CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
le 24 juin 2010




SETLIST

AC/DC

Rock N' Roll Train
Hell Ain't a Bad Place to Be
Back in Black
Big Jack
Dirty Deeds Done Dirt Cheap
Shot Down in Flames
Thunderstruck
Black Ice
The Jack
Hells Bells
Shoot to Thrill
War Machine
High Voltage
You Shook Me All Night Long
T.N.T.
Whole Lotta Rosie
Let There Be Rock

Rappel:
Highway to Hell
For Those About to Rock (We Salute You)


SLASH

Ghost
Back From Cali
Nightrain (GNR)
Rocket Queen (GNR)
Civil War (GNR)
Starlight
By The Sword
Sweet Child 'O Mine (GNR)
Slither (Velvet Revolver)
Paradise City (GNR)

AFFILIÉ

AC/DC
Paris - Stade de France
(23 mai 2015)
Paris - Bercy
(27 février 2009)
Marseille - Stade Vélodrome
(09 juin 2009)
Paris - Stade de France
(12 juin 2009)

15 juin 2010 - Nice - Stade Charles Ehrmann


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Et c’est reparti pour un tour! Après les quatre dates françaises de 2009 (deux Bercy, un Stade Vélodrome et un Stade de France), voici les boys australiens les plus célèbres du monde de retour dans l’hexagone en 2010. La suite du Black Ice Tour repasse donc au Stade de France ainsi que, nouveauté, dans cette belle ville de Nice si chère à votre serviteur.

Les hostilités ont lieu en extérieur dans le Stade Charles Ehrmann adossé à la salle du Nikaia, dans la pleine du Var. C’est là qu’ont lieu régulièrement les grands concerts estivaux Niçois: Pink Floyd, Genesis, Dire Straits, Michael Jackson ou plus récemment les Rolling Stones ou les voisins Ézasques de U2 y ont joué. Tout s’annonçait donc pour le mieux, sauf qu’une invitée surprise totalement inattendue a décidé de s’inviter à la fête : la pluie. C’est en effet un petit déluge qui s’abat sur Nice en ce début d’été pourri, mettant le doute jusqu’au dernier moment sur le maintien ou l’annulation du concert. Et encore ce n’est rien par rapport à ce que nos voisins Varois auront subi cette nuit là… une grosse pensée pour eux au passage, certains présents au concert auront eu la pire des surprises en rentrant chez eux. C’est donc sous des trombes d’eau qu’une armée d’amateurs de rock couverts de ponchos ridicules pour les plus prévoyants, de sacs-poubelle pour les plus débrouillards ou en simple t-shirt pour les plus inconscients (et les plus malades le lendemain) pénètre dans l’enceinte du stade. La configuration des lieux fait que la scène ne se trouve pas au fond du stade dans un virage, mais sur le côté. Moins de profondeur mais plus de visibilité pour ceux situés dans les gradins. Une longue et haute avancée sépare la foule présente dans la fosse, foule qui fera un triomphe au balayeur chargé d’en évacuer l’eau !

Sur les coups de 18h30 (les horaires seront parfaitement respectés malgré les conditions difficiles), la pluie cesse miraculeusement alors que Killing Machine monte sur scène. Grand mystère que ce groupe totalement inconnu au bataillon et au line up assez prestigieux : Jari Kainulainen (ex Stratovarius et Evergrey) à la basse et Jon Dette (ex Testament et Slayer, certes uniquement sur une tournée) à la batterie ; qui a sorti deux albums passés totalement inaperçus et qui se retrouve du jour au lendemain en première partie de la tournée française d’AC/DC… Le music business a ses raisons que l’amateur de musique ignore. Car Killing Machine… ben c’est tout pourri: une espèce d’ersatz de Judas Priest ou de ce que fait Rob Halford en solo. Le chanteur, un certain Csaba Zvekan, aura le mérite d’attirer l’attention de tout le stade qui le fixe d’un air moqueur dès ses premières lignes de chant, ses screamings caricaturaux étant une pale copie de ce que fait le divin chauve. Quant au guitariste Peter Scheithauer (ex Belladonna, le groupe du nouveau-ex-nouveau chanteur d’Anthrax, pas l’actrice de films pour adultes), si ses riffs lourdauds ne passent pas si mal, ses solos seront tous simplement risibles, tentatives désespérantes d’en mettre plein la vue en accumulant les figures de styles aussi clichés que ratées. A noter une reprise du "Slow Down" d’Halford… ah non le refrain est celui de "Nailed to the Gun" de Fight et… ah et bien il semble finalement que ce soit une compo «originale». Ridicule, une des pires premières parties imaginables et qui aura donné une image caricaturale et grotesque du heavy metal.

