CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 30 juin 2009




SETLIST

Manowar
Hand Of Doom
Blood Of My Enemies
Brothers Of Metal, Part 1
Kings Of Metal
Call To Arms
Heart Of Steel
Sleipnir
Loki God of Fire
The Gods Made Heavy Metal
Warriors Of The World United
Kill With Power
Hail And Kill
The Crown And The Ring (Lament Of The Kings)

AFFILIÉ

21 juin 2009 - Hellfest


Manowar_Hellfest_20090621

Ca faisait douze ans. Douze ans que personne n'avait pu correctement mourir pour le métal en France. Comme bon nombre de ses compères les French Metal Warriorz, votre serviteur n'avait pas revu Manowar sur scène depuis la tournée Louder Than Hell. Donc ce qui arrive au Hellfest ce soir est plus qu'un évènement, c'est l'histoire de l'humanité qui reprend sa marche normale. Vous trouvez que j'exagère ? Demandez aux fans, eux sont d'accord.

Et ô joie, le concert démarre pile à l'heure. Comme ça faisait quarante bonnes minutes qu'on patientait devant la scène pour être sûr d'être dans les premiers rangs, ça fait plaisir. Le tout commence par une annonce drôlatique : sur un fond de sirènes d'alarme, la voix de Joey nous prévient « ceci n'est pas un exercice ! whimps et posers, vous avez deux minutes trente pour quitter les lieux ! ceci n'est pas un exercice ! »... puis le groupe arrive pour jouer le titre qui porte son nom, comme à chaque date depuis 1865. Les amplis guitare et basse font la taille de la scène... mais première surpsie, le son n'est pas exagérément fort ! Avec des bouchons c'est juste bien, et comme on pouvait s'y attendre le mix est parfait. Logan et DeMaio sont vissés à leurs places, le jeu de scène réduit au minimum, et le dernier nommé donne même au début l'impression de se faire un peu chier. Par contre Adams rayonne littéralement de joie et ça fait très plaisir : le chanteur transpire le bonheur d'être là, et gardera la banane jusqu'à la fin du set.

Et le set en question, il fait vraiment mal au début. L'enchaînement "Blood of My Enemies" / "Brothers of Metal Pt 1" / "Kings of Metal" est un sacré moyen de poser l'ambiance. L'audience saisit d'ailleurs au vol l'occasion de beugler les refrains divers et de répliquer le fameux « MANOWAR KILLS !! » quand Adams demande « other bands play... ? ». Ledit Adams chante comme à son habitude aujourd'hui : même les titres pré-Louder Than Hell sont arrangés à la sauce bourrin, et le chanteur lâche ses désormais célèbres « groumpf ! » entre chaque mot ou presque. Qu'à celà ne tienne : si sur le Gods Of War Live ça faisait un peu la peine, ce soir l'ambiance de folie fait qu'on n'y prête que peu d'attention. Les vieux fans ont leur dose de titres plus obscurs ("Call to Arms"), et surtout le groupe a la bonne idée de ne jouer que les titres les plus directs de l'infâme Gods Of War. Point de "Glory Majesty Unity" ou autre "Hymn of the Immortal Warrior" mais un bon vieux "Loki", pas fabuleux mais toujours efficace. Ouf !

Il y a des bonnes habitudes qui ne se perdent pas : ce soir comme les soirs précédents, Manowar fait monter un fan sur scène pour jouer "The Gods Made Heavy Metal" avec eux. A la clé si le fan assure : en plus de son moment de gloire, il pourra repartir avec la guitare en question et baiser des groupies joyeusement avec le groupe dans un esprit de fraternité du métal. Le mec assure effectivement, il connaît le morceau, on se rend compte quand il digresse que sa guitare est réglée au volume minimum dès que la chanson commence (ha ha !)... mais le vrai moment de vérité, c'est lors du speech que Joey lui fait juste avant. Car au détour d'une remarque sur son t-shirt (pas un Manowar, donc on lui en donne un), le bassiste fait preuve d'un second degré et d'un humour pince-sans-rire carrément surprenants. Le doute s'installe : prend-il réellement son trip au sérieux, ou tout ça n'est-il pour lui qu'une vaste blague ? La suite ne permet pas réellement de le dire, même si elle sera fort culte.

Car si le concert a duré près de deux heures avec une setlist faite pour couvrir une heure et demie grand max, ce n'est pas seulement à cause des fins de chansons rallongées. C'est surtout parce qu'une fois son solo de basse bouclé (solo bien moins pénible et long qu'à l'habitude, youpi), Joey se fendra d'un véritable sketch ! On y apprendra que le t-shirt Manowar est l'uniforme qui dit « fuck you » au monde entier, qui affirme avec force que le heavy-metal est une bonne chose car il rassemble des gens venus de tous les horizons. L'aiguille du démagogi-mètre crève le plafond quand il fait hurler « fuck you ! » au public encore et encore, mais c'est ça qui est bon. Autre moment d'anthologie : après avoir encensé les promoteurs du festival qui ont eu les couilles de faire revenir Manowar en France, Joey fait venir sur scène Ben Barbaud et Olivier Garnier... pour leur offrir des « balls of steel » ! On notera que l'homme de l'ombre Roger Weissier n'est pas mentionné (comme d'habitude), mais le moment vaut quand même son pesant de cahouettes.

Après ce long intermède (où on ne se sera même pas ennuyé, c'est ça le pire) il est temps de revenir aux choses sérieuses, à savoir l'enchaînement du chaos de la mort "Kill With Power" / "Hail and Kill" !! Tout le monde en prend plein la face dans la joie, les gens font le Signe à qui mieux mieux... puis Joey annonce de manière très solennelle que vu qu'on a été sages, on va avoir droit à "The Crown and the Ring" en guise de final. Kwâ ?!? Non seulement ce titre est chiant (oui, bon, lyrique, grandiose, tout ça... mais chiant), mais on se dit quand même qu'un petit "Sign of the Hammer" et un "The Power" des familles n'auraient pas dépareillé dans la setlist vu le temps dont le groupe disposait. Mais bon, ça ne sera à rien de se plaindre : le titre joué dégage quand même une dose convenable d'émotion et le feu d'artifice tiré pour accompagner la fin du set achève d'emporter l'adhésion des sceptiques. Manowar est venu, Manowar en a mis plein la face du Hellfest, Manowar est reparti. Y'a plus qu'à prendre la C3 pour rentrer à Paris, après tout on embauche dans moins de cinq heures et y'a quatre heures de route.


Un concert de Manowar se doit d'être puissant et culte, et le groupe a rempli le contrat. Les guerriers du monde uni se sont rassemblés dans la puissance de l'acier, et malgré une proportion speech / musique assez originale ce set aura tenu la grande majorité de ses promesses. De toutes façons les autres groupes étant faibles et leurs fans étant des tapettes, l'affaire est vite réglée. Non ?


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