Black Label Society

Entretien avec John DeServio (basse) - le 18 juin 2011

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Sebrouxx

Une interview de




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Habitués des rencontres rugbystiques du les chaînes de télévision publiques, vous devez connaître le principe du Talent d'Or. Pour cette seconde journée du Hellfest 2011, les Eternels vous ont en tout état de cause dégoté un mec en or 18 carats, bassiste de surcroît: John DeServio, alias JD, et membre du Black Label Society qui s'apprêtait à fouler la Mainstage 1 dans quelques heures. Fire !

Sebrouxx : Bonjour John et merci de m’accorder quelques minutes dans cet océan d’interviews que tu t’apprêtes à connaître. C’est la seconde fois que nous nous rencontrons cette année…

John DeServio : … oui, je me souviens de toi à Paris! Si : à l’étage, tu avais le tee-shirt vert de Black Label Society, celui édité pour la Saint-Patrick. Comment ca va ?

Sebrouxx (surpris) : … bien, merci.

John DeServio : T’as changé de tee-shirt aujourd’hui (NDLA : désignant le vêtement souvenir de la tournée 2006/2007 de Shoot to Hell). C’était une tournée incroyable !

Sebrouxx : Le bon vieux temps de tes débuts (NDLA : John succédait alors à John LoMenzo) au sein du Black Label, n’est-ce pas ?

John DeServio : Tu parles, rien que d’y penser, je prends vingt ans. C’était une sacrée expérience.

Sebrouxx : Je te pose la règle numéro un de cette interview si tu le veux bien : tu ne dois pas prononcer le nom de "Zakk Wylde." En aucune manière. Tu vas voir ça va être simple et bien se passer.

John DeServio (rires) : Celle-là, on ne me l’avait pas encore sortie. Okay, je vais faire ce que je peux!

Sebrouxx : Question bateau pour commencer. Te voilà donc en France pour la seconde fois de 2011, et dans un festival cette fois. Est-ce un pays qui t’a laissé pour l’instant de bons souvenirs ?

John DeServio : Le show que nous avons donné à Paris était vraiment incroyable. La salle était pleine et les fans étaient sacrément incroyables. On était un peu attendu, non ?

Sebrouxx : Disons que le Black Label avait sorti un DVD live d’une date parisienne (NDLA : A l’Elysée Montmartre, le 17 juin 2005) et que ce fut un sacré cirque. Il devait y avoir cet hiver quelques nostalgiques de ce show et du DVD qui s'en est suivi. As-tu eu l’occasion de le voir ?

John DeServio : Oui. Je ne jouais pas dessus. Ce fut tourné avant que je n’intègre le groupe.

Sebrouxx : Je sais bien, c’est pour cette raison que je te le demande !

John DeServio : Je hais ce dvd (rires)! Putain, il craint. Non, non, bien sûr que je l’ai vu et c’est un excellent concert du Black Label.  Peut-être l’une des meilleures performances du groupe à ce que m’en disent les autres. Mas je ne joue quand même pas dessus (rires).

Sebrouxx : Il aurait fallu que le BLS tourne la suite cet hiver, Chapter Paris : Chapter Two. Parlons d’un CD sur lequel tu joues : le récent album The Songs Not Remains the Same. Le considères-tu comme une expérimentation acoustique, une sorte d’Unplugged du groupe, ou plutôt comme un délire qui vous tenez à coeur?

John DeServio : Il s’agit seulement de versions unplugged de titres de Order of The Black, et rien de plus. Mais aussi d’une manière d’intégrer dans ce disque tous les bonus sortis sur différentes versions de l’album sorties en Asie et en Amérique du Sud. Mais je le considère comme un album à part entière et j’aime énormément la façon dont sonnent “Overlord” et “Parade of The Black.” J’aime aussi la manière dont on l’a appréhendé et j’ai vraiment passé de bons moments lors de sa phase de mixage. Puis il y a avait moins de pistes de guitare distordue et ce fut plus simple à mixer !

Sebrouxx : Aimerais-tu que cet album trouve son prolongement en vidéo, un peu à la manière de la série Unplugged diffusée il y a quelques années sur MTV ?

John DeServio : Franchement oui. Nous avons déjà fait appel à un quartet de cordes et à des choristes. Mais se le faire en vidéo, je suis 100% partant. Va falloir convaincre le reste du groupe…

Sebrouxx : Ce n’est donc pas à l’ordre du jour ?

John DeServio : Non.

Sebrouxx : Pour l’instant votre actualité, c’est cette tournée des festivals dont aujourd’hui votre venue au Hellfest. Vois-tu une grande différence entre les festivals nord-américains et leurs équivalents européens ?

