CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 27 juin 2010




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

18 juin 2010 - Hellfest


Ulver_Hellfest_20100618

22h50, sous la Rock Hard Tent. Une petite masse de monde est déjà amassée, attendant le début du set des Norvégiens d'Ulver. Le soundcheck laisse à chacun le droit d'écouter chaque élément séparément, de la guitare de Daniel O'Sullivan aux vocalises si atypiques de Garm, avec en supplément le sample d'introduction de "Catalept", qui laisse croire que les choses commencent. Mais non, les lumières sont toujours allumées et l'ambiance n'est pas encore installée.

23h, les choses peuvent se passer à fond et force est de constater qu'il n'est pas facile de se plonger dans l'atmosphère du groupe tant le son choque : les basses sont beaucoup trop présentes, avec ou sans bouchons, écrasant le reste des fréquences et laissant distinguer avec peine l'orchestration de la formation, de la guitare à certaines parties de la batterie, mais surtout, le chant de Garm. Bizarrement, passé les deux premiers titres, les vibrations se joignent à l'audible, contribuant alors à la musique, ce qui permet de se laisser peu à peu imprégner. Une sorte d'effet «concert de drone» au final pas vraiment désagréable mais qui, tout du long, gâche le plaisir d'écoute. Et ce ne sont pas les interventions de tymbale de Garm qui arrangeront les choses, le ressenti physique prenant le dessus sur l'auditif.

Pourtant, Ulver a suffisamment d'atouts dans sa manche pour atténuer quelque peu cette gène, tout d'abord grâce à la présence vocale de Garm (lorsqu'il est audible) et ses lignes de chant théâtrales, sinon grandiloquentes. Si les lignes de guitare sont étouffées par la masse de basses, il arrive parfois que les rythmiques les laissent respirer, dévoilant leur beauté, de même que les parties de piano sur "Hallways Of Allways", ou encore sur le final du set, minimalistes et répétitives au possible mais entêtantes à souhait. Les samples suffisamment aigues pour se dégager des vibrations lourdes permettent de se repérer tout au long des morceaux, tandis que le jeu du (visiblement assez jeune) batteur donne une pulse tantôt groovy, tantôt barrée, qui offre une ligne directrice à l'écoute.

Il faut dire aussi que, son approximatif ou non, impossible de ne pas se retrouver imprégné par un "For The Love Of God" envoûtant ou un "Operator" effrayant, dont l'impact est immédiat. Les passages purement ambiant, parfois libérés des basses, offrent de bons moments contemplatifs, tandis que les instants trip-hop font mouche dès l'arrivée des beats alors fracassants. Les ambiances s'alternent, alors qu'un vidéoprojecteur illustre la musique du groupe, oscillant entre animations plus ou moins psychédéliques, images d'archives et de courts métrages visiblement propres au groupe dérangeantes au possible (de l'accouchement en noir et blanc à une scène de suicide à base de lame de rasoir en passant par des plans carrément pornographiques) ou séquences purement contemplatives, arborant les couleurs orangées de Shadows Of The Sun, pour un mariage audiovisuel réussi.


Minuit passé, les dernières notes se meurent et le groupe remercie le public, visiblement plus que satisfait du set, malgré les problèmes de son pré-cités. Un résultat somme toute mitigée : un son décevant mais une présence scénique et une atmosphère générale prenante à souhait. Voilà en tout cas une preuve quasi-sûre que dans une salle plus propice à une telle musique, la déception de ce soir sera vite oubliée.



http://www.myspace.com/ulver1


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