CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
le 22 juillet 2017




SETLIST

Prophets of Rage (Public Enemy cover)
Testify (RATM cover)
Take the Power Back (RATM cover)
Guerrilla Radio (RATM cover)
Unfuck The World
Bombtrack (RATM cover)
Fight the Power (Public Enemy cover)
Hand on the Pump / Can't Truss It / Insane in the Brain / Bring the Noise / Jump Around
Sleep Now in the Fire (Rage Against the Machine cover) (with snippet of Audioslave's "Cochise")
Like a Stone (Audioslave cover) (instrumental  dedicated to Chris Cornell)
Know Your Enemy(RATM cover)
Bullet in the Head (RATM cover)
How I Could Just Kill a Man (Cypress Hill cover)
Bulls on Parade (RATM cover)
Killing in the Name (RATM cover)

AFFILIÉ

18 juin 2017 - Hellfest


Prophets_Of_Rage__Hellfest_20170618

La dernière soirée de cette édition 2017 commence. En mini résumé, avant les dernières têtes d’affiche, le bilan mettra surtout en avant les concerts vécus sous une chaleur accablante et rarement ressentie aussi rudement lors des éditions précédentes. À canicule, concert brûlant : les jeux de 20h sont « dans les starts », notamment sur les mainstages. Prophets Of Rage entre en scène et inaugure la poussière 2.0.
 
C’est pourtant Linkin Park la tête d’affiche annoncée et estampillé sur les affiches. À ce moment précis personne ne sait qu’il s'agit de l’un des derniers concerts de leur leader et la toile fulmine de débats (totalement oiseux)  plus ou moins « trollesque » sur la présence du groupe au festival. Mais pour beaucoup, la tête d’affiche du dimanche c’est ce projet musical regroupant Rage Against the Machine (sans Zack De La Rocha) et le doublon Chuck D + B-Real, respectivement de Public Enemy et Cypress Hill. Avec le nom annoncé sur la toile en compte à rebours et les quelques images diffusées, il n’en a pas fallu plus pour se mettre à rêver de concerts furieux où se mêleraient des reprises desdits groupes.  Et même si le combo sort quelques titres et prévoit un LP, c’est surtout l’opportunité de vivre live les "Testify", "Bulls" et "Killing" qui prévaut.
Le rêve sera ainsi ce soir réalisé : le groupe s’est produit une semaine auparavant au Download parisien. Et en complément des vidéos de la tournée, une bonne partie des festivaliers s'est bien monté le bourrichon et de facto, l’excitation est très palpable dans la fosse. La mainstage est pleine à craquer jusque loin, très loin vers la grande roue. Et comme le set sera aussi long que les têtes d’affiche du jour, il ne reste plus qu’à se placer sommairement quelque part dans les 150 premiers mètres : « …de toutes façons ça va bouger, tu vas voir »  me précise un metalhead dit « expérimenté » alors que je tente timidement de franchir un petit groupe compact pour m' approcher toujours un peu... beaucoup… passionnément. À la folie. Et boom, "Prophets of Rage" l’ancien titre de Public Enemy  ayant donné le nom au projet lance la machine et le public, malgré le registre, démarre au quart de tour. Effectivement, ça bouge ! Tremblement de terre serait presque plus adapté pour définir ce qui se passe sur le sol clissonnais.
La première triplette "Testify" , "Take the Power Back" et "Guerrilla Radio" explose le pit et celui-ci ne s’arrête qu’entre les titres pour respirer brièvement. Il faudra avoir de la réserve pour tenir le set dans les premiers rangs. Il pleut des gens, il vente des pogos, on respire poussière. Même le passage aux titres façon pot(pas)-pourri de Cypress Enemy (ou Public Hill) : "Hand on the Pump" / "Can't Truss It" / "Insane in the Brain" et "Bring the Noise", puis l’orchestré  "Jump Around" (quel délice), ne calmera en rien le public au contraire trop heureux de voir enfin les barrières des genres explosées définitivement. Viendra ensuite un délicat hommage à Chris Cornell récemment décédé et dont les traces Audioslave sont encore très présentes pour chacun. C’est probablement le moment calme du concert car peu de monde étonnamment connait "Like A Stone".  
Mais le dernier tiers est en route et les cinq brûlots suivant "Know Your Enemy" ; "Bullet in the Head" ; "How I Could Just Kill a Man" (Cypress façon extrême pour le coup) et enfin  "Bulls on Parade" puis "  "Killing in the Name" vont définitivement atomiser le Hellfest sous un cratère de mosh-pit élevant la poussière au plus haut. Tout le monde pète son câble, heureux de vivre enfin cette Rage Against the Machine. Non seulement  pour ceux qui n’auraient pas connu le groupe à son apogée mais aussi, et bien content d’avoir une rallonge, pour le plaisir des autres ayant pu voir le combo original. Bien sûr, on ne remplace pas Zack et on ne comparera absolument pas - les deux MC sont dans un autres registres - mais Puissance et Énergie sont les deux mots pouvant résumer la prestation.

Au-delà du concept dénonciateur « bla bla bla… » , les 30 / 40000 personnes venues remuer la terre ce soir-là ne sont pas présentes pour soutenir le message social du groupe (c’est un autres débat). La tournée Prophets of Rage est phénoménale et le set du Hellfest fut clairement exceptionnel. Le genre de souvenir qui durera. 

Crédits photo : Nidhal Marzouk
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