CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 05 août 2010




SETLIST

Intro
Elove
Hangover
Golden Jail
Tiwwa
Rebellion
With You
Try
Genocide
I Don't Care
Valentine
Addicted
Mind
Screened God
Wanna Forget
Zombie (Cranberries)
I Wanna Be
Drunk
Stare at Me
Davidian (Machine Head)

Rappels

My Girl
Mr. Jack
Dance for Me

AFFILIÉ

The OutBurst
Paris - Nouveau Casino
(16 décembre 2007)

01 juin 2010 - Paris - Scène Bastille


The_OutBurst_Paris_-_Scene_Bastille_20100601

The OutBurst n'est plus. Un des meilleurs groupes de scène français a tiré sa révérence, et il faut bien s'y faire. Mais avant de disparaître totalement, ils ont eu la bonne idée d'organiser un concert d'adieu histoire de laisser le meilleur souvenir possible. Ce fut un moment mémorable, et ce pour plus d'une raison.

Avant d'attaquer le vif du sujet, le groupe a eu l'idée saugrenue d'inviter en première partie Sylvain Cloux, un guitariste spécialisé dans... la reprise de thèmes de séries télé ! Seul sur scène, jouant par-dessus une bande pré-enregistrée, le bougre se révèle plutôt doué techniquement et le choix de la setlist est un bonheur total pour les gens de ma génération. MacGyver, Magnum, Supercopter, K2000, tout y passe ! Les thèmes rendent bien une fois remâchés à la sauce hard-rock / shred, le bonhomme a de l'humour et tient sa scène, donc tout le monde se marre. La suite est encore plus particulière : se présentant sous le nom "Guest" (bien trouvé !), une foule de gens appartenant visiblement au staff d'OutBurst et de l'association Elianor montent sur scène pour interpréter une chanson d'adieu pour le groupe, sur la mélodie de "Le lion est mort ce soir". Pas vraiment émouvant mais plutôt fun, à l'image de l'hommage final que les intéressés ont écrit... sur leurs fesses. Rock 'n roll.

Mais bon, tout ça est bien joli, mais c'est The OutBurst qu'on est venu voir. Et quand le groupe entre en scène, on comprend tout de suite que ça va claquer : "Elove" lance les hostilités plutôt bien, mais c'est surtout "Hangover", l'opener du petit dernier Entertainment (chronique ici) qui met la machine en marche. Les OutBurst sont remontés comme des pendules : Sevh arpente la scène à la recherche de poses de guitar-hero, Sky a la classe dans l'espace et Sarah confirme si besoin était son statut de frontwoman d'exception. Énergique au possible, hyper fédératrice, toujours juste dans son chant et effrayante dans ses growls, voilà une femme sachant tenir une scène comme peu. Seul le bassiste Araneae reste un peu dans son coin et on ne peut pas s'empêcher de le plaindre un peu : il vient d'arriver dans le groupe et voilà que ce dernier splitte... pas de bol. Vu qu'en plus la majorité des invités lui prendront la basse, il donne l'impression d'être laissé pour compte.

Car en plus de la musique elle-même et de la performance du groupe, ce qui donne au concert sa saveur particulière ce sont les guests. Les OutBurst ont invité tous les ex-membres motivés à venir jouer une chanson avec eux, et le premier d'entre eux sera le batteur Jay. Annoncé par une mise en scène rigolote (le batteur Kmy est prié d'aller dégager sa bagnole car elle gêne), ce dernier rejoint le groupe pour un "Rebellion" qui retourne la face. Tout est parfait : le son, les leads endiablées de Sevh, la manière dont Sarah harangue le public... ce dernier est d'ailleurs très présent, non pas via un pogo ou du stage-diving mais grâce à un soutien vocal de tous les instants. Le groupe se saisit de cette énergie et la transforme en fougue, et l'enchaînement "Try" / "Genocide" prouve une fois encore que les titres d'Entertainment sont des bombes sur scène. L'énergie est résolument positive, et la pêche ne disparaît que pour laisser la place à la ballade intimiste Valentine sur laquelle Sevh et l'ex-bassiste Arkan jouent assis devant la batterie. Et ça rend.

Le troisième guest de la soirée est le prédécesseur d'Araneae : Zoé (Herrschaft, parfois The CNK) débarque à la basse sur "Wanna Forget" et fout littéralement le feu. Le public le connaît, son entente avec les autres membres du groupe crève les yeux et son attitude de pois sauteur rajoute encore à l'énergie initiale de la chanson. La reprise du "Zombie" des Cranberries passe bien sans être impérissable, et marquera moins les esprits que celle de "Davidian" de Machine Head où Jean-Sébastien Ogilvy (alias Heinrich Von B. de The CNK) vient prendre la basse. Tout n'est pas calé au quart de poil et l'ex-batteur Mister D. démontre une fois encore que Chris Kontos était indépassable dans son style... mais ça envoie dans la bonne humeur. Les rappels sont un festival : "My Girl" et surtout "Mister Jack" sont des tubes de malade mental, ce dernier permettant à la Scène Bastille de partager joyeusement ses microbes en buvant au goulot de la bouteille de Jack Daniel's que le groupe donne au public.


Ça n'aurait pu être qu'un très bon concert, mais il reste ces quelques moments où la réalité du groupe le rattrape : c'est leur dernier, et ils sont tristes. Fugacement, entre deux appels à la folie, Sarah et les autres laissent poindre leur émotion. Le temps se suspend, et la seconde d'après ça repart. C'est dans ce genre de moment qu'on se rappelle de ce qu'on perd : en plus d'être bons, The OutBurst était un groupe profondément humain. Et maintenant il faudra en parler au passé... monde de merde.


Crédit Photo : Cosmic Camel Pics
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