Zero Degree

Entretien avec Sebastian Weissgerber - le 09 mars 2012

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Winter

Une interview de




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Zero Degree est un groupe de mélodeath allemand qui voit son album Surreal World, dans un premier temps auto-produit, ré-édité par Massacre Records. Pas étonnant que le label les ait remarqué car le death mélodique de ce combo composé de pas moins de six personnes dont trois guitaristes, a une caractéristique particulière, celui de faire la part belle aux guitares, justement. Presque toutes les chansons sont des occasions pour les guitares de se mettre en valeur et, outre certaines influences plus modernes, de rendre hommage au grand Maiden. Sebastian, un des guitaristes, a accepté de bon coeur de répondre à nos questions, et vous le verrez, l'homme est plutôt disert et ses propos intéressants.

        
Winter : Salut, peux-tu nous présenter brièvement le groupe pour les personnes qui ne vous connaissent pas ?

Sebastian : Zero Degree est un groupe de six musiciens originaire de Nordhausen, Thuringe en Allemagne. Le groupe joue un Death Metal Mélodique axé sur les mélodies à base de guitares « jumelles ». Zero Degree a été fondé en 2006 et se compose de Thomas le chanteur, Pascal, Maik et moi aux guitares, André notre bassiste et Tobias derrière les futs de batterie.

Winter : Le nouvel album date en fait de 2010 et était une auto-production. Comment avez-vous réussi a être signés par Massacre Rec. ?

Sebastian : Nous avons simplement envoyé la demo à Massacre records. Ils ont aimé et nous offert une ré-édition au niveau mondial. Nous avons pensé que ce serait une super opportunité pour Zero Degree d’avoir plus d’amis et de fans.

Winter : L’écoute de l’album peut fortement faire penser à In Flames (Re-Route to Remain), Sentenced (Amok) et, surtout, à Iron Maiden (de Piece of Mind à Powerslave). Es-tu d’accord ? Iron Maiden est-il une de vos groupes favoris ?

Sebastian : In Flames et Iron Maiden sont toujours mentionnés à l’heure d’évoquer nos origines musicales. Et nous sommes vraiment influencés par ces groupes, mais nous ne prenons par leurs chansons commes des patrons à respecter. Nous pensons que nous écrivons notre propre musique et que nous suivons notre propre chemin, mais les gens trouveront toujours une référence de ce genre et ce n’est absolument pas un problème. La comparaison avec Sentenced est une nouveauté pour moi mais j’aime vraiment beaucoup ce groupe donc pas de soucis ! Iron Maiden est un groupe que tout Zero Degree aime vraiment. Ils sont toujours une toute-puissance sur scène partout dans le monde et montrent aux petits jeunes « how to rock ». J’ai énormément de respect pour leur œuvre.

Winter : Ce qui me frappe dans votre opus c’est le fait que, à l’inverse de In Flames par exemple, vous mettez l’accent sur les guitares lead avec des solos assez longs et des chœurs de guitare (et c’est super !) Cependant, vos chansons cont plutôt courtes, tout au moins pas très longues. Pouvons-nous imaginer Zero Degree composant des chansons plus longs un de ces jours ? Pourriez-vous composer un "Rhyme of the Ancient Mariner" ou un "To Tame a Land" en version death-metal ?

Sebastian : Hell yeah ! En fait, nous avons essayé de composer un air plus long avec ce genre d’atmosphère. La plupart des idées s’adaptaient mieux à un format plus « court ». Mais il y aura une chanson épique un de ces jours, je le promets ! Je pense que le fait que nous usions des leads de guitares jumelles nous distingue de la plupart des groupes de melo-death au jour d’aujourd’hui. D’autres groupes on un background plus metalcore ou se concentrent plus sur la lourdeur, la brutalité et les aspects techniques. En écrivant de bonne chansons, nous voulons seulement capturer nos émotions et les partager avec les gens.
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Winter : Le death-metal mélodique se situe quelque part entre le heavy metal classique et le death-metal plus traditionnel. Te sens-tu plus proche de Dio ou de Cannibal Corpse ?

Sebastian : Le groupe est beaucoup plus branché heavy metal traditionnel, donc je dois dire Dio ! La mort de Ronnie m’a vraiment touchée et je crois que le monde du métal a perdu un des meilleurs pour ne pas dire le meilleur chanteur de métal. Mais nous aimons aussi le death metal des années 90.

Winter : Voulez-vous maintenir votre style inchangé au cours du temps ou envisagez-vous des évolutions musicales dans le futur ?

Sebastian : Oui, nous allons intégrer du rap et de la techno dans notre musique, ha ha ! Non, je plaisante juste. Pour le deuxième album, il n’y aura pas de changements drastiques. Le style sera le même mais il y aura des compositions plus mures. Les gens qui ont aimé le premier album seront contents avec le second également.

Winter : Ecoutez-vous différents styles de musique ou êtes-vous 100% métal ?

Sebastian : Nous sommes 600% ou même 666% métal! Tous les membres du groupes ont leur artistes préférés et nous aimons vraiment beaucoup la variété qu’offre le métal. Il est réellement difficile de dire qui d'entre nous aime le plus quels groupes. A part ça, nous aimons d’autres styles de musique, bien sûr.

Winter : Il y a peu de claviers sur votre album. Est-ce un choix permanent et prémédité ou en inclurez-vous plus dans les prochains albums ?

Sebastian : Oui, les claviers feront toujours partie de notre musique mais ils n’en deviendront pas le centre. Certains airs n’ont pas besoin de samples ou de claviers, pour d’autres chansons c’est un bon gimmick. En fait, je ne sais pas dans quelle proportion il y en aura sur le prochain album.

