CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 01 juillet 2009




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

Europe
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2013)

21 juin 2009 - Hellfest


Europe_Hellfest_20090621

Petite anecdote vécue au début du set d'Europe : une Rennaise un peu éméchée m'accoste en me disant «Ouais, Europe, c'est génial, je suis venue juste pour eux !» Mais lorsque mon compère Fishbowlman avance l'hypothèse que les Suédois ne jouent pas leur mégahit de l'espace "The Final Countdown", celle-ci réplique par la phrase qui caractérise le plus l'œuvre d'Europe : «N'importe quoi, de toute façon t'en connais d'autres toi ?» Ben oui, mon acolyte aura beau lui présenter un exposé sur l'œuvre complète d'Europe, peine perdue : c'est un fait, pour 99% des metalleux, Europe = "The Final Countdown" et puis c'est tout. Cruel non ?

Il y en a un en revanche qui attendait ce concert avec impatience, c'est mon autre compère Sebrouxx (et oui, chez Les Eternels, on n'est pas aussi nombreux que les franc-maçons mais ça ne va pas tarder). Lui qui fait partie des 1% restants, il m'avait affirmé : «j'ai hâte de voir Europe, pour que les gens s'aperçoivent que John Norum est un sacré guitariste.» Et sur ce point, il ne m'avait pas menti le bougre. En tant qu'unique guitariste, Norum abat un énorme boulot en rythmique, mais parvient également à glisser bon nombre de solos très courts, un peu à la Matthias Jabs de Scorpions, en retombant toujours sur ses pattes. Sans compter les solos « classiques », souvent percutants et exécutés avec une fluidité et une facilité impressionnante. Par contre, niveau spectacle, il ne faut pas trop compter sur lui, pas plus que sur le bassiste John Leven d'ailleurs. Heureusement qu'il y a toujours Joey Tempest pour faire le show, notamment en jouant avec son pied de micro à la Steven Tyler !

Depuis sa reformation en 2003, concrétisée par la sortie de Start From The Dark en 2004, Europe a quelque peu changé de style par rapport à leur œuvre des années 80. Cela n'est pas sans poser quelques problèmes au niveau de la cohérence d'un show qui ne s'étale que sur une heure. Car d'une part, vous avez des morceaux assez modernes, plutôt portés sur le heavy, avec des claviers en retrait ; de l'autre, des morceaux sortis tout droit des années 80, plus hard rock dans l'âme, avec mélodies enjouées et claviers en folie. Vous me direz, il faut bien une raison à la présence de Mic Michaeli ! Mais il faut bien avouer que la transition d'une catégorie à l'autre est parfois un peu bizarre. Je vais être clair, ma préférence va très nettement aux morceaux post-reformation ; maintenant, il faut bien avouer que les titres les plus efficaces appartiennent incontestablement à aux premières productions. Rien de tel qu'un "Cherokee", ou mieux encore, un "Rock The Night" pour remuer le popotin !

Plus le show avance, plus un constat s'impose : ce concert est une réussite totale ! Devant la scène, les die hard fans au taquet forment un bel attroupement ; plus loin, bon nombre de festivaliers venus là un peu par hasard semblent conquis par le hard/heavy passe-partout et très agréable des Suédois. Mais tout ça c'était avant. Avant le dernier morceau, qui a vu le Hellfest s'embraser comme un stade de foot un soir de finale de Coupe du Monde, juste à l'écoute de quelques notes de claviers. Et oui, c'est l'heure de "The Final Countdown", et c'est une immense vague qui réunit la totalité des festivaliers présents, quelque soit leur âge, quelque soit leur sexe, quelque soit leur style de metal préféré. On se demande bien ce qui peut passer par la tête des membres du groupe, qui malgré des efforts méritoires et un paquet de bons titres, voient l'ambiance s'élever de plusieurs crans, comme chaque soir, toujours avec la même satanée chanson. Peut-être bien la joie de l'avoir composée, allez savoir…


Pour pas mal de festivaliers, avant ce set, Europe c'était le groupe de caniche qui chantait "The Final Countdown". On espère qu'après, beaucoup auront changé d'avis et considèreront enfin le groupe à sa juste valeur, c'est-à-dire un excellent groupe de hard/heavy blindé de très bons titres, menés par un frontman charismatique épaulé par un véritable guitar hero. Vu la qualité de ce set, gageons que l'opération réhabilitation est en marche !


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