CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
le 20 janvier 2008




SETLIST

The Root Of All Evil
Panic Attack
Another Won
A Fortune In Lies
Pull Me Under
Caught In A Web
Just Let Me Breathe

Rappels :

Through My Words
Fatal Tragedy
About To Crash (reprise)
Losing Time/Grand Finale
As I Am
Endless Sacrifice
These Walls
Sacrificed Sons
Octavarium

Metropolis Pt.1

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13 octobre 2005 - Lille - Aéronef


Dream_Theater_Lille_-_Aeronef_20051013

Jeudi 13 Octobre, L'Aéronef, Lille. Après un show "classique" donné à Paris la semaine précédente, et un autre beaucoup plus excentrique à Amsterdam, au cours duquel l'intégralité d'un album de Pink Floyd fut jouée, il était bien ardu de deviner à quelle sauce les virtuoses du metal progressif allaient nous manger ce soir-là. L'Aéronef, pas totalement au complet - mais déjà bien assez chaud comme cela - ne se doutait donc pas, aux premières notes de l'introduction tirées de la B.O. du film Orange Mécanique, que Dream Theater allait jouer, pour son deuxième concert français de la tournée Octavarium, la carte du heavy pur et dur. Une belle claque dans leur face aux Lillois.

Première surprise: un écran géant derrière la scène, qui lorsqu'il n'attirait pas l'attention du public sur les doigts de fée des sieurs Petrucci, Myung et Rudess, diffusait de petits films mis en scène pour illustrer le concept de la tournée. Car cela fait déjà vingt ans que Dream Theater existe; et c'est en fin de compte une rétrospective bien sentie de leur riche carrière à laquelle nous avons eu droit. Aucun album n'a été oublié, et les premiers fans en furent aux anges. Bien entendu, c'est le petit dernier Octavarium qui fut particulièrement gâté, et même si c'est loin d'être le plus solide effort des Américains, pas moins de cinq extraits en furent joués. Ce sont ainsi "The Root Of All Evil" et "Panic Attack" qui ouvrirent le show, les pièces les plus "dures" de l'album, confirmant l'impression laissée au Parc des Princes en première partie de Maiden: la scène leur est bénéfique, en dépit du fait que ce n'est pas à ce niveau que l'on attend Dream Theater. Qu'importe, l'assistance salue bien bas ces morceaux, avant un flash-back de vingt ans en arrière et que ne retentisse le riff de "Another Won" (Majesty). Jusqu'à l'entracte, le Dream Theater première période joua quelques-uns de ses titres les plus pêchus, déclanchant même quelques pogos sur "Pull Me Under" bien sûr, surprenant avec un "Caught In A Web" en lieu et place duquel beaucoup s'attendaient aux plus communs "Lie" et "The Mirror". Un accueil plus que chaleureux fut également réservé aux représentants de Scenes From A Memory, "Through My Words" et "Fatal Tragedy". L'occasion de réaliser combien de classiques le groupe a fourni.

Le son, dans le petit espace de l'Aéronef, s'est progressivement amélioré au cours du show, laissant au fur et à mesure plus d'espace à James LaBrie et moins à Mike Portnoy. Un poil trop sourd malgré tout dans la fosse, il nous a permis de constater que le vocaliste tend finalement à se débarrasser de ces petites approximations qui ont terni sa réputation. Le bonhomme tient désormais plus que correctement les notes hautes, évite les hors-sujets complets - comme sur le Live Scenes From New-York par exemple - et se permet même de rajouter quelques prouesses de ci de là. Une bonne - deuxième - surprise. Troisième surprise, moins bonne celle-là, l'attitude de John Petrucci sur scène, qui tient de tout sauf du guitar-hero. Flanqué d'un look jeune rebelz ,à propos duquel je gage qu'on n'a pas fini de le vanner, sa présence en live devant son public équivaut à celle d'une autruche devant un dentiste (un exemple parmi d'autres), et même si sans avoir l'air de galérer, il tricote comme pas permis, sa nonchalance et son manque évident d'entrain ne peuvent que décevoir. Heureusement que sa caboche et ses pognes rattrappent le coup, en balançant des plans aussi rapides que compliqués. A corriger tout de même.

Revenons à la musique avec deux implacables extraits du lourd Train Of Thought : "As I Am" et ses faux airs de Metallica, et surtout "Endless Sacrifice", la monumentale montée en puissance heavy après une ballade trompe-l'oeil, mirent littéralement le feu à la fosse. Je n'en dirai pas autant de "These Walls" ni de "Sacrificed Sons", deux nouveaux extraits du nouveau disque "à problème" après Falling Into Infinity, qui n'ont pas vraiment leur place en concert. Ni ailleurs peut-être, tout du moins pour "These Walls". "Octavarium" en revanche, vaut le détour. Cette longue pièce n'égale vraisemblablement pas les "A Change Of Seasons" ou les "A Mind Behind Itself" d'antan, principalement à cause d'un interminable et ennuyeux "morceau de bravoure" de Jordan Ruddess au continuum, en introduction; néanmoins la deuxième moitié du morceau, diablement intense, possède les qualités requises pour devenir un véritable point d'orgue du show. Le crescendo final, dramatique, renforcé visuellement par des images de synthèse sur l'écran géant, menant aux "Trapped inside this octavarium" hurlés, a quelque chose d'énorme, une dimension théâtrale que la musique de Dream Theater n'avait jamais réellement approché jusqu'alors. A cet égard, le groupe n'a pas à rougir. Fin d'un show en apothéose.


Ne vous y trompez pas, si le niveau global des musiciens - ça n'est plus une surprise - est anormalement élevé, c'est bien devant le monstrueux kit du non moins monstrueux Mike Portnoy que la plupart des regards convergeaient pendant le concert. Pas un faux pas, une cogne de démon, une attitude de rock-star admirable, batteurs en herbe, vous pouvez bouffer vos baguettes. Comme si cela ne suffisait pas, le rappel que tous espéraient secrètement déboule sous une nappe de claviers bien familière: "Metropolis Pt.1", joué en intégralité, finit d'achever les lillois dans la sueur et l'ahurissement provoqué par la partie instrumentale de ce fantastique moment de musique. Bon sang, on ne s'en lasse pas. Dream Theater n'est pas exempt de tout reproche : sons énervants de Ruddess, attitude scénique j'm en foutiste de Petrucci, discrétion - visuelle, pas musicale... - de Myung, mais ce groupe, quoiqu'on en dise, c'est tout de même cinq gros morceaux. Dont un héros.


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