Winter : Vos paroles ont l’air d’aborder des sujets comme l’environnement, les épidémies et les catastrophes. Etes-vous préoccupés par le réchauffement global et les problèmes écologiques en général ou vous centrez-vous sur ces sujets uniquement pour « nourrir votre inspiration » ?

Sebastian : Je ne sais pas ce que les autres gars pensent exactement du sujet mais en ce qui me concerne, ce sont des sujets très importants. Tout d’abord Zero Degree n’est pas un groupe engagé politiquement et nous n’allons pas expliquer aux autres comment ils doivent vivre ou se comporter. Le principal message de « Surreal World » est qu’il faut avoir du sens critique et qu’il ne faut pas toujours croire les vérités toutes faites. Beaucoup de gens ne semblent pas penser à l’environnement dans leur vie quotidienne et ça me fait un peu peur. Ils se réveillent uniquement quand il y a eu un problème.

Photo_ZERO_DEGREE_2.jpg_518h_300w Winter : L’Allemagne a la reputation d’être un pionnier en termes d’écologie, c’est en tout cas ce que j’ai appris à l’école. Est-ce vrai ou un simple crliché ?

Sebastian : C’est un question difficile à laquelle on ne peut pas forcément répondre avec quelques phrases. L’Allemagne elle-même est très à la pointe en termes d’utilisation des énergies renouvelables, et particulièrement l’Allemagne de l’Est qui au-dessus de la moyenne du reste du pays. En ce qui concerne les problèmes écologiques, il y a beaucoup d’idées directrices qui à mon avis doivent globalement être suivies, mais certaines d’entre elles doivent être débattues, comme celle de la « Umweltplakette » dans les villes. Il s’agit d’un badge que tu dois avoir pour pouvoir utiliser ta voiture dans certaines zones. L’autorisation d’aller dans ces zones dépend de ton type de voiture. D’un autre côté, il y a le gouvernement qui, officiellement, soutient le « changement énergétique » mais il semble qu’en fait il ne soit pas très cohérent avec ses propres décisions car il est rempli de lobbyistes. Un autre exemple est la construction de voitures haut de gamme toujours produites dans les usines, voitures qui consomment beaucoup d’essence. Je pense que les constructeurs français sont plus inventifs et ouverts au sujet des moteurs modernes. En fin de compte il y a toujours plein de problèmes qui doivent être traités.

Winter : La scène allemande est immense et est présente depuis des décennies. Est-ce que la musique métallique est quelque chose de « totalement naturelle » en Allemagne ? Est-ce un avantage pour un jeune groupe de pouvoir s’appuyer sur une telle scène ou est-ce que ça ajoute de la pression ?

Sebastian : Non, ce n’est pas une partie de la société aussi grosse et reconnue qu’en Scandinavie par exemple. Parfois les principaux medias font des reportages sur la scène métal et les « documentaires » qui en résultent au final sont plus ou moins sutpides. Leurs réalisateurs sont étonnés quand ils voient ces personnes sombres qui assistent paisiblement à de grands évènements comme « Wacken ». Aucun véritable reflet de la musique, seuls les clichés sont montrés. Pour les groupes, cette grande scène est à la fois une malédiction et une bénédiction, il y a une quantité incroyable de groupes par ici et c’est vraiment dur d’être reconnu, mais il y a beaucoup de fans très attachés à la scène métal.

Winter : Jouez-vous souvent en live ? Aimez-vous ça ou préférez-vous les performances en studio ?

Sebastian : Nous aimerions jouer encore dans encore plus de shows mais la situation est difficile de nos jours. Beaucoup de promoteurs de concerts s’appuyent sur le « pay-to-play » et c’est un poison pour la scène. Zero Degree est un groupe de scène et c’est notre essence. Le studio, c’est juste travailler dure et nous n’aimons pas beaucoup cet exercice car nous sommes des perfectionnistes. Nous avons produit « Surreal World » nous-mêmes et ce fut un projet difficile.

Winter : Un groupe que tu recommenderais de la scène allemande ?

Sebastian : C’est très dur de designer quelques groups parce que les autres pourraient se facher de ne pas avoir été mentionnés, ha ha.

Winter : Il y-a-t-il des différences entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest en termes de musique en général et de métal en particulier ? Plus de groupes et de public à l’Ouest qu’à l’Est (ou vice-versa) ?

Sebastian : Je crois que l’Allemagne de l’Est et celle de l’Ouest ont grandi ensemble en bonne harmonie et les metalheadz n’ont pas peur d’être en contact les uns avec les autres. Les festivals métal se portent bien dans toute l’Allemagne. Wacken, Summerbreeze en Allemagne de l’Ouest, With full force, Metal fest et Party San en Allemagne de l’Est. Mais je crois que les plus petits concerts ont plus de succès en Allemagne de l’Ouest. Le public est autant accro d’un côté comme de l’autre. Dernièrement, peut-être que les groupes qui ont eu le plus de succès viennent de l’Allemagne de l’Est comme Rammstein, In Extremo ou Heaven Shall Burn.

Photo_Zero_degree_3_238h_300w Winter : Vos paroles laissent à penser que vous n’êtes pas très intéressés par l’occultisme, la mythologie ou le mysticisme. Est-ce ainsi ou éprouvez-vous de l’intérêt pour ces sujets ?

Sebastian : Effectivement, nous ne sommes pas branchés spiritualité, religion etc. Je sais qu’il y a beaucoup de groupes qui célèbrent le retour de l’occult rock des années 70 comme The Devil’s Blood ou Ghost. Je trouve que la musique est super mais Zero Degree et l’occultisme n’iraient pas ensemble. Nous préférons la réalité.


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