CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 03 juillet 2008




SETLIST

Lord of Hate
Evil Priest
Buried Alive
Dethroned
Bored
Soulless
The Ultra-Violence (Intro)
Seemingly Endless Time
Thrown to the Wolves

AFFILIÉ

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20 juin 2008 - Hellfest


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Avril 2008. La tournée européenne de Death Angel ignore royalement la France, plongeant votre serviteur dans le même état de détresse que lors de sa découverte du dernier Megadeth. Heureusement, le Hellfest nous a organisé une petite séance à la fois de rattrapage, mais aussi de mise en bouche avant les 2 dates à venir début juillet à Paris et à Lyon. 2 shows qu'il ne faudra assurément manquer sous aucun prétexte, tant les Californiens ont une nouvelle fois tout explosé.

Malgré un statut critique des plus enviables, Death Angel n'a jamais connu un succès public équivalent (c'est donc ce qu'on appelle un groupe culte). Du coup, pas très étonnant de voir les Californiens placés aussi bas sur l'affiche, puisqu'il est à peine 14 heures quand ces derniers prennent la scène d'assaut. On en a déjà vu faire la gueule pour moins que ça (comme Nick Holmes de Paradise Lost peu après), mais ce n'est pas le genre de la maison Death Angel. Fidèles à leurs bonnes vieilles habitudes, les musiciens donnent tout ce qu'ils ont, à commencer par Mark Osegueda. En plus de claquer des lignes de chant parfaites, le frontman assure le show en arpentant la scène de long en large et en agitant ses impressionnantes dreadlocks. Mais il est loin d'être seul, car ses lieutenants ne chôment pas non plus, et surtout pas Dennis Pepa. Le bassiste se lâche complètement et semble complètement fêlé. Ce qui ne l'empêche lui non plus d'assurer comme une bête, lui qui mérite le prix Nobel du metal pour avoir résolu l'impossible équation « la basse a-t-elle une quelconque utilité dans le thrash ? ».

40 minutes, c'est très court, et le set ne comprend que 8 titres, si on écarte le mythique instrumental "The Ultra-Violence" limité à sa seule intro. Killing Season, l'excellent dernier album en date du combo, est particulièrement mis à l'honneur puisque la moitié du show lui est consacré. On n'en doutait pas une seule seconde, mais les titres qui en sont tirés sont de vraies tueries en live. "Lord of Hate" produit le même effet que sur l'album : un gigantesque coup de genou dans les valseuses d'entrée de jeu, avec toujours ce fameux cri d'Osegueda. Rajoutez "Evil Priest" et son accélération infernale, et vous aurez très vite compris que personne ne s'en relèvera. Surtout avec une setlist aussi judicieusement choisie : les quelques moments d'accalmie plus mélodiques comme "Buried Alive" ou "Seemingly Endless Time" sont immédiatement compensés par des concentrés d'agressivité comme "Dethroned" ou "Thrown to the Wolves". Autant de titres sur lesquels la performance d'Andy Galeon, qui allie puissance, technique et feeling, nous laisse pantois. Une leçon que devraient méditer les batteurs interchangeables des groupes issus de la nouvelle vague du thrash !

Les interviews données par Death Angel pour la promo de leur dernier album avaient laissé apparaître une connexion inattendue avec Danko Jones. Étant donné que le bouillant guitariste canadien était programmé juste après sur l'autre scène, on s'attendait presque à le voir débouler sur scène (magie des festivals oblige). C'est chose faite sur "Bored", choix évident sur lequel il se charge de scander les fameux « I'm bored ! ». L'horloge tourne (vite) et l'heure du dernier morceau approche à grands pas. On attendait "Kill As One", mais c'est le riff tranchant de "Thrown to the Wolves" qui retentit. Oui, vous avez bien lu : Death Angel s'est même payé le luxe de ne pas jouer son hymne "Kill as One" ! Remarquez, on ne perd pas vraiment au change car "Thrown to the Wolves" a lui aussi tout d'un hymne, le caractère historique en moins. Osegueda en vire même son T-shirt aux couleurs du 45 tours "Jump in the Fire" de Metallica et finit torse nu, alors que la température n'a encore rien d'estival (ça va bien changer par la suite). Voilà une putain de conclusion pour un putain de concert d'un putain de groupe.


Avant ce concert, une poignée de privilégiés (dont votre serviteur) savaient déjà que Death Angel sur scène, c'était le carnage assuré. Ce set passé trop rapidement aura probablement été une révélation pour beaucoup d'autres, désormais prêts à répandre la bonne parole à leur tour. Car il faut le dire et le répéter : ce groupe est une machine de guerre sur scène (et en studio aussi d'ailleurs), et ce show en fut une nouvelle preuve. Assurément la première grosse mandale de ce Hellfest 2008.


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