CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 06 juillet 2008




SETLIST

Aces High
2 Minutes to Midnight
Revelations
The Trooper
Wasted Years
The Number of the Beast
Run to the Hills
Rime of the Ancient Mariner
Powerslave
Heaven Can Wait
Can I Play With Madness?
Fear of the Dark
Iron Maiden

Rappel :

Moonchild
The Clairvoyant
Hallowed Be Thy Name

AFFILIÉ

Iron Maiden
Toulouse - Zénith
(26 mai 2003)
Paris - Parc des Princes
(25 juin 2005)
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2014)
Wacken (wacken)
(31 juillet 2008)
cinéma
(21 avril 2009)
Paris - Bercy
(27 juin 2011)

01 juillet 2008 - Paris - Bercy


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Parc Omnisports de Paris Bercy, les 1er et 2 juillet 2008. L'écran géant fixé au plafond égrène le programme des événements prévus jusque début 2009. A côté d'une épreuve de catch et du Supercross figurent certains des plus grands noms de la musique : Stevie Wonder, Queen, Elton John… Et parmi eux, une petite poignée capable de remplir le POPB deux fois d'affilée (la palme revenant à NTM, hors concours avec ses 5 dates) : Coldplay, Tina Turner et… Iron Maiden. Rien à dire: sont forts ces Angliches. Et en plus ils assurent deux soirs de suite !

A l'instar de la tournée de 2005 consacrée aux quatre premiers albums qui avait rempli le Parc des Princes, on se bouscule au portillon pour voir le Somewhere Back in Time Tour. Mais avant de voir Maiden revisiter son glorieux passé, il faut se fader les premières parties. Autant au Parc Dream Theater période Octavarium avait ouvert les hostilités, autant cette fois comme bien souvent chez Maiden, ça a marché au piston (remember les inénarrables Dirty Deeds). Pas étonnant du coup de retrouver une nouvelle fois Lauren Harris, la propre fille de Steve Harris. Au programme, trente minutes de mauvais hard rock porté pour une chanteuse à la voix de canard et un guitariste frimeur aux poses ridicules (et vas-y que je joue avec la guitare dans le dos !) et aux pains (Harris ?) nombreux. Miss Harris a beau faire tout ce qu'elle peut pour assurer le show, son groupe nous fait penser à l'Autriche lors de l'Euro 2008 : on ne pouvait pas leur reprocher de ne pas y mettre de cœur, mais ça restait quand même une équipe de merde. La suite est assurée par Avenged Sevenfold qui prend un four monumental. Il faut dire que la mise en place bancale et le son merdique n'ont pas vraiment aidé non plus, annihilant les efforts du chanteur et sa superbe voix. Dommage qu’il était un peu seul sur ce coup là, puisque ses camarades (monstres de prétention) ne semblaient pas tellement concernés par l’événement. Rien à voir avec le groupe, puissant, qui avait ouvert le POPB pour Guns n’Roses il y a de cela deux ans. Méconnaissable.

Premiers frémissements lorsque la sono crache "Doctor Doctor" de UFO, signe que la grand-messe va enfin pouvoir commencer. Faux départ, puisque c'est un petit film promo sur la tournée sur fond de "Transylvania". Allez, cette fois-ci c'est la bonne : le fameux Churchill Speech, "Aces High" qui déboule à fond la caisse : la machine à remonter le temps est enclenchée, et nous voilà plongés plus de 20 ans en arrière, en plein Live After Death! Une référence explicitée plus tard par Bruce Dickinson, qui évoque cette tournée triomphale et les quatre shows de Long Beach qui ont servi à immortaliser cette époque. Les quelques doutes concernant le son, un problème récurrent à Bercy rencontré par les deux premières parties, sont rapidement dissipés. Le son est nickel, et on peut déjà commencer à se faire péter les cordes vocales sur "Aces High" : «Live to flyyyyyyyy, fly to liiiiiiiive» ! Et "2 Minutes to Midnight" et son riff mythique juste après ! Chaque chanson est un véritable émerveillement, magnifié par un Dickinson très en voix. Il faut l'écouter passer "Revelations" avec maestria : avec une telle maîtrise vocale et une telle forme physique, qui pourrait croire que le gaillard va fêter prochainement ses 50 ans ?

