CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
le 03 juillet 2010




SETLIST

Bonded By Blood
Exodus
And Then There Were None
A Lesson In Violence
Metal Command
Piranha
No Love
Deliver Us To Evil
Strike Of The Beast
The Toxic Waltz

AFFILIÉ

Exodus
Wacken (wacken)
(02 août 2008)
Thrashfest (Elysée Montmartre)
(13 décembre 2010)
Hellfest (Clisson)
(16 juin 2012)

19 juin 2010 - Hellfest


Exodus_Hellfest_20100619

Avec sa programmation 4 étoiles articulée autour de la présence du fameux Big Four, on aurait pu craindre que le Sonisphere de Zürich ne taille pas mal de croupières au Hellfest. Heureusement, il n'en fut rien, puisque le celui-ci afficha complet durant les trois jours, mais il fallait tout de même réagir et marquer le coup. Ce fut fait avec beaucoup d'intelligence en bookant Exodus, le cinquième membre officieux du carré d'as (du coup, ça fait un yam's, mais ça pète un peu moins comme expression), sans doute le plus en forme sur le plan artistique. Bien joué !

Néanmoins, on pourra quand même regretter qu'Exodus, apparemment sur proposition probablement sonnante et trébuchante de l'orga, ait cédé à la mode de jouer un album mythique dans son intégralité. Après Queensrÿche et sa tournée Operation Mindcrime, Dream Theater avec Images And Words, Slayer avec Reign In Blood (bon, celui-là ne bouffe pas trop de temps dans un concert) puis Seasons In The Abyss ou Megadeth avec Rust In Peace, c'est donc Exodus qui s'y colle avec Bonded By Blood. Alors OK, on aura vécu un set un peu particulier, mais je reste tout de même dubitatif sur cette pratique. D'une part, on se retrouve avec quelques morceaux un peu faiblards par rapport au reste, comme ici "No Love" et "Deliver Us To Evil", qui comme par hasard correspondront au petit creux du set. On ne va pas se plaindre de voir des morceaux moins connus sur la setlist, mais Exodus a largement mieux que ça dans son arsenal. D'autre part, que des groupes à bout de souffle tentant de jouer sur la fibre nostalgique, ça peut se comprendre, mais venant d'un groupe comme Exodus qui vient juste de sortir un album blindé de tueries, c'est un peu frustrant (matez un peu la setlist du Graspop ici). Tant pis, on croise les doigts pour que le groupe revienne en France en tête d'affiche, ou au moins qu'il case quelques nouveaux titres à l'occasion d'un Thrashfest en fin d'année qui s'annonce déjà explosif (avec Kreator et Death Angel, rien que ça).

L'arrivée de Dukes a incontestablement permis à Exodus de redevenir l'illustre machine de guerre d'antan, et les Californiens vont nous en faire une éclatante démonstration. Ah ce Dukes, quel frontman ! Niveau chant, ce n'est pas vraiment ça, mais peu importe, pas besoin d'être une pointure pour chanter les morceaux de Bonded By Blood : après tout Paul Baloff était loin d'être une référence lui aussi. Mais alors, pour rendre le public complètement frappadingue, il se pose là ! Dukes commence son concert la bave aux lèvres, exigeant sur le champ un circle pit modèle géant: à vos ordres m'sieu ! Vous vous demandez à quoi servent les drapeaux en festival ? Réponse : à mesurer la taille des pits (ça marche aussi avec les têtes de poney en peluche, pour ceux qui étaient sur place) ! Et après deux journées assez calme dans ce domaine (j'imagine que ça a dû brasser vendredi avec Biohazard et Sick Of It All, mais je n'étais pas là), le record est pulvérisé ! Confirmation sur l'écran géant, pas de place pour les fillettes dans la fosse, et encore moins pendant le wall of death érigé au rang de nouvelle tradition chez Exodus ! Mais Dukes n'est pas tout seul : derrière, les autres ne filent pas non plus leur part au chien. Le groupe sonne tellement puissant qu'on peut aisément passer sur les petits désagréments, comme ce son de guitare un peu trop fort et surtout brouillon, qui ne rend pas honneur au talent de la paire Holt / Altus.

Difficile de décrire les morceaux sans faire une chronique de Bonded By Blood, forcément… où plutôt de Let There Be Blood, le récent réenregistrement avec le line-up actuel. Les morceaux sont donc joués avec la nouvelle approche de la batterie par Tom Hunting, davantage axée sur les pieds, avec pas mal de roulements à la double pédale. Bon, en tant que vieux con patenté, votre serviteur regrette le bon vieux rythme thrash de base, mais cette approche reliftée a le mérite d'apporter un peu de modernité qui plaira à la jeune génération. Sans grande surprise, les morceaux les plus explosifs sont ceux qu'Exodus a l'habitude de glisser dans ses setlists lambda : "Bonded By Blood", "A Lesson In Violence" et "Strike Of The Beast", qui se glisse généralement dans les rappels et qui aura une nouvelle fois été une vraie boucherie avec un Dukes surexcité. "Piranha" et "Metal Command", qui ressortent des cartons de temps en temps, s'en tirent pas mal non plus, de même que "Exodus". Ce titre de thrash basique ne vaut peut-être pas "A Lesson In Violence" ou "Piranha", mais il dépote tout de même pas mal en live. La seule curiosité du set aura donc été le choix du morceau chargé de clôturer les festivités, mais finalement, quoi de plus logique que "The Toxic Waltz" ? Ce morceau traite de l'ambiance de folie furieuse dans la fosse pendant les concerts du groupe, et le public clissonais n'aura pas dérogé à la règle !


Comme d'habitude, Exodus est venu, a vu et a vaincu. Si sur le plan musical, le groupe n'aura que moyennement convaincu les néophytes en raison d'un son un peu approximatif, niveau ambiance, c'était un véritable carnage ! Exodus n'a clairement pas volé sa place avantageuse sur l'affiche de ce dimanche, et se sera érigé en challenger plus que dangereux pour Slayer. A n'en pas douter, voici un des grands gagnants de ce Hellfest 2010. Vivement un concert hors festival !



Crédit photo: Sebrouxx
Cliquez ici pour visionner notre galerie photos HELLFEST 2010.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5