Eths

Entretien avec Staif (guitare) - le 02 mai 2012

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Winter

Une interview de




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Avec son troisième album, sobrement intitulé III, ETHS se consolide comme une référence de la scène métallique française. Loin de ne se résumer qu'à la présence de l'étonnante Candice, à l'ample registre vocal, le groupe joue une musique à la fois agressive, mélodique et variée, les vocaux donnant une petite "touche française" à l'ensemble. Staif nous fait le plaisir de répondre aux quelques questions que nous lui avons soumises.

Winter : Salut, quelques mots pour présenter le groupe à ceux qui ne vous connaîtraient pas ?

Staif : Nous sommes un groupe de metal, ça fait maintenant treize ans que nous existons. Notre particularité vient de notre chanteuse Candice qui chante et crie aussi. Nous sortons actuellement notre troisième album III, enregistré et mixé en Suède par Fredrick Nordstrom.

Winter : Votre nouvel album III présente une palette assez variée d’influences musicales : hardcore, death, chanson française pour une partie des vocaux. Sur "Inanis Venter", certaines paroles sont même scandées façon rap. Vous êtes tous très éclectiques ou chaque membre du groupe a son style de prédilection ?

Staif : Nous sommes tous très éclectiques et aimons de nombreux styles, à nous tous nous écoutons énormément de choses différentes et nous puisons souvent notre inspiration dans d'autres styles que le metal.

Winter :   Le son de III est énorme et évoque des groupes comme Strapping Young Lad ou Fleshgod Apocalypse. Ces deux références font-elles partie de vos inspirations ?

 Staif :  Le son vient avant tout de Nordstrom que nous avons choisi pour la qualité de ces productions, nous aimons bien  Strapping Young Lad, mais cela n'a pas été un modèle. Pour cet album, nous voulions surtout un son à la fois gros, violent et organique.

Winter :  Etes-vous également des fans de heavy-metal plus classique (Maiden etc.) ?

 Staif : Pas vraiment, nous sommes fans de Metallica et tout les groupes qui ont suivi mais pas vraiment de la période Iron Maiden. Globalement le metal des 80's ne nous a jamais vraiment bouleversé (à part Guillaume notre batteur).
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Winter : Seule la voix évoque la pop ou la chanson française. Des groupes comme Les Discrets par exemple intègrent également des ambiances typiquement française (type Little Nemo dans cet exemple concret). Ça ne vous tente pas ? 

Staif : Peut-être un jour, pourquoi pas mixer des parties death metal avec de l'accordéon, ça pourrait être marrant... En général le côté français vient plutôt du chant et des textes, même si je pense que les groupes français ont leur patte et ne jouent pas nécessairement le metal de la même façon que les Américains par exemple.


Winter : Durant les années 90, il était inconcevable qu’un groupe de metal somme toute extrême puisse utiliser des vocaux qui évoquent Mylène Farmer, par exemple. Les choses ont bien changé depuis. Vous considérez-vous comme des pionniers du décloisonnement des genres ?

 Staif : Pionniers, je ne sais pas, mais nous avons toujours fait la musique qui nous plaisait sans nous poser de questions, nous sommes authentiques sur chaque disque quitte à parfois choquer certains « puristes », c'est avant tout de la musique et l'important est de ressentir quelque chose quand tu l'écoutes.

Winter : Avez-vous dû combattre des préjugés à vos débuts ou l’accueil de votre musique a-t-il été unanimement bon ?

 Staif : Au tout début, nous avons dû faire face à certains préjugés. Lorsqu’on arrivait avec une fille au chant, beaucoup de gens rigolaient puis lorsque Candice commençait à chanter, ce n'était plus la même chose. Au fur et à mesure nous avons imposé notre style et même si aujourd'hui encore certains nous voient comme un groupe pour ados, nous continuons à faire ce qui nous plaît et nous voyons très bien lors des concerts que nous avons de nombreux fans qui ont quitté l'adolescence depuis longtemps. Notre musique s'adresse à tous ceux qui aiment la musique et le metal.


Photo_ETHS_2_478h_300w Winter : En parlant des vocaux, Candice est une chanteuse extrêmement polyvalente, et convaincante dans tous les styles (même Burton Bell est battu !). Ces prestations vocales sont-elles facilement reproductibles sur scène ? Doit-elle prendre des précautions particulières pour ne pas abimer son  « outil de travail »  ?

 Staif : Candice n'a aucun souci à reproduire ces lignes sur scène, lorsqu'il y a des voix chantées et criées en même temps sur l'album, elle choisit juste celle qui lui semble la plus appropriée pour le live. Elle travaille régulièrement sa voix et se couvre bien avant et après les concerts, mais sinon pas de secret mystérieux pour avoir cette voix, c'est en elle.

Winter :  Sur III, les titres des chansons font référence à la Tradition : noms bibliques, mythologiques etc. Quel type de message voulez-vous faire passer ?

 Staif : Nous ne sommes pas vraiment un groupe à message, chacun peut se faire sa propre interprétation des textes et thèmes abordés, c'est un état d'esprit dans lequel nous étions lors de la composition. Les mythes, la religion, tout ça nous fascine et nous inspire beaucoup ; maintenant à chacun de lire les textes et d'y voir ce qu'il comprend.


Winter :  Vous sortez une version française du disque et une version anglaise. On peut l'interpréter comme la volonté de toucher le public le plus large possible, mais aussi de vous faire comprendre par le plus de gens possible. Est-ce ainsi ? Si vous le pouviez, feriez-vous également une version de l’album en Espagnol ? :)

 Staif : Effectivement, c'est une volonté d'apporter les textes aussi à ceux qui ne comprennent pas le français, mais nous n'en avons traduit que quatre. Il est très important pour nous de garder notre langue sur une grosse partie de l'album, cela fait partie de notre identité. Pour l'espagnol, il va falloir qu'on bosse encore un peu… mais nous avons pas mal de fans en Amérique latine qui préfèrent de loin quand Candice chante en français.

Winter : Votre musique a tout pour être reconnue au niveau mondial. La popularité vous attire-t-elle ou la fuyez-vous comme la peste? 

Staif : Ni l'un, ni l'autre, nous voulons partager notre musique avec le plus grand nombre et jouer dans un maximum d'endroits. Nous sommes toujours contents de discuter avec les fans après les concerts ou sur le net mais tenons à conserver notre vie privée. Il y a une sphère dans laquelle seuls nos proches sont autorisés à pénétrer.

Winter :  Un mot pour la fin ?

 Staif : Merci pour ton interview et venez nous retrouver sur scène, toute les dates sont sur www.eths.net.


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