CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 08 septembre 2007




SETLIST

Overture
From the Cradle to the Grave
Alive but Dead
French Bourrée
Medley Lingua Mortis : -Don't Fear the Winter
-Black in Mind
-Firestorm
-Sent by the Devil
-Lost in the Ice
Turn the Page
Suite Lingua Mortis:
-Morituri Te Salutant
-Prelude of Souls
-Innocent
-Depression
-No Regrets
-Confusion
-Black
Concert for Violin and Oboe (titre solo Victor Smolski)
Higher than the Sky

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Refuge

AFFILIÉ

Rage
Lyon - Transbordeur
(17 avril 2006)
Paris - Nouveau Casino
(02 avril 2008)

04 août 2007 - Wacken


Rage_Wacken_20070804

Attention, concert exceptionnel, au sens propre du terme. En cette année 2007, Rage a décidé de mettre sur pied une série une poignée de concerts avec un orchestre symphonique constitué de jeunes biélorusses, et baptisé symboliquement Lingua Mortis Orchestra pour l'occasion. Ce nom fait référence à l'album du même nom, qui avait vu Peavy et sa bande s'acoquiner pour la première fois avec un orchestre (en l'occurrence celui de Prague) pour une relecture de certains morceaux du répertoire de Rage. Seulement 5 dates figuraient au programme : 3 dates complètes fin avril en Russie et en Ukraine, 1 date dans un festival tchèque en juillet et celle-ci au Wacken. Autant dire qu'il ne fallait manquer sous aucun prétexte cette unique date en Europe occidentale, même en pleine après-midi et limitée à 1h15.

D'emblée, toute inquiétude au niveau du son est rapidement dissipée. L'orchestre est parfaitement audible, sans que les guitares soient aseptisées. On sent que Rage éprouve un profond respect pour l'orchestre (rappelons que le père du guitariste Victor Smolski, Dmitry Smolski, est un compositeur respecté) et que celui-ci ne sera pas réduit au rang de simple gadget. Afin que les musiciens classiques soient visibles en permanence, tout le fond de la scène leur est réservé, le kit de batterie étant placé à droite de la scène. Il faut d'ailleurs souligner que le jeu tout en retenue (en tout cas pour l'occasion) du nouvel arrivant Andre Hilgers s'accorde parfaitement avec l'orchestre, ce qui n'aurait sans doute pas été possible avec la frappe de mule de Mike Terrana. De même, les trois membres de Rage s'éclipsent systématiquement de la scène dès lors qu'un passage est interprété par l'orchestre seul, afin de ne pas entraver la performance de celui-ci et que le public puisse apprécier le spectacle à sa juste mesure. On peut d'ailleurs se demander ce qui passe par la tête de ces musiciens, jeunes pour la plupart, qui se produisent probablement pour la première fois devant une foule aussi conséquente et qui ne doivent pas être habitués à entendre le public crier et battre la mesure (et rarement en rythme en plus) pendant qu'ils jouent. Vu les sourires au terme du show, et les headbangings discrets de certains (si si !), gageons que cela restera une expérience hors du commun et inoubliable pour eux.

Compte tenu, de la discographie du groupe, il n'est pas étonnant de voir la setlist articulée autour de 3 axes : Lingua Mortis bien sûr, l'album XIII qui avait vu Rage aborder une facette plus symphonique de sa musique, et le dernier album en date Speak of the Dead qui s'ouvrait par une longue pièce intitulée "Suite Lingua Mortis" composée par Victor Smolski. C'est d'ailleurs probablement lui le plus heureux de cette tournée, lui qui peut enfin donner libre cours à ses inspirations néoclassiques comme sur le titre instrumental issu de sa carrière solo, placé en fin de set. Quant à Peavy Wagner, sa bonne humeur naturelle et communicative fait de chaque concert de Rage un pur moment de bonheur. Peut-être le public a-t-il conscience de partager un moment unique avec le groupe, en tout cas l'ambiance est démentielle dans la foule. Nul besoin pour Peavy de demander le soutien des fans, car tout le monde chante et applaudit spontanément. Du coup, difficile de dégager un moment fort tant le show aura été formidable dans sa globalité. On peut éventuellement souligner la surprise de voir "French Bourrée" au programme, car ce morceau ne figure que sur l'édition limitée de Soundchaser. Néanmoins, sa place était toute indiquée, puisqu'il s'agit d'une adaptation metal d'une pièce de Bach (« un célèbre compositeur allemand », jugera bon d’ajouter Peavy dans un éclat de rire). Mention spéciale aussi au passage concernant "Black in Mind" dans le medley, car cette version plus lente est tout simplement majestueuse, avec en fond ces violons lumineux qui en font un tout autre morceau d'une beauté foudroyante.


On est presque surpris de voir Rage s'arrêter et saluer longuement le public presque 10 minutes avant le terme prévu. Le groupe n'oublie pas de mettre en avant le chef d'orchestre Mikhail Kazinets et l'organiste Andreï Zubrych, qui avait déjà apporté sa contribution à l'enregistrement de la "Suite Lingua Mortis". En raison de cette maîtrise approximative du timing, celle-ci avait d'ailleurs été malheureusement amputée de son 8ème et dernier mouvement, "Beauty". C'est bien dommage, car il y aura peu de chances à l'avenir de la voir dans son intégralité, seuls les morceaux chantés pourront éventuellement être rejoués (comme "Innocent", et ses allures à peine dissimulées de "Master of Puppets"). Les roadies rangent déjà les sièges des musiciens classiques, et c'est donc seul que Rage viendra interpréter en rappel un dernier morceau, "Refuge", qui remplace "Higher than the Sky", morceau habituellement désigné à ce rôle et déjà joué avec l'orchestre. Et c'est sous une nouvelle salve d'applaudissements fournis que Rage quitte la scène pour ce qui aura été, à mes yeux, le meilleur set de ce Wacken 2007. Rien que ça !


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