par les riffs de guitare. Et actuellement, je suis en train de m’attaquer à l’album solo de Maya, elle écrit et j’arrange la majeure partie de ses morceaux et j’enregistre tout ça. C’est plus soul, R’n’B et ça n’a rien à voir.


Sebrouxx : Tu peux taper quelques solos dessus comme Slash avec Rihanna et Elan, ou Bettencourt avec Rihanna aussi ?

Julien: C’est pas à l’ordre du jour. Y a rien qui déborde pour l’instant.

Sebrouxx : Et côté guitares, vu que tu n’avais enregistré que de l’instrumental jusqu’à présent, as-tu revu ta manière fonctionner et as-tu des conseils à donner à des jeunes guitaristes qui souhaiteraient passer ce pallier de l’enregistrement?

Julien: Un conseil que donne Mattias Eklund à chaque fois, c’est de trouver sa propre voix. Bien bosser la technique pendant quelques années, repiquer les plans des autres, puis très vite les réadapter. Donc se trouver son propre jeu, sa propre voix. Le deuxième conseil est de rester très mélodique quand même, de ne pas vouloir trop en mettre. Et le troisième conseil, c’est de savoir improviser. Moi, c’est quelque chose que j’adore et je pense que comme cela je pense qu’on développe son style à soi, plus qu’en interprétant une musique déjà écrite. Je trouve que les gens n’improvisent pas assez. Voilà, c’est le coup de gueule de la soirée!

Sebrouxx : La question Ron Thal, artiste que tu as fréquentés lors de clinics apparemment. Je joue Ron Thal. Demain, je me casse de Guns’n Roses. Je t’offre ma place, enfin Axl t’offre mon job, tu prends ?

Julien: A 200% oui. Déjà j’ai besoin d’argent. Vivre de ma musique, ça reste mon rêve. Maintenant ça doit être un rêve bien bizarre de jouer dans les Guns avec Axl Rose…

Sebrouxx : Ron Thal recevait des menaces de mort lors son arrivée dans le groupe…

Julien: Ouais, mais je crois que je n’hésiterais pas. Ce serait le truc le plus fou que je ferais dans ma vie. Merci quand même pour ta question, mais ça n’arrivera jamais (rires) !

PhotoSebrouxx : Deux questions Charly Sahona (NDLA : ami de Julien et guitariste-chanteur dont le premier album solo vient de sortir également il y a quelques semaines). La première, es-tu prêt à revenir dans le Sud de la France passer quelques moments inoubliables ? Ça veut dire quoi déjà ?

Julien: Euh, c’est très personnel, je ne peux pas répondre. Non, j’ai passé quelques temps dans le Sud à suivre la tournée Cocktail de Nuit (NDLA : célèbre groupe de reprises du sud de l'hexagone dans le lequel joue Charly) et c’était inoubliable. Un très grand groupe, qui joue très, très, très bien. Plus d’autres moments comment dire, euh, festifs avec des gens excellents musicalement et personnellement.

Sebrouxx : Seconde question à laquelle tu pourras peut-être répondre sans trop te mouiller et trop balancer. Avec le recul et la publication des premiers articles et chroniques de Trapped, que penses-tu de l’album maintenant? Elle est sévère, celle-là !

Julien: C’est très bien, les chroniques me permettent d’ouvrir les yeux sur certaines choses. Il y a des chroniques que j’attendais au tournant. Je pense que beaucoup de gens en ont saisi la quintessence, c’est-à-dire que c’est un album sincère, qui est honnête. Ce n’est pas un exercice de style, enfin pas seulement. Ce sont de vraies compos qui ont un but. Il y a beaucoup de gens qui ont été sensibles à ça et c’est aussi pourquoi je n’ai pas voulu refaire d’album totalement instrumental. Les défauts de l’album, ils ont tous été relevés, que ce soit la boîte à rythmes, que ce soit un petit manque de liant, de cohérence. Mais si c’était à refaire, je referais exactement pareil. Je prendrais un petit peu plus de temps pour chercher un batteur et l’enregistrer, et passerais un petit peu moins de temps à chercher un label. Parce que ça, ça n’a servi à rien. Mais c’est tout et je pense que je n’ai rien à regretter. Je suis très fier, très content.


Sebrouxx : Il ne reste plus qu’à organiser une tournée commune Charly Sahona/Julien Damotte pour que tu puisses défendre Trapped sur scène ?

Julien: Lui et moi savons que ce n’est pas possible, que c’est plus facile à dire qu’à faire. Alors une tournée, sûrement pas, mais une date commune, avec plaisir ! Ca, c’est faisable. D’ailleurs, Charly joue sur l’album de MadOnAGun, donc le faire venir jouer sur scène avec nous, c’est déjà prévu depuis longtemps.

Sebrouxx : Je te laisse le champ libre pour les lecteurs des Eternels si tu as quelque chose à ajouter. Sujet libre et point final.

Julien: Déjà merci aux Eternels eux-mêmes de s’être intéressés à Trapped merci et pour cette interview! Et pour les lecteurs des Eternels, si la chronique, puis les extraits vous ont plu, merci d’encourager un guitariste qui débute non pas dans la guitare mais dans la musique en général. L’album est en vente depuis le 9 mars sur deux sites pour l’instant et bientôt sur un site américain. J’espère que ça vous plaira et n’hésitez pas à lâcher vos commentaires ça et là, à envoyer un petit message. Pas de problème, je répondrai. Ca, c’est la promo rayon boucherie ! (rires)


Crédits Photos: www.myspace.com/damotte




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