John DeServio : Déjà, je ne comprends grand monde ici quand on me parle. Mais franchement, les fans sont aussi furieux ici qu’aux Etats-Unis et ça, ça fait sacrément plaisir ! Ils viennent tout autant pour une seule et même raison : Rock & Roll. Et passer du bon temps. C’est une tendance universelle.

Sebrouxx : Et toi, quel est ton meilleur souvenir de festival, autant en temps que musicien qu’en tant que simple spectateur ?

John DeServio : Mon meilleur souvenir de festival ? Franchement, je ne sais pas. Peut-être le fait de rencontrer en vrai des musiciens que j’appréciais. C’est une bonne question, mais rien ne me revient précisément.

Sebrouxx : C’est le décalage horaire. Justement, 2012 est une année sacrément chargée pour la groupe. Penses-tu qu’il s’agisse de la période la plus fatigante depuis que tu as intégré le Black Label ?

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John DeServio :
Je peux te dire que je suis sacrément content de pouvoir autant travailler actuellement. Ce n’est pas fatigant, c’est incroyable tout simplement et j’en profite. Non, ce qui reste fatigant, tu t’en doutes bien, ce sont les voyages qu’on enchaîne mais les lieux et les shows valent le détour.

Sebrouxx : Je te propose de faire une pause. Jette un œil, s’il te plaît au running-order du Hellfest, et imagine-toi comme le festivalier lambda. Pour chaque journée, peux-tu me désigner le groupe qui t’aurait mené jusqu’ici sans hésitation?

John DeServio : De chaque journée ? Attends. Alors, premier jour (hésistation) : Clutch. Oui Clutch. Jour 2, hum, Scorpions. Et jour 3, c’est facile, mec : Judas Priest.

Sebrouxx : Et dans le même ordre d’idée, peux-tu à partir de cette liste désigner ton MVB (NDLA : Most Valuable Bassist, meilleur bassiste, en référence au joueur du match, le fameux MVP) du Hellfest 2011 ?

John DeServio : Je suppose que je ne peux pas voter pour moi-même alors attends une minute. Je te dirais Marco Mendoza, de Thin Lizzy. Un sacré musicien.

Sebrouxx : Thin Lizzy était l’une de tes influences quand tu débutais sur l’instrument ?

John DeServio : Oui, mais celle au-dessus de toutes, la référence des références, c’était Steve Harris de Iron Maiden. Et Geezer Butler de Black Sabbath. J’ai beaucoup travaillé sur leurs titres. Puis ensuite, il y a eu Jaco. Jaco Pastorius et tout un paquet de bassistes jazz et fusion. Mais j’ai grandi en écoutant de Rock, du Heavy. Steve Harris reste numéro un.

Sebrouxx : Simple question, je sais que tu as déjà rencontré Geezer Butler, mais as-tu eu l’occasion de rencontrer Steve Harris ?

John DeServio : Oui. Steve, comme Geezer, sont vraiment des mecs adorables. J’adorerais tourner avec Iron Maiden. Tiens, je te raconte un souvenir concernant Maiden: en 1982, je m’étais fait un tee-shirt du groupe, avec sur le devant la pochette de leur album Killers que j’avais moi-même dessiné. Et Steve Harris me l’a alors signé. Tu imagines ma tête alors : j’avais à peine 13 ou 14 ans. Je l’ai encore.

Sebrouxx : Et côté futur, peux-tu me dire ce qui se prépare du côté du Black Label ?

John DeServio : Un sacré tonne de boulot. Un nouvel album, qui arrivera vite, tu verras. Mais aussi un nouveau DVD. Après cette tournée européenne, nous partons pour l’Amérique du Sud, puis nous tournons avec Judas Priest aux Etats-Unis. A voir encore dans quel pays nous allons tourner ce DVD live.

Sebrouxx : Probablement en Amérique du Sud puisque c’est la Mecque du Heavy Metal, du moins c’est là que AC/DC et Maiden ont enregistré leur dernier DVD live.

John DeServio : Oui, j’ai rencontré Angus Young l’autre jour et justement on en a parlé. L’avenir nous le dira (rires).

Sebrouxx : Merci de ta disponibilité, John, et Keep on rockin’ in a free world !

John DeServio : Faire du rock, ça oui, je vais continuer. Mais dans un monde libre, là, je ne sais pas. Merci à toi.

Sebrouxx : Au fait, tu n’as pas prononcé le nom de Zakk Wylde !

John DeServio : Je sais (rires) !


Un immense merci à Karine, Charlotte et Manon du Team Roadrunner.
Crédit Photos: SnRx


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