CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 27 juin 2010




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

19 juin 2010 - Hellfest


Weedeater_Hellfest_20100619

Pour qui aime le lourd, le gras, le sale, le stoner ou le sludge, la Terrorizer Tent s'avére être un excellent lieu pour exprimer ces pulsions tendancieuses. Inutile de dire qu'avec un nom comme Weedeater, le trio d'américains visiblement allumé est là pour promulguer gros son, le tout dans une ambiance de crasse, poussière et cannabis récréatif.

Après des balances proches d'un concert de drone, le groupe démarre avec un premier morceau qui s'avère longuet et pas vraiment convaincant durant les premiers instants. Dès l'arrivée d'un bon groove stoner, la donne change totalement. C'est lourd, ça suinte le désert poussiéreux et les cigarettes qui font du lol. Associée à la dégaine des membres du groupe, entre le bassiste/chanteur redneck teigneux et le batteur à mi-chemin entre pilier de bar et bûcheron, dont le kit paraît presque petit comparé à la masse du musicien, la musique prend une dimension visuelle décalée en parfaite adéquation avec l'esprit du groupe. Groupe qui aime aussi la bière, si l'on considère les nombreux vidages de bouteille que l'on peut observer.

«Are you drunk ?» demande "Dixie" Dave Collins entre deux titres. Les réactions sont unanimes, un peu comme si un concert de Weedeater faisait office de sorte de réunion des alcooliques et toxicomanes anonymes où chacun pourrait s'adonner à ses vices préférés parmi de parfaits inconnus. Le tout en ayant l'impression de traverser parfois une zone de ralentissement du temps, lorsque les morceaux lents sont joués. Il devient alors très difficile de rester accroché lorsque l'on ne connaît pas à l'avance la musique du groupe. Au contraire, les morceaux énervés sont accrocheurs, ce qui donne au final une impression globale de concert en dent de scie : «un morceau lent, un morceau groovy énervé, un morceau lent, un morceau stoner énervé, un morceau lent...».

Parmi les points positifs de la Terrorizer Tent, on peut noter le fait qu'elle offre des conditions idéales pour les groupes du genre, tant il se dégage une ambiance de salle, aux lumières toujours au top et jamais dispensables. On se croirait parfois plus dans un club miteux dans un patelin paumé au beau milieu du désert du Nevada qu'à Clisson, dans le pays de la Loire, France. Et le groupe de jouer son dernier morceau, un pavé pachydermique qui sent la drogue, dans une atmosphère déjà enfumée au possible, dont le final clôt le set dans une certaine apothéose. Un morceau présenté de la manière suivante par le leader du groupe, visiblement ailleurs : «A song about weed and monkeys». À moins qu'il ne s'agissait d'un résumé de ce concert.


Un plutôt bon moment que ce set de Weedeater, qui pêche par des titres lents vraiment peu passionnants et trop ancrés dans la philosophie «C'est le style qui veut ça». Cependant, le son de qualité et l'impression d'avoir affaire avec de parfaits extraterrestres aide à apprécier le tout.

Crédit photo: www.metalsucks.net


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