CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 27 octobre 2010




SETLIST

L’horizon
De la non-nécessité du courage
Il est des livres
10h17
Les métamorphoses
Le pharaon blanc
À blanc
Je suis venu
Altitude zéro
GPS

AFFILIÉ

06 octobre 2010 - Paris - Les Trois Baudets


Agora_Fidelio_Paris_-_Les_Trois_Baudets_20101006

Parmi les nombreuses salles de concert que peut compter Paris, les Trois Baudets n’est pas forcément du genre à venir en tête lorsque l’on parle d’un concert rock. Que plusieurs salles disposent de places assises en plus d’une fosse n’est pas une surprise. En revanche, lorsque l’on découvre que c’est dans un lieu à l’atmosphère de théâtre que va se dérouler un concert d’Agora Fidelio, on peut se demander quel sera le résultat.

La formation Kebous ouvre la soirée avec un rock français mâtiné de beats electro tenus par le batteur, qui délaisse alors ses fûts, de violon joué par la bassiste, qui délaisse du coup sa basse ou encore d’effets de guitare à foison réalisés par un guitariste... qui garde constamment son instrument, passant juste certains moments rivés sur son lot de pédales pour un résultat bruitiste/atmosphérique à souhait. Laurent Kebous alterne guitare sèche, électrique et basse, mais sans jamais abandonner son rôle de chanteur/frontman. Différentes ambiances se succèdent au cours de cette première partie, globalement toutes dans une mouvance calme lorsque soutenues par la batterie acoustique, plus endiablées lorsque les samples fusent. Le jeu avec le public est là, alors que le chanteur lui demande de taper des mains en rythme, avant de lui demander de cesser, étant donné qu’il ne « s’agit pas d’un concert de U2 ». La bonne humeur est donc maîtresse, menée par des musiciens dans une performance sans défaut notable et un son très bon.

Tandis que le changement de plateau se fait, on peut constater qu’Agora Fidelio a définitivement abandonné le synthé Triton auparavant tenu par Milka, au profit d’un sampleur et d’un... mélodica. L’installation terminée, les lumières s’affaissent et le groupe d’entamer "L’horizon", tiré de Barcelone. Première constatation : à l’instar de la première partie, le son est plus que bon : les arpèges de Jouch se complètent parfaitement avec la basse de Pelo tandis que chaque élément de la batterie de Pim est correctement mixé et que le chant de Milka est parfaitement audible dans ses différents registres, chanté, parlé et parfois hurlé. Seul laissé pour compte, le fameux mélodica, parfois trop en retrait (mais un tel instrument peut-il vraiment avoir un rendu parfait sur scène ?), mais suffisamment présent pour pouvoir jouer son rôle de ligne mélodique. Les lumières collent aux ambiances instaurées par la musique et on se rend alors compte que la salle est un cadre parfaitement adapté à un tel type de concert. On est immobile, on se tait, on goûte, on est bercé pour être parfois mieux ramené à la réalité lorsque la saturation explose.

Si plus de la moitié des titres joués sont issus de Barcelone (l’album étant joué au complet), les anciens morceaux ne sont pas délaissés, qu’ils proviennent du Troisième Choix ("À blanc", "De la non-nécessité du courage"), d’Altitude Zéro (et son superbe éponyme) ou même d’Une histoire de chair tout premier effort du groupe avec "10h17". Une setlist qui permet de noter qu’au fil de ses évolutions, la musique des Toulousains conserve une personnalité qui lui est propre. Mais c’est bien la dernière cuvée qui est à l’honneur, comme le souligne Milka. Tant sur disque que sur scène, les compositions de Barcelone font mouche, tant par la succession de climats posés par les instruments que par le chant qui fait office de narrateur et de guide à travers les différents paysages brossés, quand ce n’est pas cet éternel mélodica ou les samples distillés avec retenue. De même que la musique emporte, les textes jouent leur rôle à merveille, parfois vaguement expliqués avant qu’un morceau ne soit entamé et rarement sans humour. Pas question de plomber l’atmosphère, le dialogue est présent et les musiciens visiblement heureux d’être présents.


Les lumières se rallument alors que les applaudissements cessent, on quitte son fauteuil, on regarde ceux qui en font de même. On quitte la salle en ressassant ce à quoi on a assisté, ce que l’on en retient, ce qui nous a marqué. En se demandant quand sera la prochaine fois, car bon Dieu, que ça fait du bien. Un peu comme au théâtre en somme.


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