Heureusement tout est immédiatement oublié lorsque Slash prend possession de la scène avec d’entrée de jeu deux titres extrais de son album solo. Tout est là : le son est excellent, le groupe est pro et charismatique, et Slash… quelle émotion de le voir enfin en chair et en os (et sous les yeux de sa petite famille qui passera le concert sur le côté de la scène)! Le fan absolu de Guns N’ Roses qui écrit ses lignes entrera littéralement en transe lorsque le groupe entame un excellent "Nightrain" directement enchainé au sublime "Rocket Queen" ! Slash s’empare alors du micro pour annoncer un autre titre de son ancien groupe, l’inattendu "Civil War"… putain de frissons, notamment lorsque Myles Kennedy laisse la foule hurler le fameux «Peace could last forever!». Tiens parlons-en de ce chanteur, absolument parfait vocalement y compris sur les titres des Guns sur lesquels il n’a rien à envier à Axl Rose (malgré une voix un poil plus nasillarde que celle du rouquin). Le reste du groupe monté pour la tournée assure, surtout le bassiste Todd Kerns qui s’impose comme une véritable bête de scène. Quant au maitre des lieux, que dire ? Voir cette silhouette au haut de forme enchainer les solos au bout de l’avancée malgré la pluie qui recommence à tomber, la Les Paul collée au corps, manche dirigé vers le ciel menaçant, restera gravé dans tous les esprits. Et Slash joue bien. Même si tout n’est pas parfait, l’homme n’ayant jamais été un technicien mais plutôt un guitariste bourré de feeling (ou bourré tout court selon les époques), il enchaine les prouesses sans faiblir, notamment le mythique solo de "Sweet Child O’ Mine" repris en chœur par la foule. Un petit extrait de Velvet Revolver avant un "Paradise City" au final apocalyptique, Slash balançant le long solo final à genoux au bout de l’avancée, sous la pluie qui se fait de plus en plus insistante. Wahou quel concert ! On se demande bien quel intérêt Slash aurait-il à retourner dans le marasme de Velvet Revolver maintenant qu’il a monté un putain de groupe de rock à son nom ! Rock N’ Fucking Roll !!!

Mais le meilleur reste à venir. Lorsque les lumières s’éteignent à nouveau et que le petit film introductif passe sur les écrans, le temps suspend son vol. Le fameux Rock N’ Roll Train traverse l’écran dans un vacarme assourdissant et un nuage de fumée… ca y est, ils sont là. Mais où est Angus Young ? Le lutin n’a pas perdu de temps et est allé tout de suite se positionner au bout de l’avancé, sous la pluie battante, dès son arrivée sur scène. Il en sera ainsi tout au long du concert, le guitariste et son chanteur feront un énorme doigt d’honneur à la pluie, défiant les éléments sans presque jamais s’abriter au fond de la scène. Et c’est parti pour deux heures de pur rock n’ roll et de grand spectacle. Les classiques succèdent aux classiques, les lumières, le son, les musiciens, le public en transe… tout est parfait. Et la pluie ? Quelle pluie ? Cet élément extérieur qui aurait pu s’avérer fâcheux, loin de gâcher l’ambiance ne fera que rajouter un peu de surréalisme à cette soirée déjà inoubliable. Peut être transcendé par les événements et ce public trempé mais à bloc, AC/DC va livrer une prestation particulièrement survoltée et passionnée. La set liste sera la même que l’année précédente, à une seule exception près.

Ce soir les moments à retenir sont à chercher du côté d’un "Thunderstruck" tellurique ou un "The Jack" particulièrement sauvage. Joué plus rapidement que d’habitude, ce blues sera l’occasion pour un grand nombre de jeunes filles perchées sur des épaules masculines d’enlever le haut, montrant leur soutient gorge ou plus si affinités lorsqu’elles passent sur l’écran géant. Petite frayeur lorsqu’une mamie à lunettes très rock n’ roll et agrippée à la barrière du premier rang se retrouve au milieu de cette séquence… heureusement elle aura la décence de ne pas imiter les autres ! La cloche de "Hells Bells" fera aussi son effet, prouvant que les gimmicks du groupe, même si on les connait par cœur, sont tout simplement magiques. "High Voltage" sera la surprise du chef, remplaçant plus qu’efficacement un "Dog Eat Dog" ou un "Anything Goes" joués en 2009. Bon Scott a dû apprécier. Comme souvent le final sur "Let There Be Rock" est grandiose, Angus Young se roulant par terre sur sa plateforme qui s’élève au dessus de la foule sous un véritable déluge… image inoubliable. Les rappels sont attendus et ne déçoivent pas : le refrain de "Highway To Hell" est presque couvert par le public, et les canons de "For Those About to Rock" apportent un terme définitif à cette journée complètement folle, avant un joli feu d’artifice.


Alors que ce concert semblait mal parti à cause d’une météo capricieuse, il aura au contraire été particulièrement jouissif. La présence de Slash en invité de luxe aura été le petit plus qui fait plaisir, mais c’est réellement AC/DC tout seul qui a triomphé de la pluie. La musique est décidemment quelque chose de magique et de plus fort que tout. Encore une fois, merci Messieurs, vous êtes le rock n’ roll.


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