CHRONIQUE PAR ...

78
Mnemopanda
le 25 octobre 2010




SETLIST

Born
Marry of the blood
Wedicine
REDEEMER
DEATH POINT
Dope
LOVE IS DEAD
DAMNED
Infection
Human-Clad Monster
Devil's parade
Abyss
Lost in re:birth
TRICKSTER
HOLLOW
Garnet

Rappels :

Reddish
"Forbidden"
MIRROR

AFFILIÉ

03 octobre 2010 - Paris - Bataclan


D'espairsRay_Paris_-_Bataclan_20101003

D’EspairsRay en concert le 3 octobre au Bataclan, en clôture de leur tournée Européenne pour leur dernier album Monster, c’était quand même la cerise sur le gâteau pour les fans de tout poil qui pouvaient se rendre à la capitale pour la soirée. Quand on sait que le groupe se met à présent en « pause de durée indéterminée » pour soigner la voix de son chanteur, on se dit que quand même, cette date, on se devait de ne pas la louper ! Pourtant, au-delà du show que le groupe nippon nous a servi il y a eu quelques bémols que les fans les plus dédiés ont rapidement essuyé l’air de rien mais que les plus grognons - votre servante par exemple - auront quand même en travers de la gorge un bon moment. Attention ceci dit à ne pas verser dans l’excès… Ce concert était BON ! Et le groupe vaudra le coup, à l’occasion d’une éventuelle remise de couvert dans l’Hexagone, qu’on retourne voir ce que leur petite mise au vert aura fait mûrir. 

Dix-sept heures, station Oberkampf, cellulaire dans la main, je m’apprête à aider mon sens aigu de l’orientation d’un GPS qui ne se plante presque jamais pour retrouver la salle du Bataclan. Sauf que non, pas besoin, parce que de l’autre côté de la rue, je vois la file d’attente et je fais juste « wow… » en m’approchant, craintive, de cette file qui me semble bien longue… Je le savais, j’aurais dû venir beaucoup plus tôt !  Mais la première surprise c’est de constater qu’il y a moins d’excentricité que ce à quoi je m’attendais… OK, on a quelques lolitas, quelques gothiques… Et les filles n’ont pas l’exclusivité puisque certains de ces messieurs sont complètement dans le ton. On voit passer une jolie nénette aux yeux surmaquillés, coincée dans un amas de velours rouge et tout le monde se retourne sur elle, bien d’accord : trop de velours tue le velours ! Il y a cette autre fille, en costume rose qui fait drôlement penser à Pimprenelle de cette vielle émission pour enfants avec Nounours… Ce garçon tout en bleu que tout le monde aura pris pour une fille jusqu’à ce que la vérité éclate… Ces drôles de personnes attachées en laisse (?!) et ceux qui ont, on ose l’imaginer, essayé le look branché nippon. Mais dans l’ensemble, on a tenté de rester dans le sobre à ce que je vois. Enfin, sobre... les filles ont mis en avant des poitrines plus ou moins généreuses et certaines m’ont fait me rendre compte que ces bouts de tissu que je prenais pour des mouchoirs dans les vitrines, ben en fait ce sont des jupes. Si si… ! 

17h30. La file s’agrandit sur une centaine de mètres… Des groupes se forment histoire de tuer le temps tout en parlant du concert et d’autres groupes, du visu, boulot, famille… En fait, c’est clair, on s’emmerde mais bon, on prend notre mal en patience : 18h30, début du concert, on espère une seule demie heure de retard et ouverture des portes à 18h…  On en profite pour aller jeter un œil, chacun à notre tour, au bout de la rue, là où les premiers se sont posés. Et là on a déjà beaucoup plus excentriques… Normal, la plupart de ces filles (et une poignée de garçons, je vous assure) sont là depuis la veille au soir. Oui elles ont dormi sur place, au milieu de la rue et vu le temps, elles ont une bonne étoile pour ne pas être détrempées…  18h. Il nous faudra finalement attendre encore. Mais on se fait impatients, la foule se tasse et de fait, en quelques minutes, la file fait un bon tiers de sa longueur de base en moins ! Le staff de la sécu montre le bout de son nez à 18h30 et ça y est, on peut ENFIN espérer rentrer. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils rigolent pas et qu’ils sont efficaces ! Entre le moment où le premier vigile farfouille dans les sacs et pique tout ce qui ressemble à un bouchon de bouteille (On ne peut balancer des bouteilles pleines sur les musiciens que si on les a payées à l’intérieur !), la consigne et le moment où on se pose dans la salle, il y a montre en main, à peine plus de cinq minutes… Et pas la peine d’espérer attendre une copine qui fait vérifier son billet, on vous pousse sans remord dans la salle. Bim. 

