CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 25 mars 2008




SETLIST

Bridge To Better Days
Walk In My Shadow
So Many Roads
Mountain Time
Another Kind Of Love
Sloe Gin
High Water Everywhere
Your Funeral, My Trial
Don’t Burn Down That Bridge
Woke Up Dreaming
Just Got Paid (ZZ Top)
Dazed and Confused (Led Zeppelin)

Rappels :
One Of These Days
Asking Around For You

Ballpeen Hammer
Starship Trooper (Yes)

AFFILIÉ

21 mars 2008 - Paris - New Morning


Bonamassa,_Joe_Paris_-_New_Morning_20080321

Deux dates parisiennes pour un bluesrocker texan en mars? A Paris, France !? Même pas cap. Et pourtant, afin d’honorer comme il se doit le retour du printemps, le New Morning fleurait bon l’ampli à lampes chauffé (lui) par un Joe Bonamassa totalement habité par la musique du Diable. Alors que l’Éternel moyen se rassure néanmoins : y’en a quand même eu pour tout le monde. Même pour l’aficionado de Yes. C’est dire…

A trente ans, il a déjà tout compris au Blues. C’en est même effrayant mais BB King lui-même l’avait prédit alors que le garçonnet en question n’affichait que douze printemps au compteur : Joe Bonamassa est le futur du blues. Et le futur, c’est maintenant en l’occurrence. A peine foule-t-il la scène d’un New Morning bien blindé et tout acquis à sa cause, qu’il faut se rendre à l’évidence : ce type est l’incarnation du Mal. Ouvrant intelligemment son set sur un mons-tru-eux "Bridge To Better Days", ce soir, il a l’intention de mettre son auditoire au pas et de faire autant souffrir ses instruments (magnifiques) que les esgourdes de ses clients. La cause est entendue : « bonesoaaar Paaarissse », je suis Joe B et je vous mets tous fanny au bar. OK, c’est la guerre. Au premier abord, et au deuxième morceau, toute crainte (si tant est que doute il y avait) est dissipée. Le monsieur n’est pas seulement là pour promouvoir son sixième et dernier album en date, Sloe Gin. Reste que ce dernier (plus calme et acoustique que ses précédents opus) sera bien représenté avec cinq titres, dont trois offerts lors des deux rappels. Le titre éponyme servira d’ailleurs de transition entre les morceaux énervés et les partitions les plus calmes du set.

Le New-Yorkais du soir (du mois ? de l’année ?) parcourt néanmoins l’ensemble de son répertoire comme ce fut le cas la veille, offrant comme il a été dit précédemment quelques slow tempos mais surtout un rock-blues limite hard. Illustration avec "So Many Roads", morceau qu’un Gary Moore aurait bien volontiers ajouté à son palmarès du temps où il régalait la galerie avec son Blues Alive. JB, lui, s’épargne l’orchestre symphonique, lui préférant une garde rapprochée moins nombreuse mais diablement efficace. Et surtout jamais ridicule lors des innombrables montées et descentes de gammes TGV d’un Joe tout sauf bona-manchot une Les Paul entre les mains. Certes parfois un brin poseur quand il clone et passe des plans à la Eric Johnson, mais au regard du niveau acquis sur l’instrument, il est vite pardonné et offre bien des respirations à ses partenaires de jeu. D’ailleurs Rick Melick, le claviériste, enrobe mon tout, n’en fait jamais des tonnes pour toujours trouver la juste note, le juste accord pour accompagner un chant lui-aussi venu d’ailleurs.

Ah, oui, parce que le Joe en bon émule de Stevie Ray Vaughan, Rory Gallagher et cie, il aussi joue très bien aussi des cordes vocales (du moins quand l’ingé son monte un peu le niveau après vingt minutes et sous les bons conseils de votre serviteur). Mieux que les collègues Jonny Lang ou Kenny Wayne Shepard auxquels il est systématiquement comparé, soit dit en passant, l’âge aidant. Il offre même plusieurs registres vocaux, allant du rugueux au soyeux lors de (trop rares) incursions en territoire électro-acoustique. Mais, qu’on se dise, il excelle dans l’enragé, ne se démonte jamais, pas même pour reprendre (le mot est faible) lors d’un quart d’heure de délire les "Just Got Paid" de ZZ Top et "Dazed and Confused" de Led Zep. Cette fois, pensant que le lascar a cramé toutes ses cartouches, tout un chacun s’accorde à dire merci, une fois à genoux. Mais que nenni. Deux rappels s’en suivent et pour parachever l’édifice, Joe assène le coup de grâce : le "Starship Trooper" de Yes direct in your face! Et en plus le Maître n’a pas quitté ses Ray Ban de la soirée. La grande classe, quoi.


Goog night and good luck. Et justement bonne chance au prochain inconscient du Blues qui va tenter de mettre le New Morning à feu et à sang. Parce que faire aussi efficace et, surtout en autant sur 120 minutes n’est (malheureusement) pas offert à tout le monde. Sinon, Joe, à l’année prochaine, hein…


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