CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
le 09 mars 2009




SETLIST

Rock N' Roll Train
Hell Ain't A Bad Place To Be
Back In Black
Big Jack
Dirty Deeds Done Dirt Cheap
Anything Goes
Shot Down in Flames
Thunderstruck
Black Ice
The Jack
Hells Bells
Shoot To Thrill
War Machine
You Shook Me All Night Long
T.N.T.
Whole Lotta Rosie
Let There Be Rock

Rappels

Highway To Hell
For Those About To Rock (We Salute You)

AFFILIÉ

AC/DC
Paris - Stade de France
(23 mai 2015)
Nice - Stade Charles Ehrmann
(15 juin 2010)
Marseille - Stade Vélodrome
(09 juin 2009)
Paris - Stade de France
(12 juin 2009)

27 février 2009 - Paris - Bercy


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Le moment fatidique approche, après un entracte de 20 minutes les lumières s’éteignent et laissent place à un film d’introduction amusant et sexy. Le train N°666 des Australiens traverse finalement l’écran dans un tonnerre d’explosions et de fumée et se retrouve suspendu au dessus de la batterie de ce bon vieux Phil Rudd qui en a vu d’autres.

Le groupe débarque et entame évidemment l’efficace 'Rock N’ Roll Train', premier single du nouvel album. Enfin ils sont là, en chair et en os devant nos yeux incrédules. La chair de poule est inévitable, c’est AC/DC qui joue pour nous, putain ! Tout est comme dans un rêve : Malcom Young et Cliff Williams inamovibles autour du kit de Phil Rudd sauf lorsqu’ils s’avancent pour chanter les chœurs, et Angus Young et Brian Johnson qui arpentent déjà la scène et l’avancée centrale, le premier nous gratifiant rapidement de son mythique pas de canard. On n’a pas encore eu le temps de réaliser ce qui se passe que le groupe a déjà enchainé sur un 'Hell Ain't A Bad Place To Be' antédiluvien qui fait plaisir aux nostalgiques de Bon Scott puis déjà sur le premier d’une longue, très longue série de tubes : 'Back In Black', premier moment de communion intense avec le public sur ce refrain magique. On réalise à ce moment là seulement que le son est absolument parfait, ce qui constitue rien de moins qu’un exploit ici à Bercy ! 'Big Jack' suit et prouve bien qu’AC/DC est là aussi pour défendre son nouvel album Black Ice, dont pas moins de cinq morceaux seront joués ce soir ! Mention spéciale au titre éponyme ainsi qu’à l’excellent 'War Machine'. Etonnant à ce propos de voir que ces nouvelles chansons sont déjà bien connues d’une bonne partie du public, les chiffres de vente époustouflants de Black Ice ne mentent pas !

Les classiques commencent alors à s’enchainer, ou plutôt on se rend compte qu’absolument chaque chanson jouée par le groupe EST un classique irrésistible en puissance. Les immenses 'Dirty Deeds' et 'Shot Down In Flames' rendent hommage aux textes vicieux du regretté Bon Scott qui prennent une dimension particulière lorsqu’ils sont chantés par prés de 20 000 personnes en transe. Les visages des spectateurs sont tous illuminés d’un immense sourire incontrôlable. Impossible en effet de ne pas prendre un pied incroyable devant une telle débauche d’énergie positive, de pure joie de vivre incarnée dans quelques accords de guitare. Difficile de ne pas tomber dans les superlatifs en parlant d’un concert qui dégage quelque chose d’impossible à décrire précisément et qu’aucun DVD ne pourra faire revivre tout à fait. Quel moment retenir en particulier ? 'Thunderstruck', son intro, sa frappe de batterie, ses chœurs ? Ou plutôt son refrain où tout le monde reprend le «Yeah! It’s alright! We’re doing fine!», phrase qui décrit si bien le moment présent ? Le blues 'The Jack' qui voit Angus réaliser son traditionnel striptease ? La cloche de l’enfer qui descend lors de l’intro légendaire de 'Hell’s Bells' ? Le break de 'Shoot To Thrill' où le groupe et le public ne font plus qu’un avant cette reprise jouissive ?

L’enchainement de tubes fait perdre toute notion de la réalité et tout esprit critique. Comment résister à 'You Shook Me All Night Long' ou à ce 'TNT' sur lequel même Angus vient faire des chœurs ? Existe-il sur terre un meilleur riff que celui de 'Whole Lotta Rosie' ou une meilleure représentation de ce qu’est le rock n’ roll que le bien nommé 'Let There Be Rock' ? Bien sur tous les gimmicks sont là, la poupée gonflable géante à l’effigie de cette grosse cochonne de Rosie et le solo d’Angus sur la plate forme qui s’élève au beau milieu de Bercy, avant que le lutin n’arpente le moindre centimètre carré de scène. Mais l’heure des rappels a déjà sonné. Angus sort du sol dans un nuage de fumée, des cornes de diable sur le front, et voici un 'Highway To Hell' repris par chaque gorge encore capable d’émettre un son, cela va sans dire. Les canons apparaissent au dessus de la batterie, signe que la fin est proche. C’est en effet l’heure de 'For Those About To Rock', qui finit dans une orgie de rock n’ roll ponctuée par les tirs des canons, obéissant aux «Fire!» et ««Shoot!»» d’un Brian Johnson hilare. Ca y est c’est fini. Après presque deux heures de rock n’ roll le public est comme abasourdi, mais heureux. Les sourires sont toujours là et ils resteront longtemps gravés sur les visages.


Après coup il est possible de se dire que le groupe n’a pas pris beaucoup de risque dans le choix des vieux morceaux, qu’un 'It’s a Long Way to the top' ou un 'High Voltage' par exemple auraient été des surprises de choix. Chacun peut regretter l’absence de SON morceaux fétiche, 'Touch Too Much' ou 'Ride On' pour votre serviteur. On peut aussi se demander où sont passés les tubes récents 'Hard as a Rock' ou 'Stiff Upper Lip'. Mais toutes ces réflexions sont balayées par la prestation du groupe. Contrairement à d’autres monuments du rock comme les Stones par exemple qui peuvent se contenter d’aligner leurs classiques en les jouant comme ils peuvent, AC/DC a quelque chose en plus, une hargne de tous les instants, une volonté d’en donner le plus possible au public. Le show a beau être énorme en termes de moyens et de mise en scène, cela reste avant tout un vrai concert de rock n’ roll, fort, bruyant, qui sent la bière et la sueur. Le 27 février 2009 le plus grand groupe de Rock ‘N’ Roll de tous les temps a donné un grand concert à Bercy, ceux qui y étaient ne sont pas prêts de l’oublier. Merci les gars.


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