L'ambiance grimpe encore d'un cran sur "The Trooper", qui lance le bal des backdrops. La pochette du 45 tours remplace le logo de la tournée mélangeant habilement les pochettes de Powerslave, Somewhere In Time et Seventh Son Of A Seventh Son. Dickinson revêt son costume de soldat britannique et agite l'Union Jack, et le public chante sur ce véritable hymne. Juste après, "Wasted Years" consacre Adrian Smith comme le guitariste le plus admiré des fans, qui lui réservent une véritable ovation. Quelle intro ! Et quel solo ! Place ensuite aux grands classiques. Je ne vous cache pas être resté assez dubitatif après l'annonce de la setlist : pourquoi jouer "Number of the Beast" ou "Run to the Hills" alors que c'était l'occasion ou jamais de dépoussiérer "Caught Somewhere in Time" ou mieux encore, "Alexander the Great" ? La réponse est simple : parce que la réponse du public est monstrueuse sur ces 2 titres, et plus particulièrement un "Run to the Hills" incendiaire. Un grand moment de communion intergénérationnelle, car plus que pour n'importe quel groupe, le public de Maiden est composé de gens de tout âge. Une particularité relevée par Dickinson, dans un speech en français bancal dont il a le secret.

Place désormais au gros morceau du show : le grand retour tant attendu de "Rime of the Ancient Mariner" au programme d'un concert de Maiden. Et les Anglais n'ont pas fait les choses à moitié, surtout sur le long break calme du milieu : épaisse fumée qui donne une atmosphère digne d'un film d'horreur, rampe de lights qui descend et qui bouge, symbolisant le bateau qui craque et qui tangue… Et par-dessus le marché, une interprétation sans faille : grandiose ! Aussi grandiose que "Powerslave" joué dans la foulée. On sait ce que ce morceau représente pour Dickinson, l'un des rares qu'il ait composé seul pour le compte de Maiden, et caché derrière son étrange masque, le chanteur donne tout. En revanche, après un "Heaven Can Wait" toujours aussi fantastique en live, la tension redescend un peu. "Can I Play With Madness" est aussi décalée en live que sur album, et "Iron Maiden" vaut surtout de par son caractère historique. Entre les deux, "Fear of the Dark" aura une nouvelle fois été un grand moment, mais on ne peut s'empêcher de penser que ce morceau systématiquement joué sur chaque tournée aurait cette fois pu laisser sa place au profit d'un autre classique de la période 1984-1988 plus adapté aux circonstances, comme par exemple "Stranger in a Strange Land" (remettons le couvert une deuxième fois en faveur de "Alexander the Great" et suggérons aux organisateurs de surfer sur les forums français consacrés au groupe dont l’excellent maiden.forumactif.com, fort de ses membres actifs venus en masse les deux soirs).

C'est déjà l'heure du rappel, qui permet à Bruce Dickinson de nous passer une belle couche de pommade en français dans le texte («Jouer pour vous c'est bonheur» ou encore «Nous existons parce que vous existez»). Après avoir présenté les musiciens, notamment un Nicko MacBrain qui jouit décidément d'une monstrueuse cote d'amour en France, Dickinson fredonne la mélodie qui ouvre l'album Seventh Son of a Seventh Son: c'est l'heure de "Moonchild" ! Maiden nous en offre une version étincelante, beaucoup plus heavy que sur l'album. On ne peut pas tout à fait en dire autant de "The Clairvoyant", sur lequel Dickinson montre étonnement chaque soir quelques signes de fatigue: il bouffe la moitié des paroles du second couplet. On ne saurait néanmoins lui en tenir rigueur vu sa grande performance sur le reste du show. En revanche, l'apparition sur scène du Eddy cyborg géant de Somewhere In Time fait un peu tâche sur un morceau de Seventh Son Of A Seventh Son… C'est donc sur "Hallowed Be Thy Name" que se referme cet excellent show de Maiden, plus en forme que jamais et qui d'un avis général, nous a livré une de leurs plus grandes performances live de la décennie sur le territoire français. Le public ne s'y trompe pas et réserve une véritable ovation aux Anglais. Up the Irons !


Finalement, même quand les morceaux changent, c'est toujours pareil un concert de Maiden. Vous avez Bruce Dickinson qui court partout, cabotine comme un clébard et chante comme un dieu. Steve Harris au taquet qui se donne à fond comme s'il s'agissait de son concert d'adieu. Dave Murray qui sourit en permanence comme s'il venait de tirer un coup. Adrian Smith la grande classe qui se la joue guitar-hero à l'inspiration divine. Janick Gers, un peu plus en retrait, qui bouge néanmoins comme un mongolito et donne plus que jamais l’impression d’appartenir au groupe depuis toujours (pas simple à la base : l’homme n’a participé en studio à aucune des compositions jouées sauf Fear Of The Dark). Et Nicko McBrain qui… ben, on sait pas trop puisqu'on ne le voit pas derrière son énorme kit. Mais un concert de Maiden, c'est aussi un grand spectacle où même en tribunes, vous pouvez prendre un panard monstrueux en chantant et tapant dans les mains, et dont vous ressortez aussi trempés que si vous aviez couru dix kilomètres. Et c'est bien pour ça qu'on reviendra la prochaine fois ! Bruce a déjà parlé d’un retour sur Paris lors de la sortie du prochain album studio, sans s’avancer cette fois sur une date. Disons que ça va venir vite et qu’il faudra tenir trois soirs !


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