CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 13 janvier 2008




SETLIST

South Of Heaven
Silent Scream
Cult
Disciple
Die By The Sword
Spirit In Black
War Ensemble
Jihad
Dead Skin Mask
Raining Blood
Mandatory Suicide
Angel Of Death

AFFILIÉ

Slayer
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22 juin 2007 - Clisson - Hellfest


Slayer_Clisson_-_Hellfest_20070622

Ah, Slayer ! Toujours en activité après plus de vingt années passées au service du thrash sans la moindre concession, les Californiens bénéficient d’une aura particulière sur la scène metal internationale. Respecté par tous les amateurs d’extrême, l’incarnation suprême du mot [cit]evil[/cit] est la première grosse tête d’affiche du festival. Die hard fans du groupe, amateurs de thrash ou simples curieux, tout le monde semble attendre de voir la Bête de plus près…

Dès les premières notes de “South of Heaven”, une ambiance malsaine s’installe : il fait nuit, il fait froid et Slayer est en ville (ou plutôt à la campagne dans le cas présent). Tremblez, la Bête est là ! Le son est excellent (même si la guitare du terrifiant Kerry King écrase un peu celle d’Hannemann), et l’enchaînement avec “Silent Scream” tabasse : l’entrée en matière est plutôt prometteuse. De plus, Slayer a la bonne idée de ne pas seulement capitaliser sur son passé, puisqu’il glisse ça et là plusieurs extraits de son dernier album Christ Illusion ainsi qu’une version atomique de “Disciple”, bien plus convaincante que son pendant studio. Bref, tout va bien, si on met de côté les interventions foireuses de Tom Araya entre les morceaux. Quand il ne nous parle pas du temps pourri (ah oui tiens, on n’avait pas remarqué), il nous gratifie de ce qui sera un des candidats sérieux à l’award de l’intro la plus foireuse du fest’ : [cit]If you live by the sword, you must die by the sword[/cit] ! Curieux de voir le frontman d’un des groupes les plus expérimentés en live balancer des discours aussi bancals. Mais bon, tout ça n’est pas bien grave, parce que Slayer en live, c’est avant tout des riffs de malades, des soli tout pourris mais qui collent parfaitement aux morceaux, des paroles crachées à la gueule du public (Araya se rattrape pas mal à ce jeu-là) et des parties de batterie de folie. Il paraît que Dave Lombardo est un dieu ; et bien c’est vrai ! Ce set ressemble à un clinic de batterie d’une heure, avec riffs de gratte autour. Tempo rapides ou passages lents, ce type parvient toujours à caser des breaks variés et plus improbables les uns que les autres avec la précision d’un coucou suisse : impressionnant, et à des années-lumières de la concurrence. Avec une telle assise, le groupe sonne très carré, et même un peu trop pro : tout cela manque un peu de spontanéité et paradoxalement vu le genre pratiqué, d’un peu de gnaque, comme si le groupe venait là comme à l’usine. Reste quand même une setlist de folie comprenant plusieurs pierres angulaires de l’histoire du thrash, avec comme points d’orgue “Mandatory Suicide” (dédié aux soldats d’infortune US) et le classique parmi les classiques “Angel of Death”.

À l’évidence, on ne peut pas dire que Slayer se soit planté ce soir. Le groupe a assuré, avec une setlist imparable restituée à la perfection. Simplement, loin d’être à 100%, les Californiens ont semblé la jouer à l’économie, sans se montrer à la hauteur de leur renommée. Sympathique certes, mais malheureusement pas transcendant.




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