J’étais prévenue : le Bataclan, c’est pas très grand.  Et c’est vrai qu’effectivement, la salle est plutôt petite. Mais en même temps, moi qui ne vais pas à beaucoup de concerts je profite, ça fait plus intimiste et comme ça, en arrivant seulement une heure et demie à l’avance, je me retrouve à une dizaine de mètres seulement de la scène. Assez pour éviter les pogos qui ne feront miraculeusement pas de morts un peu plus tard dans la soirée… La chaleur est étouffante, on suffoque déjà et tout le monde se sert d’éventails ou de flyers distribués pendant l’attente pour tenter de s’éventer un peu. Quelques garçons se mettent déjà torse nu, les filles enlèvent une épaisseur quand c’est possible et la buvette du fond est déjà prise d’assaut.  Résultat, il est 19h, tout le monde est là, occupé à la buvette, au mini stand de goodies ou occupé à jouer des coudes pour se trouver une place de choix. Un DJ est éclairé dans un coin en hauteur et on comprend que malgré l’annonce « pas de première partie », il y en aura bel et bien une. C’est qu’ils ont décidés de faire les choses bizarrement chez D’EspairsRay : un concert un dimanche, à 18h30, sans première partie prévue…  Bon, il a de la chance ce DJ, il ne tape pas trop à côté en nous resservant du Rammstein ("Du Hast") et du Marilyn Manson ("Antichrist Superstar"), puis quelques artistes et titres qui savent ravir les fans de J-music que nous sommes. Il me semble avoir reconnu Dir en Grey avec "Zan" (après vérification il s’agit du DPY mix), Sadie avec "Struggle Against Betrayal", Maximum the Hormone et "What's Up People" et un que je ne connaissais pas, pas fan du groupe : Malice Mizer avec "Beast of Blood". 

Conclusion à 19h30 nous sommes chauds et nous faisons sagement ce que le DJ nous a dit avant de se casser : on appelle le groupe et on fait du bruit!! A 20h on commence à en avoir marre de faire du bruit ceci dit, et on lorgne tous plus ou moins sur le mec du son qui vient de se mettre derrière sa commande. On attend THE signal qui laissera entendre que ça va ENFIN commencer et on prend même le temps d’espérer que ceux qui avaient un train au soir histoire d’aller bosser le lendemain ont de quoi débourser pour s’en payer un autre parce qu’à ce rythme, ils vont rater l’heure… Enfin à 20h30, les premières notes sont jouées. Et il va falloir que le groupe attaque fort parce qu’entre la chaleur et l’attente stérile, les moins courageux sont déjà fatigués. J’en fais partie, je suis allée m’asseoir dans un coin et j’attends…  Heureusement les p’tits gars assurent et c’est sur "Born" qu’ils entrent en scène. Les pogoteurs surexcités sont déjà sur la brèche, des centaines de bras se lèvent, ça hurle, ça se pousse déjà sévèrement dans le milieu de la fosse, mais heureusement le reste de la salle est plus calme. On peut déjà remarquer que le chanteur Hizumi est en forme et qu'il n’hésite pas un seul instant à pousser sa voix, c’est rassurant ! Karyu (guitare) n’attend même pas la fin de la chanson et le début d’une nouvelle pour s’exciter sur la scène, allant de long en large, faisant un vrai show à lui tout seul et à le voir, je lui souhaite vraiment d’avoir assez d’énergie pour suivre comme ça jusqu’au bout ! 

Hizumi se défoule pas mal aussi et à côté, Zero (basse) est la petite beauté nippone (j’ai le droit de commenter le physique, ils sont dans le visu alors ça compte !) qui bouge peu souvent mais bien, offrant des sourires sensas aux fans qui répondent à chacun d’eux par des cris hystériques. Il fera quelques allers et retours lui aussi, et je serais tentée de dire heureusement qu’il y a cet effet visuel de sa part car on n'entend pour ainsi dire pas sa basse. Certaines mauvaises langues signaleront plus tard que Zero, c’est pas un roi de la basse… Oui mais bon, merde quoi, on est dans un concert et même en me mettant juste devant lui, j’ai trouvé ça carrément faiblard ! Tsukasa est caché derrière sa batterie mais il se donne, on l’entend et avec Karyu à la guitare, ils feront vraiment le gros de l’ambiance musicale. Hizumi tient le ton avec son micro et même si sur les premières chansons on n’entend pas toujours tout ce qu’il chante, il s’avère que le tir est plutôt bien corrigé par la suite. "REDEEMER", un de mes titres coup de cœur du groupe est absolument fantastique et le seul reproche qu’on peut faire à leur show c’est qu’ils enchaînent chanson sur chanson à une vitesse proprement hallucinante. C’est bon les gars, keep cool, les trains des provinciaux sont déjà partis de toute façon ! On espérait, surtout pour une dernière date de tournée européenne, que le chanteur soit un peu plus communicatif. Okay, il fait pas mal participer la foule qui à le mérite de connaître les chansons par cœur, même les plus récentes (pour un album sorti fin juillet et globalement en japonais, s’pas si mal) mais il prend peu la parole en dehors de ça. 

Pourtant on l’aime bien son « are you radi Parisse » qui fait hurler toute la foule ! Et c’est pas moqueur, il a vraiment une voix superbe et cet accent exotique a toujours plu aux fans du genre ! Les chansons s’enchaînent donc, un bon nombre de types finissent torse nu et des filles en soutif, c’est un genre… J’ai personnellement deux ventilateurs privés de chaque côté et si au début c’est drôle et ça fait du bien (sauf quand ils viennent me rentrer dedans), à la moitié du concert déjà je tente une retraite stratégique parc que je ne suis pas une grande adepte de l’arrosage à la sueur.  Sur les 1500 places dispos il y aura eu environ 400 invendus ce qui permet de circuler et donc de passer de chaque côté. Ainsi on passe un moment près de Zero pour profiter de son joli minois puis du côté de Karyu – nettement moins accessible, on se demande pas pourquoi - pour profiter de l’énergie folle qu’il dégage.  Je filme un peu parce que mon appareil merdique ne sait pas prendre de photos, je chante avec les autres, je repasse derrière pour respirer et j’aide quelques personnes détrempé à s’extirper du centre de la fosse pour faire leur malaise ailleurs que sous les pieds des autres. Durant "HOLLOW" alors que je commençais à manquer de souffle à cause de l’enchaînement effréné et du manque de ballades (heureusement on avait eu "Abyss"), je récupère de la vigueur ! Sur MIRROR c'était déjà un titre qui m’avait tapé dans l’œil mais en concert les « la la la la la » prennent vraiment tout leur sens !

Pourtant c’est l’avant dernier titre de la set list qui s’achève sur "Garnet", parce que les vieux titres qui cartonnent ont la dent dure ! Après ce dernier titre repris en chœur par le public, le groupe se retire. On les appelle un peu, pas trop, complètement abasourdis une fois le son coupé et tellement morts surtout qu’il y a une ruée sur la buvette – sauf les premiers rangs, gentiment ravitaillés par la sécu - et les toilettes pour tenter de se rafraîchir. Dix ou quinze minutes passent encore avant que le groupe ne revienne pour le rappel... et c’est un rappel aussi expédié que le reste du concert. "Reddish", "« Forbidden »" et "MIRROR" passent tout seul.  Sitôt les dernières notes envoyées, le groupe commence à balancer dans le public les trucs habituels : on a d’abord Karyu et Zero qui heu… crachent leurs médiators (si si, vraiment, allez voir sur youtube pour les images) et visiblement c’est bon plan parce que les fans en redemandent. Hizumi serre quelques mains au passage, Karyu retire le t-shirt (il avait un truc en dessous, il feinte !) qu’il balance à la foule et là je me recule, parce que je me rends compte – seulement maintenant, je suis longue à la détente - que ces gens sont fous à se battre comme des zombis sur un bout de cerveau…  Enfin il y a Tsukasa, qu’on n’a pas assez vu (dommage) et qui ferme la marche en venant jeter quelques baguettes, le tout assez rapidement, avant de quitter les lieux en saluant la foule. 

En gros ? Même pas dix minutes de présence après la dernière note de musique et pas un mot décroché ! On se doute aussi qu’ils ne reviendront plus puisque le staff est déjà là à défaire le matériel, avant même que les premiers spectateurs n’aient passé les portes de la sortie… !  La foule se retire, lentement mais sûrement, quelques courageux restent, dans l’espoir d’une dédicace mais repartiront bredouille – ou ne s’en seront pas vanté ! - à ce niveau-là. C’aurait pourtant été de bon ton puisque cette date était leur dernière Européenne (et finalement mondiale ?) et qu’on ignore quand le groupe remontera sur scène pour jouer ou pour une simple apparition… Sans compter que c’était un peu la marque de fabrique de ces J-concerts que de permettre un contact plus ou moins privilégié entre le public et le groupe… Heureusement le concert était bon et bien qu’on soit tous sourd pour les heures à venir, tout le monde est satisfait mais repart quand même avec l’avis plus ou moins marqué du « bref mais intense ». Peut être trop bref, trop expédié. Mais si intense oui !  Des groupes se forment à l’extérieur du Bataclan pour finir la soirée – voir la nuit - les bouches de métros sont investies… Et demain, on aura tous des courbatures… 


Pour résumer : expérience incroyable, un groupe au sommet de sa forme, une énergie, un peps fou… Et des titres qui réussissent à garder la pression jusqu’à la fin. On regrette juste de ne pas avoir pu en profiter un peu plus, quitte à prendre encore un peu de retard… ! Bémol aussi pour la salle, qui devrait VRAIMENT, si pas la climatiser, au moins faire rentrer plus d’air… M’enfin j’imagine qu’avec ça ils font du beurre avec la buvette.  Merci les gars, c’était super sympa, remettez-vous bien et rendez vous au prochain album ! 



Crédit photo : www.myspace.com/despairsray


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